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Agrioccasions, les occasions agricoles
Crise bovine

La preuve par le revenu...

85 % à 88 % du Smic, voilà ce qu’a gagné, en moyenne, en 2009, un
éleveur de vaches allaitantes. L’Institut de l’élevage, en lien avec les
chambres d’agriculture, s’est penché sur les coûts de production en
élevage allaitant. Les conclusions montrent, entre autres, que, pour
payer leurs charges, les éleveurs rognent sur la rémunération de leur
travail. « Il manque entre 20 et 25 % sur le prix moyen de la viande payé
aux producteurs pour atteindre une rémunération de 1,5 Smic
», estime
l’Institut.
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« Une production qui ne paye pas son homme », telle pourrait être la conclusion des deux études sur les coûts de production en viande bovine, menées par l’Institut de l’élevage en lien avec les chambres d’agriculture. À partir des réseaux d’élevage Cantal, Lozère, Aveyron et Haute-Loire ainsi que Midi-Pyrénées et Aude, l’Institut de l’élevage a travaillé sur 90 élevages, avec les chiffres de l’année 2009. Pour la zone du Massif Central, pour que l’éleveur soit rémunéré l’équivalent de 1,5 Smic, il devra vendre sa viande 2,62 €/kg vif. Or, « le prix de vente réel obtenu sur cette campagne est de 2,09 € par kg vif. Par conséquent, il n’a pas permis de couvrir la totalité du coût de production de l’atelier ». Même constat pour la zone Aude/Midi-Pyrénées : pour couvrir son coût de production et dégager 1,5 Smic, l’éleveur devrait vendre à 3,12 €/kg vif. Or, le prix de campagne a été de 2,56 €/kg vif cette année-là...
Dans les deux régions, la rémunération du travail est inférieure à un Smic (0,85 Smic par unité de main-d’oeuvre pour le Massif Central et 0,88 Smic pour Aude/Midi-Pyrénées). Dans le calcul de ce coût de production, le poste le plus lourd est la mécanisation (21 à 23 %), après la rémunération du travail fourni (28 à 29 %). À noter également l’importance du nombre d’exploitations où le travail bénévole perdure : 40 % pour le Centre, 60 % pour le Sud-ouest.

Bâtiment, frais d’élevage et travail, des postes incompressibles


Quel poste du coût de production l’éleveur pourrait-il améliorer selon lui ? Cette question posée par l’Institut de l’élevage a reçu des réponses variées, mais globalement, la majorité disent « ne pas pouvoir agir » sur les coûts liés aux bâtiments, aux frais d’élevage et au travail.
Une majorité d’éleveur considèrent qu’ils pourront « agir de façon modeste » sur la production brute de viande et sur la mécanisation. Près de 10 % des éleveurs disent pouvoir « agir de façon importante » sur le poste Approvisionnement des animaux (achat de concentré et fourrage). Pour la zone du Massif Central, « 17 % disent n’avoir aucun levier d’amélioration à portée de main dans le contexte de leur système de production », selon l’Institut. En zone Aude/Midi-Pyrénées, le chiffre se monte à 13 %. L’Institut de l’élevage propose cependant « quelques pistes d’amélioration » à la fin de ses deux études, lesquelles sont disponibles sur son site internet (www.instelevage.asso.fr).



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