AOC Volailles de Bresse
La Bresse recrute
Ils sont près de 180 producteurs à satisfaire les demandes des amateurs
de volailles de Bresse AOC. Pourtant, alors que le marché se porte
plutôt bien, depuis quelques années, le CIVB constate une diminution de
la production (950.000 volailles, soit -4 % par rapport à 2009), principalement due à la réduction du nombre d’exploitants
(population vieillissante). La filière se lance donc à la recherche de
ses futurs éleveurs. Pour cela, rendez-vous était donné ce 4 octobre
chez Thierry Jalley à Sens-sur-Seille, pour une porte ouverte. Et comme
l’installation est d’abord une affaire de calcul, enquête chiffrée…
de volailles de Bresse AOC. Pourtant, alors que le marché se porte
plutôt bien, depuis quelques années, le CIVB constate une diminution de
la production (950.000 volailles, soit -4 % par rapport à 2009), principalement due à la réduction du nombre d’exploitants
(population vieillissante). La filière se lance donc à la recherche de
ses futurs éleveurs. Pour cela, rendez-vous était donné ce 4 octobre
chez Thierry Jalley à Sens-sur-Seille, pour une porte ouverte. Et comme
l’installation est d’abord une affaire de calcul, enquête chiffrée…
Responsable du groupe installation et formation au CIVB (Comité interprofessionnel), Valérie Fernoux de Saint-Didier-en Bresse a à cœur de montrer qu’être éleveur (se) de volailles de Bresse aujourd’hui, cela reste un métier plein d’avenir avec « une demande des marché stable à croissante pour l’export » (7 % de la production totale de l'AOC). D’autant que côté production, les solutions techniques se modernisent.
En étroite collaboration avec la chambre d’agriculture du Jura, et en présence d’élèves de Montmorot (Jura), la porte ouverte chez Thierry Jalley, éleveur à Sens-sur-Seille, attirait quelques intéressés. L’éleveur leur faisait faire le tour du propriétaire.
Une progression constante
Après l’obtention de son Bepa et en tant que double actif, Thierry Jalley s’est installé en 1985. Il crée immédiatement son atelier volailles de Bresse AOC sur 5 ha, découpé en 17 parcelles et produisant alors 3.000 volailles annuellement. En 1988, il décide d’arrêter son activité salariale pour se consacrer pleinement à ses 12.000 volailles/an. Sa surface grimpe rapidement pour atteindre 93 ha de SAU en 2001 (17.000 volailles/an), dont 65 ha sont cultivés en céréales. Dessus, 22 ha sont dédiés à l’alimentation des volailles. 24 autres hectares sont des surfaces en prairies dont 19 ha pour la volaille. En 2010, sa production a atteint 21.060 volailles mises en place (MEP). Ses ventes se font en totalité à des abattoirs. Jean-Vincent Mathieu de chez Meyret à Simard était d’ailleurs présent. Il expliquait l'accord avec le syndicat des éleveurs et tous les abatteurs. Ce dernier vise à déterminer le coût moyen éleveur et « sécuriser la marge » des deux maillons de la filière. Meyret marge « entre 35 et 45 % » pour reprendre en ce moment les poulets AOC à 4,24 €.
Pour l’exploitation, cela a représenté plusieurs investissements : 20 bâtiments, un broyeur mélangeur (en copropriété à 6 éleveurs), un parcours électrifié et grillagé, un réseau d’eau et de voirie, une distributrice (Dussau 2008) et 2.700 places en épinette. Les bâtiments déplaçables évitent aussi « de sortir à la main le fumier ».
Une marge de 2,50 €/volaille
Mais les résultats économiques sont là. L’atelier volailles de Bresse dégage, pour l’exercice 2010, une marge nette de 52.652 €, soit 2,50 €/volaille MEP. Dans le détail, après avoir mis en place 21.060 poussins, Thierry Jalley connaît environ 8 % de perte. « Je mets avec les poussins des pintadeaux qui sont des sortes d'avertisseurs des prédateurs (renards, corneilles, palombes...). J'ai surtout la chance d'avoir sur la commune des chasseurs qui font du bon boulot ».
Au final, ce sont 19.543 volailles qui ont été commercialisées en 2010. Ses charges variables correspondent pour 1,30 € (achat d’un poussin et vaccins), pour 0,10 € de cotisation AOC avec la bague. Il faut ensuite compter 1,30 kg d’aliment "démarrage" par volaille soit 0,54 € et 9 kg pour l’aliment "croissance" soit 1,44 €. Le coût de son alimentation produit à la ferme est estimé à 160 €/tonne. Ne produisant pas de lait, Thierry Jalley en rajoute 0,69 kg/volaille MEP, soit 0,75 €. La prophylaxie (0,41 €/volaille), la désinfection (0,10 €), le chauffage, l’eau, l’électricité, la paille, les analyses sanitaires correspondent en tout à 0,42 €/volaille MEP.
Au total en 2010, ses charges variables sont égales à 5,06 € par poussin mis en place. Alors qu'une structure Cabiss de 60 m2 peut revenir à 7.200 € équipée (lanternau...), avec sa structure autoconstruite (4.500 € en tubes de serre maraichère, bâches camion...), Thierry Jalley gagne 30 % d'énergie l'hiver (12 cm de laine de verre) avec un seul radian même lorsque la bise (vent du nord) souffle. « Je n'ai pas installé de portes automatiques car j'aime bien faire le tour de mes bâtiments et avoir un œil dessus », explique l'éleveur qui aime être sur le terrain.
Un produit de 187.757 €
Passant ensuite aux charges fixes, la location de terrain (1.471 €), les assurances matériels et multirisques élevages (3.200 €), l’entretien (3.500 €), le carburant (2.100 €), les charges d’amortissement (9.500 €) et les cotisations MSA (8.771 €) aboutissent à un total de 28.542 € pour l’exercice 2010.
Pour payer tout cela, il y a les ventes produits. Les poulets ont un prix de reprise de 4,201 €/kg vif soit 9,60 € par volaille. Si on multiplie par les 19.543 volailles commercialisées, on atteint 187.757 € vendus. Thierry Jalley n’a plus qu’à retrancher à cela ses charges variables (106.563 €) et fixes (28.542 €) pour arriver à sa marge nette de 52.652 € pour 21.060 volailles mises en place en 2010. Ce qui lui donne une marge nette moyenne de 2,50 € par volaille MEP. L’exploitation est imposée au réel.
71 heures pour 500 volailles
Il faut dire que les résultats techniques de Thierry Jalley et son épouse sont plutôt bons. Le poids à 35 jours grimpe entre 680 à 700 g pour une durée d’élevage de 19,71 semaines (138 j) pour un poulet. Le GMQ est de 18,36 g/j et le poids moyen des poulets est de 2,535 kg vif. 9,53 % des poulets sont déclassés qui sont écoulés à l’aide d’une « grande famille et beaucoup d’amis », souriait Thierry Jalley.
La production de volailles de Bresse reste exigeante en main d’œuvre puisqu’il faut compter 71 heures travaillées pour 500 volailles. La moyenne du CIVB est d’habitude aux alentours de 100 heures. Il faut compter 3 heures pour la préparation des bâtiments, 20 minutes par jour pour la phase de démarrage (du 1er au 35e jour), 15 minutes/jour durant la phase de croissance et 6 heures pour un lot de 500 volailles pour les opérations de mise en épinettes, désonglage et baguage. La finition représente ensuite 30 minutes/jour, l’enlèvement 3 heures/500 volailles et le nettoyage du bâtiment (enlèvement litière, nettoyage) et des épinettes (nettoyage) respectivement 3 heures et 2 heures 30 pour 500 volailles produites. L'intérêt de la mécanisation est manifeste et l'effet de l'exploitation aussi. « Ma fille et ma femme participent aux travaux. Nous avons copié un charriot à épinette chez Meyret et cela nous enlève des peines énormes », concluait Thierry Jalley.
En étroite collaboration avec la chambre d’agriculture du Jura, et en présence d’élèves de Montmorot (Jura), la porte ouverte chez Thierry Jalley, éleveur à Sens-sur-Seille, attirait quelques intéressés. L’éleveur leur faisait faire le tour du propriétaire.
Une progression constante
Après l’obtention de son Bepa et en tant que double actif, Thierry Jalley s’est installé en 1985. Il crée immédiatement son atelier volailles de Bresse AOC sur 5 ha, découpé en 17 parcelles et produisant alors 3.000 volailles annuellement. En 1988, il décide d’arrêter son activité salariale pour se consacrer pleinement à ses 12.000 volailles/an. Sa surface grimpe rapidement pour atteindre 93 ha de SAU en 2001 (17.000 volailles/an), dont 65 ha sont cultivés en céréales. Dessus, 22 ha sont dédiés à l’alimentation des volailles. 24 autres hectares sont des surfaces en prairies dont 19 ha pour la volaille. En 2010, sa production a atteint 21.060 volailles mises en place (MEP). Ses ventes se font en totalité à des abattoirs. Jean-Vincent Mathieu de chez Meyret à Simard était d’ailleurs présent. Il expliquait l'accord avec le syndicat des éleveurs et tous les abatteurs. Ce dernier vise à déterminer le coût moyen éleveur et « sécuriser la marge » des deux maillons de la filière. Meyret marge « entre 35 et 45 % » pour reprendre en ce moment les poulets AOC à 4,24 €.
Pour l’exploitation, cela a représenté plusieurs investissements : 20 bâtiments, un broyeur mélangeur (en copropriété à 6 éleveurs), un parcours électrifié et grillagé, un réseau d’eau et de voirie, une distributrice (Dussau 2008) et 2.700 places en épinette. Les bâtiments déplaçables évitent aussi « de sortir à la main le fumier ».
Une marge de 2,50 €/volaille
Mais les résultats économiques sont là. L’atelier volailles de Bresse dégage, pour l’exercice 2010, une marge nette de 52.652 €, soit 2,50 €/volaille MEP. Dans le détail, après avoir mis en place 21.060 poussins, Thierry Jalley connaît environ 8 % de perte. « Je mets avec les poussins des pintadeaux qui sont des sortes d'avertisseurs des prédateurs (renards, corneilles, palombes...). J'ai surtout la chance d'avoir sur la commune des chasseurs qui font du bon boulot ».
Au final, ce sont 19.543 volailles qui ont été commercialisées en 2010. Ses charges variables correspondent pour 1,30 € (achat d’un poussin et vaccins), pour 0,10 € de cotisation AOC avec la bague. Il faut ensuite compter 1,30 kg d’aliment "démarrage" par volaille soit 0,54 € et 9 kg pour l’aliment "croissance" soit 1,44 €. Le coût de son alimentation produit à la ferme est estimé à 160 €/tonne. Ne produisant pas de lait, Thierry Jalley en rajoute 0,69 kg/volaille MEP, soit 0,75 €. La prophylaxie (0,41 €/volaille), la désinfection (0,10 €), le chauffage, l’eau, l’électricité, la paille, les analyses sanitaires correspondent en tout à 0,42 €/volaille MEP.
Au total en 2010, ses charges variables sont égales à 5,06 € par poussin mis en place. Alors qu'une structure Cabiss de 60 m2 peut revenir à 7.200 € équipée (lanternau...), avec sa structure autoconstruite (4.500 € en tubes de serre maraichère, bâches camion...), Thierry Jalley gagne 30 % d'énergie l'hiver (12 cm de laine de verre) avec un seul radian même lorsque la bise (vent du nord) souffle. « Je n'ai pas installé de portes automatiques car j'aime bien faire le tour de mes bâtiments et avoir un œil dessus », explique l'éleveur qui aime être sur le terrain.
Un produit de 187.757 €
Passant ensuite aux charges fixes, la location de terrain (1.471 €), les assurances matériels et multirisques élevages (3.200 €), l’entretien (3.500 €), le carburant (2.100 €), les charges d’amortissement (9.500 €) et les cotisations MSA (8.771 €) aboutissent à un total de 28.542 € pour l’exercice 2010.
Pour payer tout cela, il y a les ventes produits. Les poulets ont un prix de reprise de 4,201 €/kg vif soit 9,60 € par volaille. Si on multiplie par les 19.543 volailles commercialisées, on atteint 187.757 € vendus. Thierry Jalley n’a plus qu’à retrancher à cela ses charges variables (106.563 €) et fixes (28.542 €) pour arriver à sa marge nette de 52.652 € pour 21.060 volailles mises en place en 2010. Ce qui lui donne une marge nette moyenne de 2,50 € par volaille MEP. L’exploitation est imposée au réel.
71 heures pour 500 volailles
Il faut dire que les résultats techniques de Thierry Jalley et son épouse sont plutôt bons. Le poids à 35 jours grimpe entre 680 à 700 g pour une durée d’élevage de 19,71 semaines (138 j) pour un poulet. Le GMQ est de 18,36 g/j et le poids moyen des poulets est de 2,535 kg vif. 9,53 % des poulets sont déclassés qui sont écoulés à l’aide d’une « grande famille et beaucoup d’amis », souriait Thierry Jalley.
La production de volailles de Bresse reste exigeante en main d’œuvre puisqu’il faut compter 71 heures travaillées pour 500 volailles. La moyenne du CIVB est d’habitude aux alentours de 100 heures. Il faut compter 3 heures pour la préparation des bâtiments, 20 minutes par jour pour la phase de démarrage (du 1er au 35e jour), 15 minutes/jour durant la phase de croissance et 6 heures pour un lot de 500 volailles pour les opérations de mise en épinettes, désonglage et baguage. La finition représente ensuite 30 minutes/jour, l’enlèvement 3 heures/500 volailles et le nettoyage du bâtiment (enlèvement litière, nettoyage) et des épinettes (nettoyage) respectivement 3 heures et 2 heures 30 pour 500 volailles produites. L'intérêt de la mécanisation est manifeste et l'effet de l'exploitation aussi. « Ma fille et ma femme participent aux travaux. Nous avons copié un charriot à épinette chez Meyret et cela nous enlève des peines énormes », concluait Thierry Jalley.