L'hémorragie de la "ferme Saône-et-Loire"
Ce constat est conforté par la carte des revenus agricoles, laquelle met en exergue la faiblesse des revenus dans la zone dite allaitante, c'est-à-dire là même où l'herbe est subie. C'est d'ailleurs dans cette production que l'on constate, en dix ans, la plus forte baisse du nombre d'exploitations. La viticulture suit aussi de près, avec une baisse là-aussi significative du nombre d'exploitations. Ce constat est d'ailleurs vrai quelle que soit l'orientation des exploitations, hormis le cas des exploitations à orientations grandes cultures, dont le nombre s'accroît légèrement.
En l'état actuel des choses, force est de constater que tant que les agriculteurs resteront des producteurs de matières premières, le risque de la poursuite de cette tendance sera réel. Et la nouvelle Pac, telle qu'elle se profile en l'état, ne pourrait bien qu'accélérer un peu plus encore ces tendances qui appauvrissent notre agriculture, mais au-delà l'ensemble de nos territoires ruraux. Pour les inverser ou pour tenter de les stabiliser, une politique volontariste en faveur de l'installation et de la valeur ajoutée s'impose.
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Moins d'actifs
En Saône-et-Loire, la baisse du nombre d’actifs permanents depuis 2000 est supérieure à celle observée au niveau régional (-24 % contre -20 %). Avec 86 % des actifs appartenant à la famille des exploitants, contre 79 % en Bourgogne, la main-d’œuvre agricole départementale demeure essentiellement familiale. Les 9.500 exploitants constituent le pilier de cette dernière et fournissent 63 % du travail. Malgré l’importance de cette main-d’œuvre familiale, la proportion de membres de la famille non exploitants ayant le statut de salarié demeure faible (11 %). Cette part atteint néanmoins 23 % chez ces actifs travaillant plus d’un mi-temps. La baisse du nombre d’actifs familiaux s’accompagne d’une hausse de 4 % des effectifs salariés hors cadre familial ; ils assurent désormais 14 % du travail. Leurs principaux employeurs sont les viticulteurs (45 %), les éleveurs de bovins viande (17 %) et les maraîchers et horticulteurs (13 %). La main-d’œuvre occasionnelle ou saisonnière fournit 9 % du travail, contre 8 % en 2000. Elle est très majoritairement embauchée par les exploitations viticoles (73 %). Enfin, les prestataires externes, entreprises de travaux agricoles et Cuma, interviennent pour seulement 1 % du travail, une proportion qui a doublé cependant depuis 2000. Au total, les actifs agricoles fournissent un travail équivalent à 12.200 UTA (personnes à temps plein sur l’année). Le nombre d’UTA par exploitation augmente, passant de 1,4 en 2000 à 1,6 en 2010. La productivité du travail progresse.[/WEB]
Les enseignements
Entre 2000 et 2010, la Saône-et-Loire a perdu 28 % de ses exploitations et 1,4 % de la surface occupée par l’agriculture, soit près de 710 hectares par an !
Les exploitations du département sont les moins étendues de la région avec une surface moyenne de 67 hectares (91 ha pour les moyennes et grandes).
Première prairie de France, la Saône-et-Loire est également le premier département pour son cheptel femelle (218.700 vaches allaitantes, principalement charolaises pour 93 % d'entre elles).
La Saône-et-Loire élève 17.700 chèvres, 31 en moyenne par cheptel. Le fromage est valorisé en appellations d’origine.
47 % de la vendange du département sont vinifiés en cave coopérative (29 % en Bourgogne). 450 ha de vigne sont consacrés en 2010 à la production de vin effervescent. 39 % des surfaces en vigne sont vendangés à la main.
45 % des exploitations bourguignonnes spécialisées en maraîchage-horticulture sont en Saône-et-Loire. C’est le deuxième département métropolitain pour sa surface en cassis bourgeon.
Côté population active agricole, les 15.600 actifs permanents, dont 9.500 exploitants, représentent 12.200 unités de travail annuel.
2.000 femmes sont exploitantes. Leur part a très légèrement augmenté depuis 2000 (21 % contre 20 %), mais elle est inférieure à celle observée au niveau national (27 %).
Les chefs d’exploitation ont en moyenne 50 ans, 46 ans pour les exploitations moyennes et grandes.
10 % des exploitations (les plus grandes) contribuent à 45 % du potentiel de production du département.
850 exploitations (11 %) ont une activité de diversification, dont 310 en transformation de produits agricoles, surtout du lait (255). 150 ont une activité d’hébergement et 60 de loisirs.
21 % des exploitations commercialisent, via des circuits courts (20 % en Bourgogne). 40 % des viticulteurs pratiquent ainsi la vente directe.