Accès au contenu
Faits divers

Secours animalier : la formation se déroule aussi dans des élevages

Une équipe de secours animalier se monte dans le département. En effet, de 250 à 300 interventions de ce type se déroulent chaque année en Saône-et-Loire. Début septembre, une quinzaine de femmes et d'hommes se sont exercés dans deux exploitations. Explications.

Par Frédéric RENAUD
Pompiers et éleveurs s’unissent en Saône-et-Loire pour former une équipe de secours animalier, avec exercices sur chevaux et moutons.
Pompiers et éleveurs s’unissent en Saône-et-Loire pour former une équipe de secours animalier, avec exercices sur chevaux et moutons.

« Je leur ai notamment conseillé de garder une distance de sécurité avec les chevaux », déclare Adeline Commerçon. La jeune éleveuse de chevaux de Saint-Huruge accueille pendant une demi-journée l’équipe des secouristes animalier de Saône-et-Loire. Dans la carrière de l’Écurie des Rêveries, des binômes et trinômes s’exercent notamment à poser des licols et à maîtriser le comportement d’un cheval. « Cette distance sert à prévenir d’éventuelles réactions des chevaux, ou qu’ils puissent les exprimer sans danger pour l’intervenant. Il y a une notion de taille à prendre en compte : l’animal est beaucoup plus imposant donc il a besoin de plus d’espace pour s’exprimer ».

Le 12 septembre, le centre d’incendie et de secours de Salornay-sur-Guye a accueilli une formation départementale des sapeurs-pompiers pour le secours animalier. Après quelques échanges sur l’avancement de la formation et la recherche d’équipements, les secouristes se sont dirigés vers des exploitations des environs. Avec un leitmotiv « de se tenir en sécurité soi-même quand on intervient », précise le lieutenant Lionel Despouy, l’un des officiers encadrant la journée.

Objectif ? « Pousser l’approche, la technicité et les équipements pour une prise en compte optimale et adaptée de l’animal à secourir en situation d’urgence. Depuis le début de leur formation, les apprenants ont arpenté refuges, parc animalier et exploitations agricoles, tout en rencontrant des éleveurs, vétérinaires, voire des fauconniers », continue Lionel Despouy. Pour accompagner la formation de cette équipe saône-et-loirienne, « nous avons obtenu l’encadrement pédagogique des sapeurs-pompiers de Moselle. Ils disposent en effet d’une structure aguerrie et d’un recul de plus de dix ans de pratique. »

L’Écurie des Rêveries a fourni le cadre pour s’exercer à la maîtrise des chevaux. « Je leur ai expliqué le besoin de rester calmes. Comme ils le font dans des cas concrets avec des humains, l’essentiel est de conserver son sang-froid, même si l’animal est en panique », décrit Adeline Commerçon. « Je leur ai conseillé aussi d'abandonner la force face à des chevaux, car l’animal répond, lui aussi, par la force. Donc, le mieux est d’y aller en douceur ». Au menu des ateliers, « la pose d’un licol, comprendre comment maîtriser un cheval, réaliser des nœuds et faire monter un cheval dans un van », poursuivent le lieutenant Lionel Despouy et l’adjudant-chef Jean-Marc Picard.

Les futurs secouristes animaliers sont aussi passés par l’élevage d’Eric Bernollin à Cluny, pour se confronter aux moutons. « Nous avons notamment mené des exercices pour apprendre la manutention des ovins ». Avec des explications déterminantes de M. Bernollin, ancien tondeur : « Une des techniques les plus efficaces, ce serait de passer la main sous la ganache, puis de tourner la tête vers l’arrière », commente Chloé, l’une des apprenantes. Le groupe a aussi remarqué l’utilisation importante d’une canne pour saisir les jarrets arrière et trouve un volontaire pour en fabriquer quelques-unes à l’identique.

Les futurs sauveteurs animaliers de Saône-et-Loire ont ensuite évalué les dangers susceptibles d’intervenir sur une bétaillère accidentée. À Cluny, le véhicule était encore sur ses roues, mais les secouristes préfèrent anticiper d’éventuelles situations délicates. « Il faut notamment être prudents avec la porte arrière - dont l’ouverture, souvent décrite comme inhabituelle par ceux qui l’actionnent - provoque parfois des blessures », signalent Eric Bernollin et des secouristes amenés dans leur profession à utiliser ces bétaillères.

Cette journée de pratique avec des animaux d’élevage se justifie aisément, selon l’adjudant-chef Jean-Marc Picard. « Les trois quarts du département sont en zone d’élevage et des accidents surviennent, comme dans toutes les professions. » Entre 250 et 300 interventions de secours animalier ont lieu chaque année. Et les sapeurs-pompiers croisent également des animaux inhabituels comme « les wallabys ou des nandous, des autruches, des individus imposants et qui parfois courent très vite ».

Les interventions animalières revêtent aussi un caractère saisonnier. « Au printemps, les premières chaleurs amènent des cas avec des serpents ; lors des périodes de forte humidité, l’activité s’oriente vers des bovins et des équins pris dans les eaux », révèle Jean-Marc Picard. Les périodes sèches entraînent des situations « d’animaux enlisés à proximité de points d’eau ou de rivières ».

Une journée d'apprentissage sur des animaux d'élevage