La riposte s’organise
renforcer leurs recherches sur cette nouvelle maladie par la Commission
européenne, laquelle dénonce par ailleurs les mesures de restrictions
imposées par certains pays tiers.
En France, l’Anses (agence de sécurité sanitaire des aliments) a été saisie par le ministère de l’agriculture pour évaluer l’impact de la maladie sur les élevages. L’agence a constitué un groupe d’experts qui rendra ses premières conclusions dans les prochains jours. L’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) devrait produire une évaluation à grande échelle des risques éventuels pour la santé sur la base de données des Etats membres dans les prochains mois.
L’Efsa a présenté, à l’occasion de cette réunion du SCFCAH, une analyse préliminaire sur les scénarii possibles de propagation du virus de Schmallenberg chez les ruminants. Il se transmet par vecteur (mouches, moustiques, tiques). « Toutefois, bien qu’elle soit peu probable, la possibilité d’une transmission directe d’animal à animal ne peut pas être exclue à ce stade », indique le rapport.
Les vecteurs n’étant pas actifs en période hivernale, les seuls symptômes de la maladie qui seront observés dans les prochains mois seront des déformations chez les nouveaux nés d’ovins (qui naissent entre décembre et février) et de bovins (naissance en mars avril).
Des mesures de restriction « injustifiées »
D’autre part, la Commission européenne a réitéré ses critiques envers les pays tiers qui ont imposé aux Etats membres touchés par le virus des restrictions à l’importation d’animaux vivants et de semences (Russie en tête, mais également Kazakhstan, Ukraine… et sans doute d’autres encore à l’avenir). Bruxelles considère que « ces mesures ne sont pas justifiées ». Pour la Commission, il n’y a, pour le moment, pas de raison d’inclure le virus de Schmallenberg à la liste des maladies devant faire l’objet d’une notification obligatoire auprès de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) - et donc pouvant faire l’objet de restrictions - car aucun des autres virus du même groupe ne sont dans ce cas.
De quoi parle-t-on ?
« Depuis quelques années, les progrès scientifiques ont permis d’être plus réactif dans la lutte contre les maladies infectieuses », explique l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire). De fait, l’émergence du virus de Schmallenberg est récente (les premiers symptômes ont été observés courant fin de l’été et de l’automne 2011) et pourtant les recherches ont déjà avancé. Le virus touche principalement les élevages ovins (92 %) et minoritairement les élevages bovins (4 %) et caprins (4 %). Les symptômes sont la fièvre, la chute de production et les diarrhées. Par ailleurs, « on ne connaît pas la proportion des animaux infectés qui donneront naissance à des animaux malformés mais cette proportion est probablement peu élevée », assure l’Anses. De fait, l’infection d’une mère n’entraîne pas systématiquement la naissance d’un veau infecté. Concernant la détection des animaux infectés, il reste encore à faire, mais les recherches avancent. « Actuellement, il n’existe pas de test sérologique rapide, simple à utiliser et permettant de traiter de nombreux sérums. Un seul test sérologique pour détecter le virus existe. Mais il est lourd, coûteux et long ». La mise au point d’un test plus simple et rapide à utiliser à plus grande échelle est une des priorités pour les chercheurs.