Agriculture biologique en Saône-et-Loire
La bio cale
Lundi 30 janvier, à Château, au Domaine Saint-Laurent, le Groupement des
agriculteurs biologiques de Saône-et-Loire a fait le point sur
l’évolution de la bio dans le département. Alors que les autres
départements de Bourgogne voient leurs surfaces certifiées AB en hausse,
la Saône-et-Loire - elle - stagne à 3.200 ha de SAU bio. Le Gabsel entend
donc relancer la dynamique pour atteindre les 20% des surfaces en bio en
2020, comme prévu par les lois du Grenelle de l’environnement.
agriculteurs biologiques de Saône-et-Loire a fait le point sur
l’évolution de la bio dans le département. Alors que les autres
départements de Bourgogne voient leurs surfaces certifiées AB en hausse,
la Saône-et-Loire - elle - stagne à 3.200 ha de SAU bio. Le Gabsel entend
donc relancer la dynamique pour atteindre les 20% des surfaces en bio en
2020, comme prévu par les lois du Grenelle de l’environnement.
Sur les sept dernières années, l’évolution des surfaces certifiées ou en cours de certification AB a connu une augmentation dans le département pour atteindre 3 % de la SAU de Saône-et-Loire, soit environ 6.200 ha. En hausse, 208 exploitations s'inscrivent dans la démarche mais « 2011 a vu l’arrêt des conversions en viticulture et polyculture-élevage », expliquait Julie Guillaume, directrice du Sedarb. « Un cas particulier » tant dans les autres départements la dynamique se poursuit pour répondre à la demande des consommateurs et de la société. Les adhérents du Gabsel s’interrogeaient dès lors sur les raisons de ce coup d’arrêt. Ils avançaient différentes possibilités : « les structures d’exploitations en élevage sont différents, avec de plus petites surfaces exploitées et une moindre autonomie alimentaire mais avec de fortes charges de structures », « l’effet CTE (contrat territorial d'exploitation) qui se termine après cinq années de conversion », « le "problème" de la PHAE », « l’absence de bassin de consommation majeur pour notre département, comme en Rhône-Alpes »…
En effet, l’Yonne progresse en bio dans le Nord, aux portes de Paris, sur les productions céréalières, la viticulture Chablisienne, le lait et la diversification. La Côte-d’Or se convertit au bio à travers sa viticulture, malgré des exploitations de 9 ha en moyenne. La Nièvre voit pourtant plus d’éleveurs passés en AB.
En Saône-et-Loire, la question d'un modèle économique viable était clairement posée. « En viticulture, les bios s’en sortent bien et cela fait des émules. En céréales, blé notamment, même si les rendements baissent, ils sont compensés par le prix. Nous ne sommes pas dans le même schéma en élevage », analysait la présidente du Gabsel, Marie-Paule Huyghe de Vitry-en-Charollais. Les adhérents du Gabsel rappelaient tout leur attachement à la « qualité » bio et au « respect du terroir », qui permet aussi « de continuer en petites structures ». Ils n’occultaient pas non plus les difficultés techniques du bio et le Gabsel veut « relancer » la dynamique par la technique car, dans toutes les productions bios, il y a « des tas de défis à relever ». Pour cela, le GAB de Saône-et-Loire vient de se doter d'une nouvelle animatrice, Aurélie Adoir.
Osons la bio
Animatrice pour le Sedarb (voir page précédente) et la CGAB (Confédération des groupements des agrobiologistes de Bourgogne), Estelle Thiebault expliquait ensuite la démarche lancée par la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) de vouloir « mettre l’agriculture biologique à l’agenda de la campagne présidentielle et législatives 2012 ». Pour interpeller les candidats sur ce sujet, une pétition est disponible sur le site web de la FNAB et a déjà recueilli 15.000 signatures, tout en visant les 40.000.
Au Domaine Saint-Laurent, la vingtaine d’adhérents du Gabsel présents étaient donc invité à s’exprimer « pour que les élus sortent des enjeux économiques à court termes et aient une vision plus large sur la transition écologique et sociétale du modèle agricole ». Les priorités - qui remonterons du terrain – seront également détaillées au Ministre de l’Agriculture lors de la prochaine assemblée générale de la FNAB.
« Nous avons rencontré le préfet de Saône-et-Loire sur des sujets comme le retournement des pâtures en élevage, la prime à la vache qui est un frein en bio (1,4 UGB/ha), pour obtenir des financement soutenant notre filière ou encore sur les zones Natura 2000 », expliquait Marie-Paule Huyghe. La salle se posait néanmoins une question lancinante : « faut-il vivre des primes ou pas ? » Tous préféreraient « vivre de leurs produits » mais pour l’heure, les membres du Gabsel reconnaissaient que « la valeur de nos produits n’augmentent plus ». A cela, plusieurs causes étaient avancées : la confiscation de la plus-value par la distribution, la concurrence de l’agro-industrie envahissant ce segment ou encore la non possibilité de répercuter les hausses des céréales dans les produits, tel que la viande.
Marie-Paule Huyghe en appelait donc à « raisonner d’une autre façon. Une ferme bio doit toucher autant d’aides qu’une exploitation en conventionnelle, par principe d’égalité et par prise en compte de ses particularités comme la lutte contre la pollution ». La salle espérait visiblement également un changement des « discours » dans les chambres d’agricultures ou les lycées agricoles, pour que « la bio comme métier » soit « mieux accompagnée techniquement ».
Un moyen également de renforcer l’image de la bio - « un peu malmenée en ce moment » en raison des importations notamment – car le Gabsel en est persuadé et fier : « on fait du bio local » et la demande existe. Dans ce sens, un guide des "bonnes" adresses bio – ventes directes ou non – est édité et disponible.
En effet, l’Yonne progresse en bio dans le Nord, aux portes de Paris, sur les productions céréalières, la viticulture Chablisienne, le lait et la diversification. La Côte-d’Or se convertit au bio à travers sa viticulture, malgré des exploitations de 9 ha en moyenne. La Nièvre voit pourtant plus d’éleveurs passés en AB.
En Saône-et-Loire, la question d'un modèle économique viable était clairement posée. « En viticulture, les bios s’en sortent bien et cela fait des émules. En céréales, blé notamment, même si les rendements baissent, ils sont compensés par le prix. Nous ne sommes pas dans le même schéma en élevage », analysait la présidente du Gabsel, Marie-Paule Huyghe de Vitry-en-Charollais. Les adhérents du Gabsel rappelaient tout leur attachement à la « qualité » bio et au « respect du terroir », qui permet aussi « de continuer en petites structures ». Ils n’occultaient pas non plus les difficultés techniques du bio et le Gabsel veut « relancer » la dynamique par la technique car, dans toutes les productions bios, il y a « des tas de défis à relever ». Pour cela, le GAB de Saône-et-Loire vient de se doter d'une nouvelle animatrice, Aurélie Adoir.
Osons la bio
Animatrice pour le Sedarb (voir page précédente) et la CGAB (Confédération des groupements des agrobiologistes de Bourgogne), Estelle Thiebault expliquait ensuite la démarche lancée par la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) de vouloir « mettre l’agriculture biologique à l’agenda de la campagne présidentielle et législatives 2012 ». Pour interpeller les candidats sur ce sujet, une pétition est disponible sur le site web de la FNAB et a déjà recueilli 15.000 signatures, tout en visant les 40.000.
Au Domaine Saint-Laurent, la vingtaine d’adhérents du Gabsel présents étaient donc invité à s’exprimer « pour que les élus sortent des enjeux économiques à court termes et aient une vision plus large sur la transition écologique et sociétale du modèle agricole ». Les priorités - qui remonterons du terrain – seront également détaillées au Ministre de l’Agriculture lors de la prochaine assemblée générale de la FNAB.
« Nous avons rencontré le préfet de Saône-et-Loire sur des sujets comme le retournement des pâtures en élevage, la prime à la vache qui est un frein en bio (1,4 UGB/ha), pour obtenir des financement soutenant notre filière ou encore sur les zones Natura 2000 », expliquait Marie-Paule Huyghe. La salle se posait néanmoins une question lancinante : « faut-il vivre des primes ou pas ? » Tous préféreraient « vivre de leurs produits » mais pour l’heure, les membres du Gabsel reconnaissaient que « la valeur de nos produits n’augmentent plus ». A cela, plusieurs causes étaient avancées : la confiscation de la plus-value par la distribution, la concurrence de l’agro-industrie envahissant ce segment ou encore la non possibilité de répercuter les hausses des céréales dans les produits, tel que la viande.
Marie-Paule Huyghe en appelait donc à « raisonner d’une autre façon. Une ferme bio doit toucher autant d’aides qu’une exploitation en conventionnelle, par principe d’égalité et par prise en compte de ses particularités comme la lutte contre la pollution ». La salle espérait visiblement également un changement des « discours » dans les chambres d’agricultures ou les lycées agricoles, pour que « la bio comme métier » soit « mieux accompagnée techniquement ».
Un moyen également de renforcer l’image de la bio - « un peu malmenée en ce moment » en raison des importations notamment – car le Gabsel en est persuadé et fier : « on fait du bio local » et la demande existe. Dans ce sens, un guide des "bonnes" adresses bio – ventes directes ou non – est édité et disponible.