Calamités agricoles
La procédure est lancée
les 16 et 17 juin derniers, la mission d'enquête Calamités agricoles a parcouru, du nord au sud, d'est en ouest, le département pour constater - et ce à la demande de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs - la réalité et l'ampleur des dégâts. La procédure est lancée.
Dans le cadre de l’annonce du ministre de l’Agriculture d’abonder l’enveloppe du fonds de calamité avec des acomptes prévus pour septembre, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire ont demandé à l'administration départementale d'entreprendre sans délai les démarches auprès de l’administration pour obtenir au plus vite des arrêtés de reconnaissance de calamités. Le dossier est suivi par Pierre Villard et Robert Martin.
Les 16 et 17 juin derniers, une dizaine d’exploitations sinistrées représentatives des dégâts pouvant faire l’objet d’une reconnaissance éventuelle ont ainsi fait l’objet d’une visite de la mission d'enquête conduite par la DDT 71. L’objectif est clair : obtenir pour l'ensemble du département la reconnaissance au titre des calamités agricoles et la possibilité ainsi pour les
agriculteurs éligibles de déposer des demandes d’indemnisation à hauteur des pertes bien réelles.
Les visites d’exploitation ont nettement confirmé que l’ensemble du département de Saône-et-Loire était touché par la sécheresse printanière : le déficit hydrique a été souligné par l’ensemble des éleveurs, lesquels évoquaient des taux de perte pour la production fourragère allant de 40 % à 75 % ! Partout, on note un rendement catastrophique sur les récoltes de foin, avec moins d'une tonne par hectare.
Toutefois, deux zones peuvent être distinguées sur le département au regard des stocks réalisés à la date de l'enquête :
- la Bresse, et plus globalement la rive gauche de la Saône, où les taux de perte se situent entre 35 et 60 % ;
- le reste du département, à l'ouest de la Saône, où les taux de perte se situent entre 55 et 75 %.
Au vu des visites sur les parcelles dans ces deux zones, les récoltes de deuxième coupe apparaissent d'ores et déjà comme très largement compromises, voire nulles, tant celles-ci sont désormais consacrées au pâturage, pire quand les animaux ne sont pas déjà alimentés au pré. Et cela, quand une pousse est constatée... Par ailleurs, pour les fauches de première coupe, et notamment pour les parcelles engagées dans les MAE fauche tardive, la pratique du déprimage n’a fait qu’accentuer les pertes.
Ces visites - notamment dans l'ouest - ont vu de nombreux éleveurs accompagner la mission d'enquête. A cette occasion, d’autres remarques ont été formulées par les éleveurs.
Premier sujet abordé, les soucis de trésorerie qui nécessitent une intervention rapide de l’Etat (avancement du paiement des aides Pac et acompte sécheresse) pour permettre de financer les commandes de fourrage pour l’hiver. En l’absence de stock hivernal, des situations catastrophiques ne manqueront pas de voir le jour cet hiver... Pour alléger les trésoreries, la demande d’une "année blanche" au niveau des emprunts a été réclamée par de nombreux éleveurs.
Les éleveurs ont alerté les représentants de l'administration départementale sur les conséquences d'une décapitalisation du cheptel, laquelle décapitalisation est en cours, entraînant des moins-values importantes. Il fut aussi question des probables conséquences sur la fertilité et la reproduction des vaches mères, comme cela avait été constaté en 2003.
Partout, une inquiétude sur les disponibilités en fourrage, leur coût et leur transport a été émise, d'autant que, contrairement à 2003, le coût des aliments concentré est nettement plus élevé. Ainsi, par exemple, un aliment à 15 % de protéine coûte près de 250 € la tonne cette année, contre 150 € la tonne en 2003...
Il fut aussi question des conséquences sur les investissements en cours, des retards pouvant générer des pertes de subvention. Les éleveurs ont plaidé en faveur d'allégements sur le renouvellement des prairies naturelles et temporaires, sur les contrôles conditionnalité... Bien évidemment, il fut aussi question des campagnols (rats taupiers) et des dégâts conséquents sur les cultures (lire à ce sujet notre édition du 10 juin en page 2)...
Plusieurs éleveurs se sont aussi inquiétés de la baisse de disponibilité de l’eau dans les points d’abreuvement naturel, certains éleveurs étant contraints d’apporter de l’eau dans les pâtures ; ils souhaitent un allégement des taxes d’assainissement sur l’eau destinée à l’abreuvement des animaux. Quant aux éleveurs diversifiés (laitiers, chevriers, polyculteurs-éleveurs, hors-sol); ces derniers ont fait part de leurs craintes sur le mode de calcul déterminant le seuil de perception des indemnités et qui est inadapté à leurs types de productions.
Les 16 et 17 juin derniers, une dizaine d’exploitations sinistrées représentatives des dégâts pouvant faire l’objet d’une reconnaissance éventuelle ont ainsi fait l’objet d’une visite de la mission d'enquête conduite par la DDT 71. L’objectif est clair : obtenir pour l'ensemble du département la reconnaissance au titre des calamités agricoles et la possibilité ainsi pour les
agriculteurs éligibles de déposer des demandes d’indemnisation à hauteur des pertes bien réelles.
Des pertes
sérieusesLes visites d’exploitation ont nettement confirmé que l’ensemble du département de Saône-et-Loire était touché par la sécheresse printanière : le déficit hydrique a été souligné par l’ensemble des éleveurs, lesquels évoquaient des taux de perte pour la production fourragère allant de 40 % à 75 % ! Partout, on note un rendement catastrophique sur les récoltes de foin, avec moins d'une tonne par hectare.
Toutefois, deux zones peuvent être distinguées sur le département au regard des stocks réalisés à la date de l'enquête :
- la Bresse, et plus globalement la rive gauche de la Saône, où les taux de perte se situent entre 35 et 60 % ;
- le reste du département, à l'ouest de la Saône, où les taux de perte se situent entre 55 et 75 %.
Au vu des visites sur les parcelles dans ces deux zones, les récoltes de deuxième coupe apparaissent d'ores et déjà comme très largement compromises, voire nulles, tant celles-ci sont désormais consacrées au pâturage, pire quand les animaux ne sont pas déjà alimentés au pré. Et cela, quand une pousse est constatée... Par ailleurs, pour les fauches de première coupe, et notamment pour les parcelles engagées dans les MAE fauche tardive, la pratique du déprimage n’a fait qu’accentuer les pertes.
Inquiétudes multiples...
Ces visites - notamment dans l'ouest - ont vu de nombreux éleveurs accompagner la mission d'enquête. A cette occasion, d’autres remarques ont été formulées par les éleveurs.
Premier sujet abordé, les soucis de trésorerie qui nécessitent une intervention rapide de l’Etat (avancement du paiement des aides Pac et acompte sécheresse) pour permettre de financer les commandes de fourrage pour l’hiver. En l’absence de stock hivernal, des situations catastrophiques ne manqueront pas de voir le jour cet hiver... Pour alléger les trésoreries, la demande d’une "année blanche" au niveau des emprunts a été réclamée par de nombreux éleveurs.
Les éleveurs ont alerté les représentants de l'administration départementale sur les conséquences d'une décapitalisation du cheptel, laquelle décapitalisation est en cours, entraînant des moins-values importantes. Il fut aussi question des probables conséquences sur la fertilité et la reproduction des vaches mères, comme cela avait été constaté en 2003.
Partout, une inquiétude sur les disponibilités en fourrage, leur coût et leur transport a été émise, d'autant que, contrairement à 2003, le coût des aliments concentré est nettement plus élevé. Ainsi, par exemple, un aliment à 15 % de protéine coûte près de 250 € la tonne cette année, contre 150 € la tonne en 2003...
Il fut aussi question des conséquences sur les investissements en cours, des retards pouvant générer des pertes de subvention. Les éleveurs ont plaidé en faveur d'allégements sur le renouvellement des prairies naturelles et temporaires, sur les contrôles conditionnalité... Bien évidemment, il fut aussi question des campagnols (rats taupiers) et des dégâts conséquents sur les cultures (lire à ce sujet notre édition du 10 juin en page 2)...
Plusieurs éleveurs se sont aussi inquiétés de la baisse de disponibilité de l’eau dans les points d’abreuvement naturel, certains éleveurs étant contraints d’apporter de l’eau dans les pâtures ; ils souhaitent un allégement des taxes d’assainissement sur l’eau destinée à l’abreuvement des animaux. Quant aux éleveurs diversifiés (laitiers, chevriers, polyculteurs-éleveurs, hors-sol); ces derniers ont fait part de leurs craintes sur le mode de calcul déterminant le seuil de perception des indemnités et qui est inadapté à leurs types de productions.