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Agrioccasions, les occasions agricoles
Filière porcine

La Belgique propose une régulation

Meurtries par le ciseau des prix à la production très bas et la hausse
du coût de l’alimentation animale avec celle des matières premières, les
trésoreries des éleveurs de porcs de l’Union européenne sont pour la plupart au plus mal. La
Belgique propose de réguler temporairement la volatilité.
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La volatilité des prix des matières premières agricoles dans le secteur européen du porc a occupé une partie des discussions du Conseil européen Agriculture du 14 avril, à l’initiative de la Belgique. L’Etat membre, huitième producteur européen de viande porcine avec 1,057 million de tonnes équivalent carcasse (la France occupe le troisième rang), a présenté aux 26 autres ministres européens de l’Agriculture des pistes de réflexion pour gérer cette volatilité. Car le secteur est plongé dans une « situation de crise grave ».
Se fondant sur le récent travail des représentants de sa filière, la Belgique propose de « jeter les bases d’un mécanisme structurel européen visant à tempérer, à court terme, les variations extrêmes des prix des matières premières ». Elle inscrit également son projet dans le cadre des réflexions en cours au niveau du G20 sur la lutte contre cette volatilité. L'accueil des différents Etats membres a été mitigé même si tous jugent nécessaire de soulever la problématique générale de la volatilité des prix.

Garantir la pérennité des élevages



Le projet belge reconnaît le caractère structurel des prix bas dans le secteur européen du porc qui, conjugué aujourd’hui à la forte hausse du coût de l’aliment du bétail avec celle des matières premières, détériore gravement les trésoreries. Mais à côté de solutions structurelles « de moyen et long terme », la Belgique réclame « une mesure complémentaire de court terme pour tempérer la volatilité » et « garantir la pérennité de l’élevage porcin durant cette période difficile ».
Le système s’articulerait autour d’un seuil d’alerte fondé sur l’écart entre le prix du porc et celui du coût de l’alimentation (une marge brute de référence), activant une compensation de prix négociée dans chaque Etat membre entre les acteurs du secteur. Cette mesure serait « temporaire », appliquée à la hausse comme à la baisse des prix des matières premières et n’impliquerait pas de soutiens à l’exportation.
La Pologne, la Roumanie, l'Irlande et la Hongrie soutiennent les propositions belges. Le Danemark, les Pays-Bas, respectivement quatrième et cinquième producteurs européens, et le Royaume-Uni mettent en garde les autres Etats contre un nouveau mécanisme qui alourdirait le système. L’Allemagne, premier producteur et exportateur européen de porcs, est opposée à l'idée de tout nouveau filet de sécurité. La France, de son côté, tout comme le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, sont d’accord pour en discuter au sein du groupe d'experts constitué par le comité élargi pour la viande porcine.