Portrait de chercheur
L'homme, le lapin et la phéromone
Cela pourrait être le titre d’une fable apocryphe de Jean de La
Fontaine. Mais il s’agit en fait d’une tranche de vie professionnelle
d’une quinzaine d’années d’un éthologiste passionné et passionnant.
Durant cette période, Gérard Coureaud, chargé de recherche au CNRS au
sein du Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation (CSGA) de
Dijon, en collaboration avec son plus fidèle compagnon, le lapin, a
découvert une phéromone de mammifère, la phéromone mammaire (2M2B), et
ne cesse depuis de l’étudier pour en révéler tous les secrets. Une
démarche qu’il poursuit aujourd’hui, en particulier à travers MEMOLAP,
un projet labellisé par Vitagora® et financé dans le cadre de l’appel à
projet Jeunes Chercheurs de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).
L’objectif de ce projet dont il est le responsable scientifique est de
mieux comprendre comment le jeune organisme traite, perçoit et répond
de façon adaptée à une information olfactive plus ou moins complexe en
lien avec son comportement alimentaire.
Fontaine. Mais il s’agit en fait d’une tranche de vie professionnelle
d’une quinzaine d’années d’un éthologiste passionné et passionnant.
Durant cette période, Gérard Coureaud, chargé de recherche au CNRS au
sein du Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation (CSGA) de
Dijon, en collaboration avec son plus fidèle compagnon, le lapin, a
découvert une phéromone de mammifère, la phéromone mammaire (2M2B), et
ne cesse depuis de l’étudier pour en révéler tous les secrets. Une
démarche qu’il poursuit aujourd’hui, en particulier à travers MEMOLAP,
un projet labellisé par Vitagora® et financé dans le cadre de l’appel à
projet Jeunes Chercheurs de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).
L’objectif de ce projet dont il est le responsable scientifique est de
mieux comprendre comment le jeune organisme traite, perçoit et répond
de façon adaptée à une information olfactive plus ou moins complexe en
lien avec son comportement alimentaire.
Gérard Coureaud est de ces chercheurs avec lesquels le courant passe aussitôt. Certains invoqueront une évidente histoire de phéromones, ces fameux signaux olfactifs dont il cherche à décrypter les mécanismes d’action et leur rôle dans le comportement animal ; qui sait ? Sans doute faut-il y voir avant tout une formidable capacité à vous « emmener avec lui » dans sa passion de l’éthologie, cette discipline scientifique qui s’intéresse à l’étude du comportement animal.
Une passion précoce qui lui a permis de faire la connaissance de Benoist Schaal, directeur de recherche au CNRS et responsable de l’équipe « Ethologie Développementale et Psychologie Cognitive » du CSGA au sein de laquelle il mène aujourd’hui ses travaux. « C’est à l’occasion d’un stage de recherche que j’ai effectué, dans le cadre de mon DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies), sous la responsabilité de Benoist Schaal, dans un laboratoire de comportement animal situé près de Tours, que nous avons commencé à travailler sur le lapin », se rappelle-t- il. Depuis, Gérard Coureaud et le lapin tracent la route ensemble, une route ponctuée jusqu’à présent de quelques belles réussites sur le plan scientifique. « Le lapin représente un modèle d’étude extrêmement intéressant pour appréhender le développement du comportement chez le jeune mammifère et le rôle joué par les signaux olfactifs émis par la mère, dont les éventuelles phéromones, dans l’émergence et la régulation du comportement du nouveau né », explique-t-il.
Ainsi lors de sa thèse de doctorat qu’il réalise sous la direction de Benoist Schaal, il découvre la molécule 2M2B (2-méthyl-2-buténal), premier signal démontré comme répondant à une définition stricte du concept de phéromone chez les mammifères, capable à elle seule de déclencher le comportement de tétée du lapereau. Après avoir fait l’objet d’un article remarqué dans la très réputée revue Nature, la « phéromone mammaire », comme on l’appelle désormais, dévoile aux chercheurs dijonnais une autre de ses étonnantes propriétés, sa capacité à faire apprendre aux petits une nouvelle odeur, alimentaire ou sociale, simple ou complexe, en se combinant avec elle.
Des travaux dont les résultat s pouraient intéresser les industriels
Entre temps, Gérard Coureaud, après une année d’étude post-doctorale effectuée à l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM ) au sein d’un laboratoire qui travaille là encore sur le lapin, a intégré le Centre Européen des Sciences du Goût (aujourd’hui CSGA), avant d’être nommé en 2004 chargé de recherche au CNRS . Un remarquable parcours qui le conduit tout naturellement à recevoir la Médaille de bronze du CNRS à l’automne 2010. Cette même année, le projet MEMO LAP, dont il est le responsable scientifique, reçoit un financement dans le cadre de l’appel à projets « Jeunes Chercheurs ». Labellisé par Vitagora®, celui-ci implique trois autres jeunes chercheurs, deux du CSGA, Thierry Thomas-Danguin et Frédérique Datiche, et un de l’Unité Mixte de Recherche PsyNuGen de l’INRA de Bordeaux, Guillaume Ferreira. « Dans la nature, nous ne sommes jamais exposés à une odeur unique mais à des odeurs parmi de nombreuses autres. MEMOLAP vise à comprendre comment l’organisme, dès le plus jeune âge, appréhende ce contexte de complexité chimique, et oriente son comportement et ses préférences vers des mélanges odorants à finalité alimentaire », résume Gérard Coureaud. Les résultats attendus de ces recherches fondamentales, peuvent à terme intéresser des partenaires industriels de l’industrie alimentaire, des cosmétiques et de la santé.
Contact
Gérard Coureaud
Email : [email protected]
Une passion précoce qui lui a permis de faire la connaissance de Benoist Schaal, directeur de recherche au CNRS et responsable de l’équipe « Ethologie Développementale et Psychologie Cognitive » du CSGA au sein de laquelle il mène aujourd’hui ses travaux. « C’est à l’occasion d’un stage de recherche que j’ai effectué, dans le cadre de mon DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies), sous la responsabilité de Benoist Schaal, dans un laboratoire de comportement animal situé près de Tours, que nous avons commencé à travailler sur le lapin », se rappelle-t- il. Depuis, Gérard Coureaud et le lapin tracent la route ensemble, une route ponctuée jusqu’à présent de quelques belles réussites sur le plan scientifique. « Le lapin représente un modèle d’étude extrêmement intéressant pour appréhender le développement du comportement chez le jeune mammifère et le rôle joué par les signaux olfactifs émis par la mère, dont les éventuelles phéromones, dans l’émergence et la régulation du comportement du nouveau né », explique-t-il.
Ainsi lors de sa thèse de doctorat qu’il réalise sous la direction de Benoist Schaal, il découvre la molécule 2M2B (2-méthyl-2-buténal), premier signal démontré comme répondant à une définition stricte du concept de phéromone chez les mammifères, capable à elle seule de déclencher le comportement de tétée du lapereau. Après avoir fait l’objet d’un article remarqué dans la très réputée revue Nature, la « phéromone mammaire », comme on l’appelle désormais, dévoile aux chercheurs dijonnais une autre de ses étonnantes propriétés, sa capacité à faire apprendre aux petits une nouvelle odeur, alimentaire ou sociale, simple ou complexe, en se combinant avec elle.
Des travaux dont les résultat s pouraient intéresser les industriels
Entre temps, Gérard Coureaud, après une année d’étude post-doctorale effectuée à l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM ) au sein d’un laboratoire qui travaille là encore sur le lapin, a intégré le Centre Européen des Sciences du Goût (aujourd’hui CSGA), avant d’être nommé en 2004 chargé de recherche au CNRS . Un remarquable parcours qui le conduit tout naturellement à recevoir la Médaille de bronze du CNRS à l’automne 2010. Cette même année, le projet MEMO LAP, dont il est le responsable scientifique, reçoit un financement dans le cadre de l’appel à projets « Jeunes Chercheurs ». Labellisé par Vitagora®, celui-ci implique trois autres jeunes chercheurs, deux du CSGA, Thierry Thomas-Danguin et Frédérique Datiche, et un de l’Unité Mixte de Recherche PsyNuGen de l’INRA de Bordeaux, Guillaume Ferreira. « Dans la nature, nous ne sommes jamais exposés à une odeur unique mais à des odeurs parmi de nombreuses autres. MEMOLAP vise à comprendre comment l’organisme, dès le plus jeune âge, appréhende ce contexte de complexité chimique, et oriente son comportement et ses préférences vers des mélanges odorants à finalité alimentaire », résume Gérard Coureaud. Les résultats attendus de ces recherches fondamentales, peuvent à terme intéresser des partenaires industriels de l’industrie alimentaire, des cosmétiques et de la santé.
Contact
Gérard Coureaud
Email : [email protected]