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Agrioccasions, les occasions agricoles
// Festival du Boeuf

L’essentiel préservé 128e chapitre de l’Ambassade du Charolais

Le week-end dernier, le Festival du Bœuf s’est tenu sans animaux, mais l’esprit et la convivialité de la manifestation ont été préservés. Plus de 500 bêtes d’exception ont trouvé preneurs en ferme avec des plus-values à la clé et dimanche, plus de 700 repas ont été servis à table pour un moment de détente et de solidarité gourmandes bienvenu.

Par MarcLabille
L’essentiel préservé 128e chapitre de l’Ambassade du Charolais
Des prix d’excellence ont été remis à tous les éleveurs qui avaient engagés des bovins pour le Festival du Bœuf.

Le week-end dernier à Charolles, le Festival du Bœuf s’est tenu pour la première fois sans animaux. L’évènement créé il y a un peu plus de 30 ans avait déjà été perturbé en 2020 et 2021 par le covid. Cette année, c’est la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) qui a chamboulé les projets de la société d’agriculture. Conformément à un arrêté préfectoral interdisant les rassemblements dans le département, les animaux n’ont pas été présentés au Festival du Bœuf alors qu’ils étaient près de 600 engagés. En conséquence, le concours des apprentis bouchers a été annulé lui aussi tant la présence des bovins compte pour ce rendez-vous d’envergure nationale. 

Loin de se décourager, la société d’agriculture n’a pas baissé les bras, d’abord en affichant sa solidarité et faisant montre d’un sens des responsabilités en prenant une décision difficile. Solidarité partagée avec les autres partenaires du Festival dont l’Organisme de Sélection du Mouton Charollais qui a renoncé lui aussi à exposer ses agneaux de boucherie.

Décisions difficiles…

Présent à ce Festival singulier, le préfet de Saône-et-Loire Dominique Dufour était venu rappeler qu’il avait été « impératif de prendre ces décisions », comme celle « d’interdire les mouvements d’animaux sur l’ensemble du département ». Des mesures qui s’imposaient pour protéger les cheptels, relayées par « des décisions collégiales » et un grand « sens des responsabilités » de la profession, qui ont permis que « notre département échappe au pire », se félicitait Dominique Dufour. Et le préfet d’ajouter que « la méthode fonctionne. Grâce à elle, la maladie est circonscrite en France à quelques départements ».

Des propos que partageait plus tôt le président de la Chambre d’agriculture Luc Jeannin qui a tenu à mettre les choses au clair en écho aux récents débats sur le dépeuplement du foyer de DNC dans le Doubs. Attisés par les réseaux sociaux, les esprits se sont en effet un peu vite échauffés ces derniers jours sur le cas franc-comtois. « Tout le monde s’est posé des questions », reconnaissait Luc Jeannin. Mais sans savoir « ce qu’il s’était passé précisément, car les informations arrivaient au compte-goutte. Une enquête est en cours… », révélait Luc Jeannin qui invitait à « prendre du recul » en attendant que les autorités apportent tout l’éclairage nécessaire…

Commercialisation en ferme et plus-values !

En dépit de ce contexte, la société d’agriculture a choisi de maintenir l’évènement, saluait le préfet. Et elle a tenu à conserver l’esprit et la convivialité du Festival, introduisait Pierre- Emmanuel Guilloux, le nouveau président de la société d’agriculture.

Cette dernière a décidé de remettre une plaque de prix d’excellence pour chacune des 540 bêtes de boucherie engagées pour le Festival. Il s’agissait là de récompenser la qualité exceptionnelle des animaux que leurs 152 éleveurs ont préparés pendant près d’un an pour le Festival, expliquait Pierre-Emmanuel Guilloux. Tous ces bovins de haute qualité ont pu être commercialisés en ferme auprès des acheteurs habituels du Festival : chevillards, bouchers, restaurateurs… Durant les dernières semaines, la société d’agriculture s’est démenée pour mobiliser les acheteurs, lesquels ne se sont pas fait prier car les bêtes du Festival étaient attendues pour les fêtes de fin d’année. Les animaux ont même bénéficié de plus values de 1 à 1,50 € par rapport aux tarifs du Festival 2024, confiait Pierre-Emmanuel Guilloux.

Satisfaits des transactions, les éleveurs sont venus nombreux à Charolles récupérer leurs prix d’excellence. Étaient présents également les acteurs de la filière, les partenaires et responsables agricoles, les élus… 700 repas ont été servis le dimanche midi par le traiteur Domaine des Marguerites. Malgré l’absence d’animaux, les éleveurs ont tenu à être présents autant pour soutenir le Festival et ses organisateurs que pour retrouver l’ambiance qu’ils affectionnent chaque premier week-end de décembre.

Dans notre prochaine édition, nous reviendrons sur le palmarès du concours des viandes d’excellence qui a été dévoilé à Charolles le 7 décembre dernier.

MarcLabille