La FNSEA face au défi de la responsabilité et du récit
Le 13 avril 1946 marquait la naissance de la FNSEA, issue d’une scission interne de la Confédération générale de l’agriculture. Alors que le syndicat s'apprête à franchir le cap de ses huit décennies, l'heure n'est plus seulement au souvenir, mais à l'analyse d'une trajectoire qui a épousé toutes les transformations sociales et économiques de la France.
Comme l’a souligné l'historien Édouard Lynch lors du congrès de la FNSEA à Caen, l’histoire de la FNSEA est indissociable d'une recherche constante de l’unité, incarnée par le Serment de l’Unité paysanne chère à Eugène Forget, premier président de la FNSEA. Mais cette unité a été souvent bousculée par des dissidences, qu’elles viennent du Comité de Guéret en 1953 ou plus tard de la Fédération française de l’agriculture qui deviendra Coordination rurale.De la modernisation à la « cogestion » en questionLe syndicalisme majoritaire s’est construit sur un processus de filiation, notamment avec la Jeunesse agricole catholique (JAC), s'affirmant contre les notables pour porter la deuxième révolution agricole. Cette période, marquée par le passage à un modèle agro-industriel dans les années 70-80, a permis une baisse du coût de l’alimentation et une explosion des exportations. C’est aussi l’époque où est apparu le concept de « cogestion » lors de la première conférence annuelle agricole au début des années 1970. Si ce terme exprime la puissance du syndicat face aux enjeux financiers et de recherche, il est aujourd’hui perçu par certains comme un stigmate, synonyme d'...
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