La réflexion est lancée
De fait, comme le rappelait alors Christian Decerle, président, « face à une population mondiale en croissance régulière, l’agriculture est de plus en plus attendue pour sa fonction première qui est de nourrir les hommes. Parce qu’elle figure parmi les plus vastes départements agricoles de France et qu’elle demeure en tête, malgré une baisse significative ces deux dernières années, du nombre d’exploitants installés, la Saône-et-Loire a un rôle majeur, une place importante à occuper ».
Des enjeux bien réels
Dans ce contexte et alors que « nous sommes à la porte de grands bassins de consommation, mais aussi très bien situés le long de voies de communication majeures », chacun comprendra la place privilégiée que notre agriculture peut et doit occuper. « Alors que le dernier recensement agricole montre la perte d’un quart du nombre des actifs en une décennie, alors que la Politique agricole commune jette une grande incertitude sur le devenir de nos régions intermédiaires », poursuit le président de la chambre d’agriculture, « nous devons plus que jamais actionner chacun des leviers dont nous disposons et sur lesquels nous avons la main : une importante surface agricole, le savoir-faire des femmes et des hommes passionnés par leur métier, des produits de qualité, un tissu d’entreprises dynamiques, des bassins de consommation et de vie équilibrés, un milieu naturel préservé… Autant d’atouts qui doivent nous permettre de redessiner ensemble une agriculture ambitieuse, de bâtir un projet partagé pour peser dans les grandes décisions à venir ».
Imaginer et construire notre avenir
L’enjeu, chacun le saisit, est de taille. Il n’est ni plus, ni moins qu’au travers d’un vaste "brainstorming", un grand "remue-méninges" de notre agriculture, de ses acteurs et de ses partenaires, « d’imaginer et de construire ensemble l’avenir de notre agriculture, donc notre propre avenir », comme le reprenait fort justement Bernard Lacour, secrétaire général de la FDSEA, lors du dernier conseil d’administration, le 13 février dernier. Bernard Lacour s’investit dans ce travail. « Ce travail, j’y crois. Partout sur le terrain, nous ressentons le besoin des agriculteurs, des viticulteurs, de donner, ensemble, des orientations précises à notre profession, et plus globalement à nos territoires ruraux ». Et le secrétaire général de la FDSEA de rappeler l’attente qu’il y a sur le terrain autour de la question du Projet agricole départemental.
Une réflexion ouverte
Vendredi 10 février, éleveurs, viticulteurs, céréaliers, producteurs de légumes… Tous se sont mis autour de la table pour « partager une vision, créer un dialogue, un échange entre tous les acteurs de notre agriculture ».
La réflexion a été lancée en présence de Vincent Pacini, celui-là même qui avait remplacé, au pied levé et avec brio, Michel Godet, lors du 5e Rendez-vous de l’Agriculture à Chalon-sur-Saône. Pas moins de dix-huit groupes de travail ont été mis en place, avec une méthode de travail qui doit permettre « d’être le plus efficace possible », insiste Philippe Vuillot, le responsable du service économique et syndical de la FDSEA, qui s’investit, lui aussi, beaucoup dans cette vaste réflexion.
« Nous ne devons nous priver d’aucune personne, d’aucune réflexion, d’aucun avis », poursuit Bernard Lacour pour qui l’objectif est clairement « de mobiliser pour rassembler pour qu’à la fin, ce travail aboutisse à un positionnement consensuel, partagé, dégageant des lignes d’actions claires pour l’avenir ».
Vers du concret
« Nous devons sortir l’agriculture du confinement dans lequel certains aimeraient l’enfermer », complète Christian Decerle, pour qui ce travail constitue, à n’en pas douter, une vraie chance, une vraie opportunité pour notre profession et son avenir. Et d’espérer « un bon débat de terrain », qui permette « de jalonner les réflexions au travers d’une vision partagée par le grand nombre ».
Également fortement impliqués dans cette réflexion, les Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire y voient une opportunité « de redessiner, dans la sérénité et avec tous les acteurs concernés, une agriculture solide et ambitieuse, créatrice de valeur ajoutée, qui installe et renouvelle les générations, au travers d’exploitations viables et vivables ». David Bichet, leur président, se félicite ainsi « du pas de temps rapide imposé à la réflexion, moins de cinq mois, oblige à des résultats concrets ». Et c’est bien cela que chacun attend. Les regards se tournent dès lors vers le mois de mai prochain…
Les questions…
- de l’acte de production au consommateur, quels sont les facteurs clés de succès que nous devons maîtriser ?
- quelles sont les contraintes qui pèsent et entravent nos performances ?
- comment notre agriculture peut-elle rester un maillon de la performance de nos territoires, de leurs équilibres de vie ?
- quels axes de développement souhaitons-nous pour notre agriculture de Saône-et-Loire ?
Autant de questions qui attendent leurs réponses. Des réponses claires, précises, partagées entre tous les acteurs incriminés et qui nous permettent, demain, d’aborder l’avenir en confiance.
Les objectifs…
- partager une vision commune ; créer un dialogue, un échange entre tous les acteurs de l’agriculture, des territoires et de la ruralité ;
- initier des projets concrets ; développer de la valeur ajoutée sur nos territoires et de nouveaux débouchés ; améliorer les circuits de commercialisation ;
- aider au maintien des exploitations en place ; favoriser la création d’emplois, la formation et l’installation de jeunes ;
- préserver la diversité de notre agriculture ;
- produire toujours mieux ; intégrer les évolutions réglementaires et les attentes de la société concernant l’environnement et l’alimentation.