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Agrioccasions, les occasions agricoles
Massif d'Uchon

La reconnaissance en "Zone de montagne"

Vendredi 8 avril dernier, la nouvelle tombait : les onze communes du massif d'Uchon - pour tout ou partie - étaient enfin reconnues en Zone de montagne. Une belle victoire pour le département qui illustre plus que jamais la nécessité de travailler, pour les uns comme pour les autres, en commun.
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Dès qu'il a appris la nouvelle, Luc Jeannin, président de l'USC de Mesvres et tout nouveau vice-président de la FDSEA pour l'arrondissement d'Autun, ne cachait pas sa joie : « nous sous estimons trop souvent l'impact des diverses actions que nous pouvons mener dans le syndicalisme Je suis heureux que nous ayons abouti positivement dans ce dossier de fond. L'unité de tous dans une même direction prouve une fois encore son efficacité ». De la joie, mais aussi le soulagement de voir une injustice historique enfin réparée.
Ce dossier de fond, Luc Jeannin avait tenu à le relancer avec Didier Talpin, président de l'USC de Saint-Léger-sous-Beuvray. Tout a en effet commencé lors de l'assemblée générale des USC de Mesvres et de Saint-Léger le 6 janvier 2009 où les deux présidents sollicitent Christian Gillot, conseiller général de Mesvres, pour relancer la demande de reconnaissance en Zone de montagne du massif d'Uchon. « Cette demande était motivée par la remise en cause par l'Europe des 2/3 des zones défavorisées de notre département de Saône-et-Loire à l'horizon 2014 et les situations financières alarmantes des exploitations les plus exposées aux handicaps naturels », se souvient Luc Jeannin.
En mars 2009 à La Tagnière, une première réunion de travail rassemblait bon nombre d'élus et de responsables professionnels en présence de Claude Dulamon, sous-préfète d'Autun ce qui a permis à la chambre d'agriculture et à la DDAF d'examiner la situation. « Nous avons alors décidé de saisir l'opportunité des élections européennes pour sensibiliser plusieurs candidats de partis politiques différents pour leur montrer la réalité des handicaps auxquels nous sommes confrontés chaque jour sur nos exploitations ». Puis vint le déplacement organisé par l'USC à Strasbourg, la rencontre avec Joseph Daul, ancien syndicaliste paysan et actuel président du PPE... A chaque fois, les syndicalistes agricoles du massif d'Uchon remettent le dossier sur la table.

Des réalités éloquentes...



De fait, sur les communes concernées, beaucoup de parcelles sont en forte pente et situées entre 400 et 500 mètres d’altitude ; le climat y est plus rude qu’en plaine. Enfin, la qualité même des sols - très acides et granitiques - nécessite un apport d’amendement conséquent. Quant aux deux tentatives précédentes de reconnaissance en Zone de montagne, elles ont échoué principalement en raison de la non contiguïté du massif d’Uchon avec un territoire déjà reconnu en Zone de montagne, en l’occurrence le Morvan. Or, dans certaines autres régions, d’autres communes sont de fait classées en Zone de montagne alors même qu’elles ne sont pas contiguës à un massif déjà classé...
Cet argument sera porté par les élus des communes du canton, par les conseillers généraux, Edith Perraudin, Thomas Thévenoud et Christian Gillot, le député Jean-Paul Anciaux et le député européen Arnaud Danjean. Chacun faisant fi de son appartenance politique a travaillé pour faire avancer ce qui s'est imposé comme une juste cause.
Aux côtés de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs, la chambre d’agriculture et la direction départementale de l’Agriculture - devenue depuis direction départementale des Territoires - se mobilisent également. Bref, le dossier fait l'unanimité.
Christian Gillot le soulignera, dès samedi matin, alors qu'il rassemblait les maires et les responsables agricoles des onze communes concernées pour faire le point. Il se félicitait sans réserve de cet aboutissement, « fruit d'un travail quotidien en lien étroit avec le syndicalisme agricole »[WEB], soulignant à quel point l'unité et les efforts de tous avaient été essentiels dans ce dossier : de la sous-préfète comme du préfet de Saône-et-Loire au ministre de l'Agriculture, du président de l'Association nationale des élus de la montagne aux députés européens Stéphane Le Foll, Arnaud Danjean, Michel Dantin, Christophe Béchu et José Bové, des députés Didier Mathus et Jean-Paul Anciaux en passant encore par le président du conseil général, Arnaud Montebourg, et celui du conseil régional, Christian Patriat[/WEB]
L'union a fait la force et nous avons là « une belle victoire syndicalo-politico-administrative », pour reprendre l'expression de Bernard Lacour, secrétaire général de la FDSEA.

Dès 2011



« Il nous fallait nous battre pour faire reconnaître la spécificité du massif d’Uchon et des communes qui l’entourent. Les enjeux financiers sont très forts pour nos exploitations agricoles, mais aussi toute l’activité du milieu rural », se remémore Luc Jeannin.
De fait, et comme le rappellera Christian Gillot, « ce sont au total 20.400 hectares et 133 exploitations agricoles qui sont concernées par cette reconnaissance ».
Et une bonne nouvelle ne venant jamais seule, pour tous les exploitants concernés, « la majoration des aides sera applicable pour les dossiers de la Pac 2011 déposés avant le 16 mai prochain », se félicitait de son côté Jean-Paul Anciaux qui a aussi beaucoup œuvré à l'aboutissement du dossier.
Reste que « si le massif d'Uchon est une première victoire, il faut désormais travailler à l'extension des périmètres de montagne autour des zonages reconnus », évoquaient les élus.
Affaire à suivre. Un nouveau dossier serait-il aujourd’hui remis en selle ?


La zone reconnue


Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire, a validé le classement de onze communes ou parties de communes des cantons de Mesvres et de Montcenis (massif d’Uchon) en Zones agricoles défavorisées dites de montagne. L’arrêté du 31 mars 2011 portant classement de communes ou parties de communes en zones défavorisées a ainsi été publié au Journal officiel de la République française du 8 avril 2011. Cette décision ministérielle définit les territoires des communes ou parties de communes - tels que définit sur un zonage précis (consultable sur Agri71.fr) - classés en zone de montagne et ce à compter du 8 avril.
Cela concerne dans leur intégralité les communes de Broye, de La Chapelle-sous-Uchon, d'Uchon et de Saint-Symphorien-de-Marmagne. Cela concerne aussi - et pour un zonage bien précis - partie des communes de Brion, Mesvres, La Tagnière, Dettey, Saint-Eugène, Marmagne et Charmoy.
La zone reconnue Zone de montagne est consultable sur le site Internet Agri71.fr.












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