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Agrioccasions, les occasions agricoles
Vente du troupeau du Gaec de la Natouze

La génétique saône-et-loirienne très prisée !

Mercredi dernier, plusieurs centaines d’éleveurs venus de toute la France ont assisté à la vente du cheptel montbéliard du Gaec de la Natouze. Tous les animaux ont trouvé preneur pour un prix moyen de 2.271 €. La génétique et le prestige de ce troupeau saône-et-loirien ont valu quelques belles envolées aux enchères.
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Le 4 avril, le Gaec de la Natouze procédait à la vente publique de son troupeau laitier. Une vente organisée par les OPA départementales, Global et Coop’Évolia en tête. Comme le confiait l’un des responsables du groupement, ce genre de vente était une première. Suite à l’arrêt de l’activité laitière du Gaec, tout un cheptel montbéliard était à vendre, soit près de 150 animaux. Un évènement dont l’écho s’est répandu bien au-delà des seules frontières départementales. Toutes les grandes zones d’élevage de la montbéliarde étaient représentées : Ain, Doubs, Haute-Saône, Jura, Isère, Rhône, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Haute-Savoie, Côte-d’Or, Yonne… Des éleveurs des Vosges et même de Seine-Maritime figuraient parmi les acquéreurs et un éleveur du Nord avait fait le déplacement !

Prestigieuse famille Upas


Plusieurs centaines de personnes se sont ainsi retrouvées à Boyer. Il faut dire que le troupeau du Gaec bénéficiait d’une renommée prestigieuse. Ces dernières années, l’élevage avait fait naître quelques-uns des meilleurs sujets de la race avec notamment la famille d’Upas, fille de Mic Mac, meilleur index de la race en 2008 (201 points d’ISU). Véritable fleuron du schéma de sélection, Upas a été mise à profit pour produire 160 embryons. Elle a donné 31 filles de haute valeur génétique ainsi que 17 fils entrés en station Umotest. Parmi eux deux sont en testage, dont Coconuts, fils de Redon. C’est sans nul doute ce prestige génétique qui a attiré les foules. Des acheteurs connaisseurs, pour la plupart possesseurs eux-mêmes d’excellents troupeaux à près de 9.000 litres de moyenne, et désireux d’acquérir une ou plusieurs descendantes des illustres souches du Gaec de la Natouze.

7.100 € pour une mère à taureaux


Le matin de la vente, 54 femelles étaient à la vente "sous pli cacheté" et 23 autres montbéliardes étaient aux enchères l’après-midi. Toutes ont trouvé preneur à un prix moyen de 2.271 €. Aux enchères, la moyenne des vaches était de 3.311 € ; celle des génisses 2.842 €. Les bêtes les plus chères ont atteint 5.600, 6.000 et 7.100 € (deux filles d’Upas et une fille de Triomphe). Sous plis cachetés, la moyenne était de 1.930 € avec des tarifs allant de 1.410 à 2.862 €. Aucun animal n’a eu de mal à trouver preneur et pour les meilleurs sujets, les enchères ont été particulièrement animées.
C’est un éleveur du Jura –près de Dole– qui a acquis la femelle la plus chère : 7.100 € pour une fille d’Upas par Tilleul, dotée d’un excellent index génomique. M. Degay de l’EARL de la Louvière confiait avoir ainsi voulu acquérir une nouvelle souche (celle d’Upas). « Je recherchais une mère à taureaux, ce qui n’est pas évident à trouver. Mon fils qui vient de s’installer commence les concours. Avec cette nouvelle femelle, nous ferons des embryons ». Une autre fille d’Upas par Tilleul partira pour le Massif de la Chartreuse.

La meilleure génisse reste en Saône-et-Loire


18 animaux sont tout de même restés en Saône-et-Loire, et pas des moindres. Il en est ainsi de la deuxième vache la plus chère de la vente : Grandeur FR, une fille de Triomphe/Redon/Linou, à 151 d’index génomique et classée 8e au niveau national parmi les très nombreuses filles de Triomphe, précisaient les spécialistes. Cette femelle a été acquise 6.000 € par un groupe d’éleveurs : le Gaec Galloche de Châtenoy-le-Royal, le Gaec d’Amont de Pierre-de-Bresse, le Gaec du Bois Chavet de Saint-Germain-du-Bois et le Gaec des Agrons de Thurey. Un animal d’exception qui devrait être exploité à bon escient pour diffuser largement cette prestigieuse génétique dans le département.

Moment émouvant


Au terme de cette journée particulière, les organisateurs pouvaient être satisfaits. Les trente années de sélection accomplies sur ce troupeau ont été bien valorisées. Une réussite qui est tout de même le reflet d’un certain prestige pour la Saône-et-Loire. Le cheptel proposé aux enchères constituait une véritable vitrine de la génétique montbéliarde saône-et-loirienne. La réussite de cette vente ne peut que donner de la fierté aux éleveurs laitiers du département. Mais dans les têtes, tous –éleveurs, techniciens, témoins divers– ont tout de même eu un pincement au cœur en assistant à cet épilogue.
Au terme de la vente, un moment émouvant n’a pas pu être évité lorsque Gilbert Bontemps a pris le micro pour remercier acheteurs et organisateurs. Des mots touchants suivis d’un vibrant hommage de la part des filles de Gilbert. Silencieuse et émue, la foule a finalement applaudi longuement l’éleveur.



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