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Agrioccasions, les occasions agricoles
Renouvellement des générations

L’élevage allaitant peine…

Après avoir traversé des crises sanitaires à répétition, la filière
française des bovins allaitants a su se relever, explique une analyse de
l’Institut de l’élevage. Cependant, elle est aux prises avec un
problème majeur : le renouvellement des générations d’éleveurs. Une
étude qui arrive à point nommé pour conforter les Jeunes agriculteurs de
Saône-et-Loire dans leur demande de voir la filière être à même
d’offrir des conditions d’installations viables et vivables.
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« Un peu moins de la moitié des détenteurs de vaches allaitantes concentre 80 % des vaches », révèle une récente étude de l’Institut de l’élevage sur les horizons à long terme de l’élevage bovin allaitant français. Depuis les années quatre-vingt-dix, cette catégorie d’éleveurs s’est développée très rapidement pour rejoindre les éleveurs laitiers en termes de revenu. Puis les crises sanitaires (ESB, fièvre aphteuse), climatiques (sécheresse de 2003 et de 2011) et les politiques de maîtrise du marché ont mis à mal - ou du moins ont révélé - les faiblesses de la filière.

Des faiblesses qui perdurent


A la suite de ces crises successives, les autorités ont lancé le plan de modernisation des bâtiments et des équipements cherchant à améliorer la compétitivité des élevages français. Cette démarche a été complétée par la suite par des aides aux investissements, par le maintien du couplage de la PMTVA et par la prime à l’herbe. Ce mouvement d’investissements vers la modernisation et l’amélioration de la compétitivité a été coupé net en 2007 avec la flambée des matières premières.
De nouvelles faiblesses structurelles ont ainsi été mises en évidence : le faible taux de valeur ajoutée et la dépendance structurelle des exploitations aux aides européennes. Récemment, la conjoncture semble enfin plus favorable avec une demande extérieure qui permet de tirer vers le haut le prix payé aux producteurs. Mais structurellement, la question du renouvellement vient s’ajouter aux problèmes de rentabilité des exploitations.

Gérer les conséquences de la bulle démographique


« La chute du niveau d’installation et du taux de remplacement des départs depuis la fin des années quatre-vingt-dix conduit à une véritable bulle démographique dont il faudra gérer les conséquences à partir de 2015-2020 », révèle l’étude de l’Institut de l’élevage. Depuis les années 2000, plus de 50 % des éleveurs ont plus de 50 ans. Une baisse nette du nombre d’éleveurs de vaches allaitantes, qui serait liée à des départs en retraite plus nombreux que les reconversions lait-viande, est envisagée sur la période 2007-2014. Le scénario le plus probable parmi ceux étudiés est celui d’un déblocage brutal de la situation. Une restructuration accélérée entraînerait « un doublement rapide des troupeaux moyens : 120 vaches pour la majorité des éleveurs, 140 pour les exploitations spécialisées », selon l’Institut de l’élevage. En effet, les plus grandes exploitations seraient, selon lui, les plus susceptibles d’assurer le renouvellement ou la reprise des autres, car elles ont plus de moyens financiers et plus de crédibilité vis-à-vis des cédants. Elles sont aussi bien souvent les plus fragilisées par les crises successives à répétition que connaît le secteur...




En 2010, pour la première fois, les installations aidées en viande bovine n'ont représenté en Saône-et-Loire que le tiers du nombre total de dossiers alors qu'elles étaient traditionnellement dominantes. Au total, seuls 93 jeunes ont été installés. Il faut remonter à 2005 pour constater un niveau sous la barre des 100, à 82 en l'occurrence, hors installations équines (elles ne faisaient alors pas partie du secteur agricole). Bien conscients du problème, les Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire en appellent à une réflexion de filière de manière à permettre des installations viables et vivables (lire notre dernière édition en page 3).