La sécheresse gagne du terrain et les éleveurs bovins tirent une nouvelle fois la sonnette d'alarme. Réunie le 7 juillet avec la FDSEA de Saône-et-Loire, la Fédération nationale bovine (FNB) estime que la situation devient critique dans de nombreux élevages et appelle les pouvoirs publics à agir rapidement.
Le constat dressé sur l'exploitation du Gaec de Chaussée à Saint-Firmin, chez Céline et Florian Lacour, support de la conférence de presse illustre une réalité désormais largement partagée. Dans cet élevage de 135 vaches charolaises conduit par deux associés mari et femme, la récolte de fourrages accuse déjà un déficit de plus de 60 tonnes de foin. Les éleveurs ont commencé à distribuer leurs stocks aux animaux restés au pré, alors que l'été ne fait que commencer.
Pour le syndicat, la succession des épisodes caniculaires et l'installation progressive de la sécheresse font peser une menace directe sur l'autonomie alimentaire des élevages. Patrick Benezit, Cédric Mandin et Guillaume Gauthier de la FNB ont rappellé que 35 départements sont aujourd'hui placés en situation de crise sécheresse et s'inquiète des conséquences économiques qui en découlent. Elle dénonce notamment toute tentative des opérateurs de profiter du contexte climatique pour exercer une pression à la baisse sur les prix des bovins. Un « stratagème » qui, selon elle, « doit s'interrompre ».
Au-delà de l'urgence climatique, le syndicat remet également en cause le fonctionnement du dispositif de gestion des risques. Il regrette le manque de transparence autour de l'indice de pousse des prairies (IPP), utilisé pour les indemnisations, ainsi que l'absence d'accès aux données de l'Observatoire national de la pousse de l'herbe. Dans ces conditions, la FNB doute que les pertes réellement subies sur le terrain puissent être correctement prises en compte.
Face à cette situation, la Fédération nationale bovine demande la réunion rapide des commissions départementales d'expertise afin de confronter les résultats de l'indice satellite aux observations réalisées dans les exploitations. Elle appelle également la ministre de l'Agriculture à engager sans attendre le processus d'indemnisation des producteurs. Pour son président, Patrick Benezit, « l'urgence de la situation prévaut » et seules des expertises de terrain permettront d'apporter une réponse adaptée à une année qu'il qualifie déjà de « catastrophique » pour les éleveurs.
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