Sécheresse
L’appel à la coresponsabilité de la FNSEA
Xavier Beulin veut mobiliser toutes les parties prenantes de
l’agriculture : les professionnels, les banques, l’administration et
les autorités communautaires pour venir en aides aux agriculteurs
sinistrés par la sécheresse. Et d’abord les éleveurs les plus exposés.
l’agriculture : les professionnels, les banques, l’administration et
les autorités communautaires pour venir en aides aux agriculteurs
sinistrés par la sécheresse. Et d’abord les éleveurs les plus exposés.
« J’appelle à la coresponsabilité de tous les acteurs qui sont impliqués » a déclaré Xavier Beulin, le 27 mai à Paris. Organisations professionnelles, MSA, banques, l’Etat, l’Europe sont appelé à se mobiliser pour venir en aides aux agriculteurs et notamment les éleveurs qui sont les plus durement frappés. Faute de fourrage, certains d’entre eux sont contraints de se séparer de leurs animaux, le coût des aliments de remplacement devient exorbitant et les sorties sur les marchés en vif sur sont d’ores et déjà multipliées par deux ou par trois selon le président de la FNSEA. Pour les producteurs de céréales à paille, Arvalis annonce d’ores et déjà des baisses de rendements de 20 à 25 %.
Bref la situation est extrêmement critique et la sécheresse serait plus grave que celle de 1976. En effet, au déficit pluviométrique s’ajoutent des températures très élevées. Ce qui rappelle à certains égards l’année 1949, tristement célèbre dans les annales. En outre, le sinistre frappe la totalité du territoire. Seuls quelques départements du sud sont épargnés.
Première action visée par la FNSEA pour venir en aide aux éleveurs, la solidarité professionnelle. Il est demandé aux céréaliers de ne pas broyer les pailles pour les laisser à la disposition des éleveurs. D’ores et déjà sous l’égide des FDSEA et des JA, plus d’une trentaine de départements ont engagé des démarches de contractualisation. Avec un prix conseillé correspondant à la valeur agronomique des pailles, compris entre 20 et 25 €/tonne.
Mais pas question de réglementer et d’interdire le broyage des pailles, comme l’a envisagé le ministre de l’Agriculture, estime le président de la FNSEA. « La démarche serait contreproductive ».
Contrats sur l’aliment du bétail
Au-delà des fourrages grossiers, Xavier Beulin propose de mettre à la disposition des éleveurs des aliments du bétail à des prix raisonnables, « en tout cas non spéculatifs ». Notamment les tourteaux, drêches et pulpes, issus de la production de biocarburants. Il y aurait six millions de tonnes de coproduits qui pourraient être ainsi mobilisés pourvu que les parties prenantes, coopératives, industriels, fabricants d’aliments du bétail s’en donnent la peine.
Pas question de demander des aides à l’Etat. « Je me refuse à entrer dans une logique de demande d’aides financières » a déclaré Xavier Beulin. Du moins pour l’instant. Mais les pouvoirs publics devraient faire preuve de compréhension sur le pâturage ou le fauchage des bandes enherbées et des jachères. Il leur est demandé également un assouplissement du cahier des charges des productions sous signe de qualité (AOC) et de l’agriculture biologique. Les agriculteurs concernés devraient pouvoir s’approvisionner en aliments du bétail au-delà du périmètre imposé. L’Etat devrait également veiller à verser immédiatement toutes les aides en attente depuis plusieurs comme celles relèvent des dispositifs environnementaux pour ne pas aggraver les difficultés de trésorerie. Et de ne pas en rajouter davantage en matière d’endettement, notamment pour les exploitations qui ont bénéficié du plan Sarkozy de 2009.
La SNCF sollicitée
A ce stade la FNSEA attend également des pouvoirs publics qu’ils jouent un rôle de facilitateur auprès des différentes instances. Auprès de la SNCF par exemple pour le transport des fourrages. Xavier Beulin a demandé un rendez-vous à son patron, Guillaume Pepy, pour examiner dans quelle mesure la compagnie nationale pourrait apporter son concours au transport des fourrages.
Auprès des banques également qui sont appelées à la rescousse, comme la MSA l’a déjà fait sur le report du deuxième versement des cotisations sociales. Après l’annonce d’un déblocage anticipé d’un acompte à la prime à la vache allaitante le 16 octobre, la FNSEA souhaiterait que les banques prennent le relais en accordant des avances de trésorerie aux éleveurs à taux zéro, en attendant le versement. A la fois pour leur permettre d’acheter des aliments pour leurs animaux et d’éviter la décapitalisation de leur cheptel.
Précisément sur ce chapitre là, Bruxelles a rôle à jouer pour éviter l’effondrement des marchés. Soit en déclenchant une opération exceptionnelle d’intervention publique, soit en accordant des restitutions pour dégager les marchés à l’exportation. Soit les deux. La question qui est posé également aux autorités communautaires est le relèvement de l’aide « de minimis » de 7.500 € sur trois ans. Son doublement avait été acquis, lors de la crise agricole de 2008/2009, Xavier Beulin demande que l’autorisation soit renouvelée.
Stocker l’eau
Bref la situation est extrêmement critique et la sécheresse serait plus grave que celle de 1976. En effet, au déficit pluviométrique s’ajoutent des températures très élevées. Ce qui rappelle à certains égards l’année 1949, tristement célèbre dans les annales. En outre, le sinistre frappe la totalité du territoire. Seuls quelques départements du sud sont épargnés.
Première action visée par la FNSEA pour venir en aide aux éleveurs, la solidarité professionnelle. Il est demandé aux céréaliers de ne pas broyer les pailles pour les laisser à la disposition des éleveurs. D’ores et déjà sous l’égide des FDSEA et des JA, plus d’une trentaine de départements ont engagé des démarches de contractualisation. Avec un prix conseillé correspondant à la valeur agronomique des pailles, compris entre 20 et 25 €/tonne.
Mais pas question de réglementer et d’interdire le broyage des pailles, comme l’a envisagé le ministre de l’Agriculture, estime le président de la FNSEA. « La démarche serait contreproductive ».
Contrats sur l’aliment du bétail
Au-delà des fourrages grossiers, Xavier Beulin propose de mettre à la disposition des éleveurs des aliments du bétail à des prix raisonnables, « en tout cas non spéculatifs ». Notamment les tourteaux, drêches et pulpes, issus de la production de biocarburants. Il y aurait six millions de tonnes de coproduits qui pourraient être ainsi mobilisés pourvu que les parties prenantes, coopératives, industriels, fabricants d’aliments du bétail s’en donnent la peine.
Pas question de demander des aides à l’Etat. « Je me refuse à entrer dans une logique de demande d’aides financières » a déclaré Xavier Beulin. Du moins pour l’instant. Mais les pouvoirs publics devraient faire preuve de compréhension sur le pâturage ou le fauchage des bandes enherbées et des jachères. Il leur est demandé également un assouplissement du cahier des charges des productions sous signe de qualité (AOC) et de l’agriculture biologique. Les agriculteurs concernés devraient pouvoir s’approvisionner en aliments du bétail au-delà du périmètre imposé. L’Etat devrait également veiller à verser immédiatement toutes les aides en attente depuis plusieurs comme celles relèvent des dispositifs environnementaux pour ne pas aggraver les difficultés de trésorerie. Et de ne pas en rajouter davantage en matière d’endettement, notamment pour les exploitations qui ont bénéficié du plan Sarkozy de 2009.
La SNCF sollicitée
A ce stade la FNSEA attend également des pouvoirs publics qu’ils jouent un rôle de facilitateur auprès des différentes instances. Auprès de la SNCF par exemple pour le transport des fourrages. Xavier Beulin a demandé un rendez-vous à son patron, Guillaume Pepy, pour examiner dans quelle mesure la compagnie nationale pourrait apporter son concours au transport des fourrages.
Auprès des banques également qui sont appelées à la rescousse, comme la MSA l’a déjà fait sur le report du deuxième versement des cotisations sociales. Après l’annonce d’un déblocage anticipé d’un acompte à la prime à la vache allaitante le 16 octobre, la FNSEA souhaiterait que les banques prennent le relais en accordant des avances de trésorerie aux éleveurs à taux zéro, en attendant le versement. A la fois pour leur permettre d’acheter des aliments pour leurs animaux et d’éviter la décapitalisation de leur cheptel.
Précisément sur ce chapitre là, Bruxelles a rôle à jouer pour éviter l’effondrement des marchés. Soit en déclenchant une opération exceptionnelle d’intervention publique, soit en accordant des restitutions pour dégager les marchés à l’exportation. Soit les deux. La question qui est posé également aux autorités communautaires est le relèvement de l’aide « de minimis » de 7.500 € sur trois ans. Son doublement avait été acquis, lors de la crise agricole de 2008/2009, Xavier Beulin demande que l’autorisation soit renouvelée.
Stocker l’eau
La sécheresse actuelle démontre une fois de plus la nécessité de créer des ressources en eau, c'est-à-dire de la stocker en hiver, pour l’utiliser en été quand le besoin s’en fait sentir. « Si 1 % de la pluie qui tombe était stockée, on aurait résolu les deux tiers, voire les trois quart des problèmes » estime Xavier Beulin. Et de déplorer le grand écart entre l’engagement du président de la République sur ce dossier et l’attitude de son administration qui freine des quatre fers. Comme les déclarations jugées « infondées » de sa ministre de l’Ecologie qui estime que les difficultés provoquées par la sécheresse seraient résolues par des modifications de l’assolement.