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Une étude de l’Insee sur l’espace rural et urbain

L’étalement urbain s’accélère

Entre 1999 et 2010, l’espace urbain n’a cessé de s’étendre avec surtout l’arrivée de nouvelles communes qui viennent se rattacher à des agglomérations existantes. Surtout dans les zones littorales de l’Atlantiques de la Méditerranée et dans les Alpes.
Par Publié par Cédric Michelin
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Entre 1999 et 2010, la surface du territoire urbain (1) s’est accrue de 19 % en France, passant de 100.000 à 119.000 km2, selon l’Insee qui vient de publier une étude sur le découpage des unités urbaines en 2010. Parmi les 36.570 communes de France métropolitaine, 7.227 étaient urbaines en 2010 et, sur la période, 1.368 communes qui étaient rurales en 1999 sont devenus urbaines. Alors que seulement 100 communes urbaines de 1999 sont devenues rurales en 2010. Surtout note l’Insee « le rythme de croissance de l’espace urbain entre les recensements de 1999 et 2007 a été plus important que lors des décennies précédentes, et se rapproche de ce que l’on avait connu dans les années 1950-1960 ». Parmi les 1.368 communes qui sont passées de l’espace rural à l’espace urbain, 1.137 le sont devenues par intégration à une agglomération. Des constructions nouvelles aux frontières de ces communes ont entraîné le rattachement à une unité urbaine déjà existante. Dans les années 1990, ce phénomène n’avait concerné que 520 communes.

Densité en baisse


 Les autres communes au nombre de 231 qui étaient rurales en 1999 ont atteint le seuil de 2.000 habitants et sont donc devenues urbaines. Entre 1990 et 1999, il n’y en avait que 150 qui avaient réalisé ce même mouvement. « Que ce soit par l’agrandissement d’agglomérations existantes ou par l’apparition de nouvelles villes isolées, c’est la superficie des petites unités urbaines (moins de 10.000 habitants) qui a le plus augmenté. A elles seules, elles expliquent plus de la moitié de la croissance de l’espace urbain, alors que seulement 16 % de la population urbaine y vit » note l’Insee. Conclusion : « la croissance du territoire urbain s’observe donc dans la partie la moins dense de l’espace urbain » En effet, les plus grandes unités urbaines, celles des très grandes agglomérations comprises entre 200.000 et 2 millions d’habitants sont plutôt denses : elles ne couvrent que 13 % du territoire et abritent un tiers de sa population. D’une façon générale d’ailleurs, la densité des territoires urbains diminue : elle était de 600 habitants au km2 au début des années 60, elle n’est plus que de 400 habitants aujourd’hui. Un phénomène qui s’explique par l’étalement urbain, c'est-à-dire l’extension des surfaces urbanisées, souvent sous forme d’un habitat pavillonnaire avec des jardins et qui se matérialise par la construction le long des routes et l’apparition de zones de bâti continu entre communes voisines.

Le dynamisme des territoires ruraux


Du point de vue géographique, le mouvement d’expansion urbaine est particulièrement fort sur les littoraux atlantique et méditerranéen ainsi que dans les Alpes. Certains départements comme les Côtes-d’Armor, le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, la Vendée, mais aussi les Pyrénées orientales, l’Aude, le Gard, le Vaucluse et même l’Ariège qui manifestaient déjà dans les années 90 une forte urbanisation ont depuis confirmé leur dynamisme démographique. Mais d’autres départements sont venus s’y ajouter comme les Alpes-de-Haute-Provence, la Savoie et la Haute-Savoie, le Tarn-et-Garonne, l’Ardèche et même la Corrèze. Tous ces départements se caractérisent soit par une forte croissance de la population, soit par une proportion importante de résidences secondaires, note l’Insee. Ceci étant, les zones rurales affichent un réel dynamisme. Entre 1999 et 2007, la population rurale a progressé de 9%, alors que celle de la population urbaine n’a été que de 4,6 % (contre 5,6 % pour la France entière). Et note l’Insee, « il y a plus d’arrivées que de départs (solde migratoire) et désormais plus de naissances que de décès (solde naturel), ce qui n’était pas le cas durant la décennie précédente ». Ce dynamisme démographique est également fort dans les petites unités urbaines (moins de 10.000 habitants) et dans l’agglomération parisienne. Ceci contraste avec les années 90 où les très grandes unités urbaines avaient un dynamisme comparable aux petites et supérieur à l’agglomération parisienne. Les territoires urbains et ruraux sont des ensembles de communes. La différence entre les deux repose sur un double critère : la continuité du bâti et le nombre d’habitants. Est considéré comme urbain (ou unité urbaine) un ensemble de communes sur lequel on trouve une zone de bâti continu, c'est-à-dire un espace au sein duquel il n’y a pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions et dans lequel résident au moins 2.000 habitants.

L’exception parisienne


Avec ses 10,3 millions d’habitants répartis sur 412 communes, l’agglomération parisienne reste, et de loin, la plus importantes des unités urbaines de France. Entre 1999 et 2010, 30 nouvelles communes ont agrandi son périmètre. La croissance démographique y est plus importante à 5,8 % contre 5,6 % pour la métropole. Très loin derrière viennent les unités urbaines de Marseille Aix-en-Provence et de Lyon, avec chacune plus de 1,5 million d’habitants. Lille reste la quatrième métropole avec un périmètre et une population stable, 1 million d’habitants. Au total, la France compte 28 unités urbaines de plus 200.000 habitants, un club qui s’est agrandi en 2010 avec l’arrivée du Mans et de Bayonne.