Cap 2013
La FRSEA en ordre de marche
La dernière assemblée générale de la FRSEA Bourgogne a représenté un tournant important pour le syndicalisme agricole. En prenant date le 29 avril dernier, la FRSEA a marqué sa volonté d’être un partenaire incontournable dans la définition et la conduite de la future politique agricole régionale, en lien direct avec les partenaires territoriaux et les représentants de l’Etat.
Les propos d’Yves Bonnot, président de la FRSEA Bourgogne, ont été sans ambiguïté « la FRSEA doit définir les lignes politiques qui détermineront l’avenir de l’agriculture dans la région Bourgogne, pour que tous ensemble nous passions le cap de 2013. Et il y a de quoi se remonter ses manches si l’on ne veut pas rater le train, après il sera trop tard. La Bourgogne, région intermédiaire, doit montrer l’exemple, pour faire évoluer les réglementations inadaptées, souvent inacceptables, pour investir dans le travail contractuel avec la grande distribution, pour redonner des lignes directrices à notre agriculture régionale ».
Redonner du sens, retrouver du revenu…
Et pour soutenir ce message volontariste, la FRSEA organisait à l’occasion de son assemblée générale, le 29 avril dernier à Pouilly-en-Auxois, une table ronde sur un thème : "Quel avenir durable pour l’agriculture bourguignonne ?". Après l’exposé très précis de François Roze, conseiller technique à la chambre d’agriculture de la Nièvre qui a « planté le décor », les enjeux sont apparus plus clairement et les questions se sont faites plus précises. Comment redonner de la visibilité aux agriculteurs, soutenir le revenu, redonner du sens au prix des produits, faire entendre la voix de tous ceux qui sont au centre des enjeux de demain, parce qu’ils sont d’abord et avant tout des entrepreneurs du vivant ?
Le durable, c’est d’abord le long terme
Etaient invités à apporter des éléments de réponse Clément Faurax de la FNSEA, co-rédacteur du rapport d’orientation présenté lors du dernier congrès à Saint-Malo, Christophe Monot, agriculteur et président de la commission Aménagement des territoires et agriculture du Comité économique social et environnement de Bourgogne (CESE), et Jacques Rebillard, vice-président du conseil régional. Difficile en moins d’une heure de répondre à une question aussi complexe, mais chacun a pu apporter sa contribution à la réflexion d’ensemble.
Le "durable" ne doit pas être ici entendu dans son sens « environnemental », mais dans son sens littéral : le durable, c’est le long terme… Clément Faurax l’a tout de suite précisé, car la volatilité des prix des produits et le manque de visibilité en terme de revenu créent de l’incertitude. C’est l’une des raisons « du moral en berne » des agriculteurs relevé par Yves Bonnot. La réponse de la FNSEA, a rappelé Clément Faurax, c’est la croissance durable. Le rapport d’orientation défend la capacité de rebond de notre agriculture, qui a un avenir parce qu’elle est diverse, dans ses pratiques comme dans ses formes et dans ses productions. Les moyens de la croissance durable ce sont l’organisation économique, la complémentarité entre les filières (animales et végétales), la contractualisation, des outils de gestion économiques pour lisser le revenu, un vrai pacte sur l’environnement avec la société… Enfin, il s’agit autant d’être acteur du changement que de susciter des partenariats et des synergies dans un monde agricole qui doit retrouver toute sa légitimité. L’agriculture vit un changement d’époque qui implique un vrai changement de « culture » agricole.
Nécessaires adaptations
Le rapport et les préconisations du CESE, exposés par Christophe Monot, ont fait écho à ces premières réflexions, en les resituant dans le contexte particulier de l’agriculture bourguignonne. La comparaison des principaux systèmes - bovins allaitants, grandes cultures, viticulture - traduit une première réalité : tandis que les uns sont plutôt soumis à des aléas conjoncturels, les autres - en bovins allaitants notamment - font l’objet de problèmes structurels complexes. La sortie du tunnel peut être facilitée par des économies de charges, une meilleure autonomie alimentaire, de nouvelles transversalités à initier, une attention renouvelée aux charges de mécanisation, des contractualisations dans un esprit gagnant-gagnant avec l’aval. La leçon étant qu’il n’y a pas de modèle unique et que la réussite des schémas d’adaptation ne dépendra pas uniquement de l’extérieur, mais aussi et surtout de la capacité du monde agricole et de ses acteurs à faire évoluer les modèles existants.
Du concret
Partenaire de l’agriculture régionale sans avoir la compétence agricole, le conseil régional soutient ces ambitions à la mesure de ses moyens. Son président François Patriat étant convaincu que « jamais on n’a autant eu besoin de l’agriculture alors qu’elle n’a jamais été autant vilipendée ». Pour la première fois aussi, par manque de moyens suffisants, le soutien de l’Etat fait défaut au monde agricole qui doit trouver sa capacité de rebond en lui-même. Jacques Rebillard a rappelé le travail sur les circuits courts et rassuré quant à la volonté du conseil régional d’accompagner les mutations en cours et de soutenir ce pan important de l’économie régionale.
« Ensemble », c’est le mot qui est souvent revenu dans les propos du président de la FRSEA et des participants à la table ronde. C’est aussi ce qui ressort des rapports et des préconisations de la FNSEA comme du CESE. Les uns et les autres s’appuient sur les réalités du terrain pour proposer des solutions concrètes. Ils méritent toute l’attention de ceux pour lesquels ils ont été établis.
Redonner du sens, retrouver du revenu…
Et pour soutenir ce message volontariste, la FRSEA organisait à l’occasion de son assemblée générale, le 29 avril dernier à Pouilly-en-Auxois, une table ronde sur un thème : "Quel avenir durable pour l’agriculture bourguignonne ?". Après l’exposé très précis de François Roze, conseiller technique à la chambre d’agriculture de la Nièvre qui a « planté le décor », les enjeux sont apparus plus clairement et les questions se sont faites plus précises. Comment redonner de la visibilité aux agriculteurs, soutenir le revenu, redonner du sens au prix des produits, faire entendre la voix de tous ceux qui sont au centre des enjeux de demain, parce qu’ils sont d’abord et avant tout des entrepreneurs du vivant ?
Le durable, c’est d’abord le long terme
Etaient invités à apporter des éléments de réponse Clément Faurax de la FNSEA, co-rédacteur du rapport d’orientation présenté lors du dernier congrès à Saint-Malo, Christophe Monot, agriculteur et président de la commission Aménagement des territoires et agriculture du Comité économique social et environnement de Bourgogne (CESE), et Jacques Rebillard, vice-président du conseil régional. Difficile en moins d’une heure de répondre à une question aussi complexe, mais chacun a pu apporter sa contribution à la réflexion d’ensemble.
Le "durable" ne doit pas être ici entendu dans son sens « environnemental », mais dans son sens littéral : le durable, c’est le long terme… Clément Faurax l’a tout de suite précisé, car la volatilité des prix des produits et le manque de visibilité en terme de revenu créent de l’incertitude. C’est l’une des raisons « du moral en berne » des agriculteurs relevé par Yves Bonnot. La réponse de la FNSEA, a rappelé Clément Faurax, c’est la croissance durable. Le rapport d’orientation défend la capacité de rebond de notre agriculture, qui a un avenir parce qu’elle est diverse, dans ses pratiques comme dans ses formes et dans ses productions. Les moyens de la croissance durable ce sont l’organisation économique, la complémentarité entre les filières (animales et végétales), la contractualisation, des outils de gestion économiques pour lisser le revenu, un vrai pacte sur l’environnement avec la société… Enfin, il s’agit autant d’être acteur du changement que de susciter des partenariats et des synergies dans un monde agricole qui doit retrouver toute sa légitimité. L’agriculture vit un changement d’époque qui implique un vrai changement de « culture » agricole.
Nécessaires adaptations
Le rapport et les préconisations du CESE, exposés par Christophe Monot, ont fait écho à ces premières réflexions, en les resituant dans le contexte particulier de l’agriculture bourguignonne. La comparaison des principaux systèmes - bovins allaitants, grandes cultures, viticulture - traduit une première réalité : tandis que les uns sont plutôt soumis à des aléas conjoncturels, les autres - en bovins allaitants notamment - font l’objet de problèmes structurels complexes. La sortie du tunnel peut être facilitée par des économies de charges, une meilleure autonomie alimentaire, de nouvelles transversalités à initier, une attention renouvelée aux charges de mécanisation, des contractualisations dans un esprit gagnant-gagnant avec l’aval. La leçon étant qu’il n’y a pas de modèle unique et que la réussite des schémas d’adaptation ne dépendra pas uniquement de l’extérieur, mais aussi et surtout de la capacité du monde agricole et de ses acteurs à faire évoluer les modèles existants.
Du concret
Partenaire de l’agriculture régionale sans avoir la compétence agricole, le conseil régional soutient ces ambitions à la mesure de ses moyens. Son président François Patriat étant convaincu que « jamais on n’a autant eu besoin de l’agriculture alors qu’elle n’a jamais été autant vilipendée ». Pour la première fois aussi, par manque de moyens suffisants, le soutien de l’Etat fait défaut au monde agricole qui doit trouver sa capacité de rebond en lui-même. Jacques Rebillard a rappelé le travail sur les circuits courts et rassuré quant à la volonté du conseil régional d’accompagner les mutations en cours et de soutenir ce pan important de l’économie régionale.
« Ensemble », c’est le mot qui est souvent revenu dans les propos du président de la FRSEA et des participants à la table ronde. C’est aussi ce qui ressort des rapports et des préconisations de la FNSEA comme du CESE. Les uns et les autres s’appuient sur les réalités du terrain pour proposer des solutions concrètes. Ils méritent toute l’attention de ceux pour lesquels ils ont été établis.