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Agrioccasions, les occasions agricoles
Sécheresse

La paille sera dans toutes les étables cet hiver

Premier bilan positif pour les opérations paille. Globalement les disponibilités sont suffisantes pour faire face aux besoins des éleveurs. La question qui est posée aujourd’hui est plutôt d’ordre logistique : faire en sorte que les pailles disponibles sortent des champs et arrivent dans de bonnes conditions chez les éleveurs. Interview de Luc Smessaert, membre du bureau de la FNSEA, représentant la FNSEA à la cellule logistique sécheresse au ministère des Transports.
Par Publié par Cédric Michelin
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- Quel premier bilan tirez-vous des opérations paille ?
Luc Smessaert :
Je ne puis que me féliciter du formidable élan de solidarité entre les agriculteurs pour acheminer la paille des départements céréaliers, vers les zones d’élevage et faire face aux situations d’urgence. De nombreux céréaliers ont renoncé à broyer leurs pailles pour les réserver aux éleveurs de façon à ce qu’ils puissent garder leurs troupeaux et éviter la décapitalisation.

- Les objectifs de mobiliser 1,5 million de tonnes de paille sera-t-il atteint ?
LS :
L’objectif de 1,5 million de tonnes a été revu à la baisse. Les transferts de paille seront plutôt de l’ordre de 1 million de tonnes, dont 600 000 tonnes sur longue distance. La pluie qui vient d’arriver a amené à revoir les objectifs à la baisse.

Après la sécheresse exceptionnelle équivalente à celle de 1976, nous avons des conditions de récolte exécrables. Les pluies perturbent la moisson, ce qui rend aussi le pressage difficile. Le haut des meules de pailles ne peut plus être destiné à l’alimentation des animaux. Bien entendu, les bonnes pailles leur seront réservées, les autres seront orientées vers les litières et les champignonnières.

- Ces conditions météo défavorables ne compromettent elles pas les opérations de solidarité ?
LS :
Pas du tout. Simplement on se doit de presser la paille le plus vite possible pour préserver la qualité et pour libérer les champs de façon à procéder au travail du sol pour les emblavements de colza notamment. La première urgence est donc que les terres soient libérées et que les meules de pailles soient dressées en bout de champ et même si possible ailleurs. Nous travaillons d’ailleurs à trouver des lieux de stockage, à proximité.

Notre second défi est de mener ces pailles à bon port. Le train qui représentera 40 000 T (8 %) étant plutôt réservé aux transports sur longue distance, surtout dans les zones où les camions ont du mal à trouver du fret retour pour optimiser le coût.

Coté transport routier nous avons mobilisé les organisations de transporteurs et nous avons pu obtenir l’accès aux trois bourses de fret (B2pweb, Nolis et Télé route). L’idée étant toujours de récupérer du fret retour pour limiter le coût.

- Vous êtes donc confrontés à des difficultés de logistique…
LS :
Effectivement, c’est aujourd’hui le problème numéro un. Grâce à la mobilisation de la FNSEA, nous avons pu obtenir que les péages soient gratuits et les autorisations nécessaires pour circuler le week-end. J’espère que l’accord sera donné pour les week-ends de septembre comme nous l’avons demandé à la cellule logistique qui s’est réuni le 5 août. Les opérations paille se poursuivront jusqu’à l’automne.

Même si des difficultés peuvent apparaître ici ou là, ces opérations paille n’auraient pu avoir lieu sans la formidable mobilisation du réseau FNSEA et de tous les agriculteurs qui ont dépensé beaucoup d’énergie et ont fait preuve d’un remarquable esprit de solidarité pour amener la paille dans les meilleures conditions chez les éleveurs.

Je crois pouvoir dire qu’aucune autre profession n’aurait été capable de mobiliser autant d’énergie et de s’investir de cette façon dans des opérations du même type.

Oui malgré tous les problèmes (météo, pressage, transport, gares impossibles..) nous allons réussir la plus grande opération paille et la précieuse paille sera dans toutes les étables cet hiver.