Accès au contenu
Seconde moisson, Matériel agricole, Bourgogne Franche Comté
Vendanges 2012

« La plus faible depuis 1991 »

A l’heure où les vendanges commencent, la profession s’inquiète des
faibles volumes de la récolte. Une inquiétude évoquée lors de la
rencontre avec le ministre de l’Agriculture le 30 août. Autre sujet
abordé lors de cette réunion : la suppression des droits de plantation. Interview de Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA et président du conseil viticole de FranceAgriMer.
Par Publié par Cédric Michelin
124854--2034viti.JPG
La récolte est faible cette année, quelles sont les conséquences pour la filière viticole ?

J.D :
Nous allons connaître la récolte la plus faible depuis 1991 mais elle sera de qualité. Nous sommes déjà en dessous des prévisions avec 42,5 millions d’hectolitres prévus contre 51 millions d’hectolitres l’année dernière. En moyenne, la production se situe autour de 46 millions d’hectolitres. Objectivement, cette situation ne doit pas créer de tensions négatives sur le marché. Notre problème est que nous avons toujours des frais fixes, des charges supplémentaires et notre production sera plus faible. Après les vendanges, nous referons un point avec le ministre sur le plan conjoncturel. Néanmoins, nous avons du stock et nous en avons besoin, ils devraient orienter les marchés à la hausse. Mais, il faut être vigilant car nous devons gérer les stocks et les placer. La gestion doit se faire de façon intelligente entre la filière et les pouvoirs publics.

Quels sont les facteurs de cette faible récolte ?

J.D :
Ce sont des facteurs essentiellement climatiques : du gel cet hiver, des épisodes de grêle très importants et quelques maladies cryptogamiques (mildiou par exemple) qui ont attaqué le vignoble. Au moment de la fleur, on a assisté à un avortement des baies et des grappes. En plus, la canicule de ces dernières semaines a accentué la diminution de la récolte. Les aléas climatiques ont été présents dans tous les bassins de production.

[WEB]Dans votre exploitation, quelle est la situation ?

J.D : J’ai attaqué les vendanges. Par rapport à l’année dernière, qui était une bonne récolte, je suis à 40% voir 50 % de moins. Sur une année moyenne, je suis entre 20 et 30 % de moins, donc c’est significatif. Les conditions climatiques peuvent encore avoir des impacts car nous ne sommes qu’en début de vendanges.
[/WEB]


Droits de plantation




Etes-vous satisfaits de la réaction du ministre sur la question des droits de plantation ?

J.D :
La création d’une plateforme commune entre les quatre plus gros pays producteurs de vin est très positive. Jusqu’alors nous étions en train de patiner sur l’état d’avancement des travaux du Groupe à haut niveau. J’ai le sentiment que la Commission européenne essaye de diviser les Etats membres. Le fait que le ministre de l’Agriculture réaffirme l’introduction des droits de plantation à partir du 1er janvier 2016 sur l’ensemble des segments du marché est une première. Si cette offensive là peut permettre de recentrer le Groupe à haut niveau, c’est un élément positif.

Si les droits de plantation sont maintenus, souhaitez-vous qu’ils soient sur le même modèle que celui actuel ?

J.D :
Nous souhaitons que les droits de plantation soient un élément de régulation du marché. Ils ne doivent pas être un frein à la compétitivité. Pour cela, il faut que les Etats membres puissent gérer les droits de plantation dans les différents bassins de production. La gestion doit être plus moderne au regard des indicateurs économiques. Pour réfléchir à cette gestion, un groupe de travail va être mis en place à FranceAgriMer courant octobre. Pour l’instant, notre but est d’obtenir une réintroduction des droits de plantation pour le 1er janvier 2016 et de donner un droit de subsidiarité aux Etats membres.