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Agrioccasions, les occasions agricoles
Structures laitières

La France a perdu 50 % de ses producteurs en 15 ans

Depuis 1995, le nombre de producteurs de lait ne cesse de diminuer au
rythme de 5.000 livreurs en moins tous les ans... Les formes sociétaires
contrôlent désormais près des trois quarts de la production.
Par Publié par Cédric Michelin
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Selon les chiffres de FranceAgriMer pour la campagne 2010-2011, la France comptait 78.362 exploitations laitières qui produisaient 24 milliards de litres de lait de vache, soit une référence moyenne par producteur de 320.000 litres.
Depuis la mise en place des quotas laitiers la restructuration de l’élevage s’est poursuivie à la vitesse grand V. Le nombre d’exploitations livrant au moins 80 % de leur production à une laiterie n’a cessé de se réduire. Il est passé de 370.000 en 1984 à 150.000 en 1995 et à moins de 76.000 aujourd’hui. Il a diminué de 50 % au cours des 15 dernières années, ce qui représente 5.000 producteurs en moins tous les ans...
Dans le même temps, la référence laitière moyenne des producteurs n’a cessé de progresser. Entre 1995 et 2006, elle a augmenté de 8.000 litres par an en moyenne. Depuis 2007, elle s’est accentuée du fait de l’augmentation du quota national programmée par la réforme de la Pac, oscillant entre 16.000 et 25.000 litres de lait supplémentaire par an et par exploitation. Toutefois, la référence moyenne de 318.417 litres au niveau national masque une très forte hétérogénéité des situations individuelles, la référence pouvant atteindre dans certains cas plus de deux millions de litres.
En 2010, près de la moitié des exploitations produisaient plus de 300.000 litres et représentaient les deux tiers de la référence nationale. Désormais, seules les exploitations dont la référence dépasse 360.000 litres progressent en nombre. Les autres ont fortement décliné, notamment celles en dessous de 180.000 litres. La catégorie 300.000/360.000 litres, à son apogée en 2008 et 2009 semble amorcer à son tour un virage en 2010, avec pour la première fois, une réduction de ses effectifs.

41.000 Gaec et Earl



Avec plus de plus de 20.000 Gaec et presque autant d’EARL, les formes sociétaires dominent désormais le paysage laitier avec 54 % des effectifs. Certes leur nombre semble aujourd’hui se stabiliser, voire décroître légèrement, à cause d’une érosion des Gaec observée depuis 2006 et même depuis l’an dernier des EARL.
Dans le même temps, le nombre d’exploitations individuelles n’a cessé de reculer. Et si elles représentent 42 % des exploitations laitières, elles ne couvrent que 26 % de la production, l’essentiel de la collecte étant réalisé par les Gaec (41 %) et les EARL (28 %). Les SCEA représentant pour leur part 2.000 exploitations environ, soit près de 4 % des effectifs et 5 % de la production.
Quant à la répartition géographique des exploitations laitières entre zone de plaine et zone de montagne et défavorisée, elle a peu varié depuis 15 ans. La plaine regroupe 63 % des exploitations, soit un peu plus de 78.000 et assure 69 % de la référence nationale. Depuis 1995, le nombre de livreurs a également diminué en plaine et en zone défavorisée respectivement de 50 et 52 %, mais on observe un moindre recul en montagne (-44 %) qui s’explique en partie par une meilleure valorisation des produits dans des territoires peu propices à d’autres activités.
Dans la nouvelle configuration des neuf bassins laitiers désormais opérationnels à partir du 1er avril, le Grand Ouest arrive largement en tête avec 33% de la référence nationale, loin devant la Normandie (14,5 %) et le Grand Est (14,4 %) et surtout le Centre, en dernière position à 2 %.