L’incertitude de retour…
Son annonce diverge de celle faite par Bruno Le Maire qui a annoncé le maintien du budget de la Pac suite à un accord avec l’Allemagne… Pour le commissaire européen, il est important que le budget soit bouclé avant les élections allemandes pour que « les agriculteurs aient un cadre juridique et administratif et puissent en bénéficier, notamment au niveau du budget de la Pac ». Et pour Dacian Ciolos la décision ne sera pas facile à prendre vu la situation économique difficile de certains Etats membres. « La Commission a proposé de renforcer les ressources propres pour alléger la charge et le poids des contributions », commente-t-il. En d’autre terme, elle demande qu’une ressource budgétaire soit trouvée sans que celle-ci soit à la charge des Etats membres, une sorte d’impôt européen.
La gestion des ressources naturelles en priorité
Avec la sécurité alimentaire et l’emploi en milieu rural, la gestion des ressources naturelles est une des priorités de la future Pac. En ligne de mire, la question de la compétitivité revenue de nombreuses fois dans les débats ces dernières semaines : « on ne peut plus séparer compétitivité écologique et économique. Nous avons un vrai problème concernant la fertilité des sols sur la moitié des sols européens », insiste le commissaire européen. Se pose alors la question des revenus des agriculteurs. « Je souhaite que la futur Pac leur donne les moyens de vivre de manière descente avec la conscience tranquille quant à l’environnement ». En clair qu’ils soient moins dépendants des aides. Avec la nouvelle Pac, « le paiement des aides se fera en prenant en compte les spécificités régionales », rassure le Dacian Ciolos. Il a d’ailleurs rencontré à ce propos le président des régions françaises, Alain Rousset, lors de sa visite.
Fruits et légumes
« Le secteur pourra être protégé »
Suite à l’accord de libéralisation avec le Maroc survenu il y a quelques semaines, les secteurs des fruits et légumes ont vivement réagi fustigeant une concurrence déloyale. « Ils n’ont pas été complètement libéralisés », se défend Dacian Ciolos. « On a gardé un système de protection avec des contingents quantitatifs mais aussi une répartition mensuelle de l’utilisation de ce contingent pour faire en sorte de ne pas avoir des exportations qui viennent concurrencer la production européenne ». Lors du vote par le Parlement de l’accord, des plaintes avaient été émises par les professionnels concernant les prix d’entrée des importations en Europe peu efficaces. « Dans les propositions législatives de réforme de la Pac faite par la Commission, on a proposé un allègement du système de calcul du prix plus simple, plus transparent et plus efficace. Si les autorités douanières appliquent correctement ces prix d’entrée, je pense que le secteur pourra être protégé », conclut le commissaire européen.