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Agrioccasions, les occasions agricoles
Christophe Millot - Wall-Ye

La robotique au service des vignerons

L'invention de Christophe Millot pourrait bien révolutionner le
travail des vignerons. Taille, tirage des bois, ébourgeonnage,
épamprage, vendange... son robot sera autonome et capable de
bien des choses. Sa commercialisation commence dans un mois.
Par Publié par Cédric Michelin
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Christophe Millot n'a rien d'un savant fou. C'est un informaticien surdoué, autodidacte, doublé d'un business-man averti. Il fut le premier en France à transformer les plans cadastraux des exploitations viticoles au format vectoriel pour permettre aux vignerons une utilisation pratique et rapide de son logiciel de lecture de cartes. Aujourd'hui, le logiciel fait office de carnet d'exploitation entièrement informatisé, et chaque vigneron peut avoir, sur son ordinateur, le cadastre de sa région. « C'est un outil qui facilite les échanges entre producteurs, qui ont ainsi une vision nette, précise et immédiate des périmètres et des caractéristiques géologiques des terrains ».
Une aubaine pour les groupements de vignerons qui n'avaient la possibilité jusqu'à maintenant que de faire appel aux services de la Direction Générale de impôts qui facture à un coût quinze fois supérieur la même prestation. « Impensable ! » estime Christophe Millot. Cerise sur le gâteau pour les viticulteurs, le prestataire avait fait le travail en deux mois quand, dit-il « l'administration fiscale fait ça en deux ans ». C'est là tout l'art d'un homme curieux et ingénieux que de provoquer des petites révolutions qui, au final, font faire de grands pas en avant.

Après l'informatique, la robotique


Sa prochaine invention est la suite logique du logiciel "Gismap trace" : il s'agira d'un petit robot de 20 kilos qui parcourra seul les champs de vigne. Équipé du cadastre en mémoire, il pourra donc aller là où le viticulteur le lui aura indiqué, pour faire avant tout de... l'épamprage. L'épamprage vise à débarrasser un cep de vigne des branches basses non fruitières. Avec en mémoire un algorithme de reconnaissance de forme, le petit robot sera capable de comprendre ce qu'il voit et d'agir, de calculer la grosseur des bois, la surface foliaire, les quantités de bourgeons...
Le second prototype de ce robot est prêt depuis quelques jours. L'unité de production est en passe d'être terminée au Creusot, avec la société Guy Julien. Christophe Millot a déjà des clients intéressés, « notamment chez les vignerons en bio et biodynamie, Vigne vivante, en Alsace. Dans un mois, je dois honorer les premières commandes ». Évidemment, il espère bien faire des émules en Bourgogne et dans le Mâconnais en particulier. D'autant que ce robot aura d'autres qualités, comme celles d'être 100 % recyclable, avec une coque réalisée à base de résine naturelle, et équipé de panneaux solaires. Qui dit mieux ?

De l'invention technologique à la création d'emplois


Il ne s'arrêtera pas là. Sa société Wall-Ye –qui a reçu le soutien de l'incubateur régional Prémice– est appelée à grandir et à créer des emplois. L'objectif de Christophe est ainsi de passer de l'état artisanal à la dimension industrielle, avec la création d'un bureau d'ingénierie sur Mâcon et le développement d'un réseau commercial. il faudra attendre encore quelques mois pour voir ça.


Pour l'anecdote


Son père était médecin. Et alors ?... Et alors il lui aura appris le fonctionnement de l'œil et comment les informations sont transmises au cerveau. Christophe Millot a tout simplement traduit ce savoir dans l'informatique et au service des vignerons, avec qui il entretient des liens d'amitiés particuliers.



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