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Agrioccasions, les occasions agricoles
Rentrée agricole 2011/2012

La question de la compétitivité

Avec l’élection présidentielle de 2012 et la réforme de la Pac en ligne
de mire, la FNSEA choisit en cette rentrée de concentrer ses efforts sur
l’amélioration de la compétitivité de la Ferme France en 2011/2012. Il y en a grand besoin...
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L’été s’achève sur l’installation d’une grave crise dans les filières de production de fruits et légumes et sur la poursuite des convois de paille en direction des éleveurs touchés par la sécheresse printanière et éreintés par une crise qui n'en finit plus... Dans ce contexte, la FNSEA a donné ses priorités pour l’année 2011/2012. Et la première d’entre elles, qui est « en haut de la pile », a insisté Xavier Beulin, président, c’est la compétitivité de l’agriculture française ! En la matière, Bruno Le Maire, lui, vient de confirmer que François Fillon s’engageait à tout faire pour atteindre, au 1er janvier 2012, l’objectif d’une réduction d’1 € du coût horaire du travail permanent dans la filière fruits et légumes. Cette réduction du coût du travail permanent pour le secteur des fruits et légumes se chiffrerait pour l’Etat à 300-350 millions d’€. Un premier pas, mais qui ne résoudra pas les problèmes de fond.
Le différentiel de coût de main-d’œuvre dans les abattoirs, entre la France et l’Allemagne, est par exemple de 20 % en faveur de nos voisins allemands. « Le sujet de l’emploi est majeur », a rappelé le président de la FNSEA. Majeur pour que les agriculteurs français puissent regagner quelques points de compétitivité vis-à-vis de leurs homologues d’autres Etats-membres de l’Union comme l’Espagne, l’Allemagne ou les Pays-Bas...

Plateforme de revendications


Cette question de l’amélioration de la compétitivité de la Ferme France fera partie des sujets essentiels qu’une future plateforme du monde agricole français - créée le 15 novembre prochain - portera auprès des candidats à l’élection présidentielle du printemps 2012. Mais sur ce point, Xavier Beulin ne souhaite « pas multiplier les pistes d’action », ajoutant au combat sur l’allègement du coût du travail celui de la mise en place d’une TVA sociale sur les produits d’importation qui ne respecteraient pas les normes sociales, sanitaires et environnementales européennes. Cette plateforme agricole de revendications pour 2012 défendra également les sujets de l’innovation et de la recherche, ainsi que celui de l’entreprise agricole, sa fiscalité et ses outils possibles de gestion des risques.
Par ailleurs, la FNSEA a indiqué qu’elle défendra aussi le sujet de la compétitivité de l’agriculture française dans le cadre des discussions sur la réforme de la Pac post 2013. Les propositions législatives de la Commission européenne à ce sujet sont annoncées pour novembre. Ensuite, les discussions au sein et entre les différentes institutions européennes (Parlement, Commission, Conseil) débuteront.


La TVA sociale comme arme anti-chômage


Réagissant à la nouvelle dégradation de l'emploi en France, la FNSEA réclame une politique fiscale pour faire reculer le chômage. « Pour le 3e mois consécutif, les chiffres du chômage sont mauvais. Plus de 36.000 demandeurs d'emplois supplémentaires en juillet ! Dans ce contexte, les secteurs employeurs de main-d'œuvre doivent pouvoir s'engager pleinement dans la lutte contre le chômage », commente-t-elle qui cite à ce propos les secteurs des fruits et légumes, des viandes, de la viticulture et de l'horticulture notamment, « vrais gisements d'emplois et très sensibles au coût du travail ». La FNSEA prône l'application d'une mesure fiscale efficace et dynamisante : la TVA sociale que certains appellent également TVA anti-délocalisations, et cela « depuis 1999 ». « L'actualité ne fait que renforcer ce combat », souligne-t-elle.




Sécheresse


Les transports de paille pour aider les éleveurs touchés par la sécheresse printanière, vont durer jusqu’à la fin de cette année, selon la FNSEA. Un million de tonnes de paille ont été contractualisées depuis le début de l’été mais seulement 25 % de ces volumes ont été acheminés, 50 % pour ce qui concerne la Saône-et-Loire. Concernant l’indemnisation des pertes liées à la sécheresse, au titre du Fonds des calamités agricoles, le montant global de l’indemnisation se chiffrerait aujourd’hui à 300-350 millions d’€. Le versement d’un premier acompte a été confirmé par le gouvernement, mais celui-ci promis à 30 € au 15 septembre pourrait n'être que de 9 à 12 € et... début octobre ! De quoi mettre en colère les éleveurs ! La FNSEA espère aussi obtenir pour les départements reconnus en calamités, une exonération partielle ou totale de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB).





Verdissement de la Pac

Le même pour tout le monde


Après les premières fuites, cet été, au sujet des propositions législatives de la Commission sur la future Pac, la FNSEA réagit en souhaitant « le même verdissement pour tout le monde », c’est-à-dire pour tous les Etats-membres de l’Union européenne. Puis, dans un second temps, elle souhaite que les mesures communautaires préconisées puissent être ajustées au niveau de chaque Etat-membre.