8e congrès d'Aprovalbois
La filière innove
Dans le droit fil du 7e congrès Bois et Forêts consacré aux innovations
produits, Aprovalbois a accueilli 280 participants à son 8e congrès Bois
et Forêts organisé le 24 novembre à Dijon. Dernière partie de notre rétrospective, le thème de l’innovation qui
n’avait pas été épuisé en 2009 figurait de nouveau à l’ordre du jour.
produits, Aprovalbois a accueilli 280 participants à son 8e congrès Bois
et Forêts organisé le 24 novembre à Dijon. Dernière partie de notre rétrospective, le thème de l’innovation qui
n’avait pas été épuisé en 2009 figurait de nouveau à l’ordre du jour.
La quatrième table ronde du Congrès d'Aprovalbois s'intéressait aux innovations et les ruptures qu'elles peuvent provoquer. Pierre Mauchamp, pdg de la structure du même nom, suscitait le questionnement avec une intervention futuriste dénommée "Des puces dans le bois". « L’innovation de rupture modifie profondément les habitudes des
utilisateurs tout en s’accompagnant d’un bouleversement
technologique. L’innovation dont je vais vous parler consiste à placer ce
type de badge sur les grumes en remplacement des plaquettes forestières. Avantages : fiabilisation des approvisionnements, contrôle renforcé des flux, amélioration de la traçabilité des bois de la forêt au parc à grumes, temps de gestion et de contrôle diminué, moins de suspicion dans les relations fournisseurs‐clients. Il y avait trois obstacles à surmonter : la technologie RFID était méconnue dans la filière, les ondes radio n’aiment pas l’eau or nous travaillons dans des conditions difficiles, et à 5€ l’unité, la puce RFID coûtait trop cher. Tous ces problèmes ont été résolus. Aujourd’hui, les grands acteurs comme l’ONF, les coopératives, les scieurs et transformateurs y voient un intérêt. La technologie a fait des progrès considérables : les puces embarquent plus d’informations, désormais elles résistent à des conditions extrêmes et utilisent un matériau biodégradable compatible avec l’industrie papetière. Et nous avons assisté à une chute logarithmique des prix qui en font une solution acceptable. La puce du futur coûtera 60 centimes. Son avenir est rose. Nous montons en Bourgogne un cluster traçabilité/RFID et grâce au site pilote de la scierie Ducerf, nous réaliserons dans les prochains mois des tests d’utilisation de la puce RFID de la forêt au parc ». L'internet des objets (IOT) est donc en train de conquérir la chaîne logistique discrètement à l'ombre des forêts françaises...
Comment prédire la qualité
Mais en attendant, la démocratisation de ces puces RFID (bientôt NFC pour d'autres produits, ndlr), Jean‐Michel Leban, directeur de l'ENSTIB, s'interrogeait sur comment prédire la qualité d’une grume, d’un billon, d’un sciage ? « À la fin des années 80, nous avons commencé à
travailler sur la résistance mécanique des bois. Le labo a eu
l’occasion d’acheter un scanner médical dans lequel nous avons fait
passer un billon de chêne. Nous avons
visualisé l’intérieur du bois et ses défauts. Aujourd’hui, des scieries en Finlande commencent à utiliser ces outils pour optimiser le processus de transformation. Cela va sûrement constituer un saut qualitatif. Le feuillu est moins utilisé en France car il n’a pas les qualités géométriques des résineux ; l’usage de scanners favorisera peut être son usage dans la construction ».
Succédant à Jacques Ducerf, le nouveau président d'Aprovalbois Jean‐Philippe Bazot donnait d'ores-et-déjà rendez‐vous en 2013 aux congressistes, en rappelant que « Le précédent congrès "Innover pour ne pas subir" nous avait permis de jeter les bases d’un club de l’innovation : Innovabois. À l’occasion du prochain congrès, en 2013, j’espère vous apporter la preuve de réalisations concrètes ». Le programme s'annonce révolutionnaire...
Forêt : sanctuaire ou production ?
La troisième table ronde cherchait les moyens pour réussir à communiquer pour faire admettre la nécessité d’une forêt de production. Gérard Mermet, sociologue, expliquait que « depuis 10 ans, nous avons connu des changements qui n’ont aucun équivalent et cela engendre des peurs et des méfiances. Pour les Français, la forêt représente une permanence, un lien avec la nature qui s’est effrité. En face de cette image, il y a la forêt utilisée industriellement qui se transforme en meuble, en papier, en objets divers. Il faut montrer que la forêt est abondante et qu’elle peut être exploitée. Les
Français n’ont pas la culture de la maison en bois mais c’est quelque chose qui les intéresse. Pour l’avenir de la filière, il faudra être capable de réconcilier des choses qui apparaissent contradictoires mais ne le sont pas : la nature et la culture, le fait que la forêt est une source de détente et une ressource industrielle, réconcilier souvenir et avenir, récréation et création au sens d’innovation. L’image est favorable, l’attente du public est très forte et le bois est
un matériau polysensoriel qui éveille ou réveille tous les sens.Vous
devez aussi insister sur le fait que cette ressource est renouvelable.
Les
Français, de plus en plus consommateurs de bois, sont suffisamment adultes pour comprendre qu’on ne peut pas garder des arbres millénaires et que l’exploitation ne dégrade pas le parc forestier en France ».
utilisateurs tout en s’accompagnant d’un bouleversement
technologique. L’innovation dont je vais vous parler consiste à placer ce
type de badge sur les grumes en remplacement des plaquettes forestières. Avantages : fiabilisation des approvisionnements, contrôle renforcé des flux, amélioration de la traçabilité des bois de la forêt au parc à grumes, temps de gestion et de contrôle diminué, moins de suspicion dans les relations fournisseurs‐clients. Il y avait trois obstacles à surmonter : la technologie RFID était méconnue dans la filière, les ondes radio n’aiment pas l’eau or nous travaillons dans des conditions difficiles, et à 5€ l’unité, la puce RFID coûtait trop cher. Tous ces problèmes ont été résolus. Aujourd’hui, les grands acteurs comme l’ONF, les coopératives, les scieurs et transformateurs y voient un intérêt. La technologie a fait des progrès considérables : les puces embarquent plus d’informations, désormais elles résistent à des conditions extrêmes et utilisent un matériau biodégradable compatible avec l’industrie papetière. Et nous avons assisté à une chute logarithmique des prix qui en font une solution acceptable. La puce du futur coûtera 60 centimes. Son avenir est rose. Nous montons en Bourgogne un cluster traçabilité/RFID et grâce au site pilote de la scierie Ducerf, nous réaliserons dans les prochains mois des tests d’utilisation de la puce RFID de la forêt au parc ». L'internet des objets (IOT) est donc en train de conquérir la chaîne logistique discrètement à l'ombre des forêts françaises...
Comment prédire la qualité
Mais en attendant, la démocratisation de ces puces RFID (bientôt NFC pour d'autres produits, ndlr), Jean‐Michel Leban, directeur de l'ENSTIB, s'interrogeait sur comment prédire la qualité d’une grume, d’un billon, d’un sciage ? « À la fin des années 80, nous avons commencé à
travailler sur la résistance mécanique des bois. Le labo a eu
l’occasion d’acheter un scanner médical dans lequel nous avons fait
passer un billon de chêne. Nous avons
visualisé l’intérieur du bois et ses défauts. Aujourd’hui, des scieries en Finlande commencent à utiliser ces outils pour optimiser le processus de transformation. Cela va sûrement constituer un saut qualitatif. Le feuillu est moins utilisé en France car il n’a pas les qualités géométriques des résineux ; l’usage de scanners favorisera peut être son usage dans la construction ».
Succédant à Jacques Ducerf, le nouveau président d'Aprovalbois Jean‐Philippe Bazot donnait d'ores-et-déjà rendez‐vous en 2013 aux congressistes, en rappelant que « Le précédent congrès "Innover pour ne pas subir" nous avait permis de jeter les bases d’un club de l’innovation : Innovabois. À l’occasion du prochain congrès, en 2013, j’espère vous apporter la preuve de réalisations concrètes ». Le programme s'annonce révolutionnaire...
Forêt : sanctuaire ou production ?
La troisième table ronde cherchait les moyens pour réussir à communiquer pour faire admettre la nécessité d’une forêt de production. Gérard Mermet, sociologue, expliquait que « depuis 10 ans, nous avons connu des changements qui n’ont aucun équivalent et cela engendre des peurs et des méfiances. Pour les Français, la forêt représente une permanence, un lien avec la nature qui s’est effrité. En face de cette image, il y a la forêt utilisée industriellement qui se transforme en meuble, en papier, en objets divers. Il faut montrer que la forêt est abondante et qu’elle peut être exploitée. Les
Français n’ont pas la culture de la maison en bois mais c’est quelque chose qui les intéresse. Pour l’avenir de la filière, il faudra être capable de réconcilier des choses qui apparaissent contradictoires mais ne le sont pas : la nature et la culture, le fait que la forêt est une source de détente et une ressource industrielle, réconcilier souvenir et avenir, récréation et création au sens d’innovation. L’image est favorable, l’attente du public est très forte et le bois est
un matériau polysensoriel qui éveille ou réveille tous les sens.Vous
devez aussi insister sur le fait que cette ressource est renouvelable.
Les
Français, de plus en plus consommateurs de bois, sont suffisamment adultes pour comprendre qu’on ne peut pas garder des arbres millénaires et que l’exploitation ne dégrade pas le parc forestier en France ».