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Agrioccasions, les occasions agricoles
Expo Umotest 2012

La Saône-et-Loire au top ! 

Le 1er février dernier avait lieu à Besançon la 21e édition de l’Expo Umotest. Environ 4.000 personnes –venues pour l’essentiel des grandes régions d’élevage montbéliard– étaient réunies pour ce rendez-vous à la fois technique, commercial et convivial. Une fois de plus cette année, les visiteurs ont pu s’apercevoir que la Saône-et-Loire jouait une partition de choix dans la génétique montbéliarde.
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Umotest est la principale entreprise de sélection de la race montbéliarde et c’est avec elle que travaille la coopérative d’insémination Coop’Évolia. La génétique Umotest est très implantée en Saône-et-Loire et près d’une centaine d’éleveurs laitiers du département participent activement au schéma de sélection Umotest. Le Doubs, la Haute-Saône, mais aussi l’Ain constituent incontestablement le cœur de la zone Umotest. Un berceau historique qui déborde largement sur la Bresse saône-et-loirienne et le massif nord alpin. Laitière de moyenne montagne par excellence, la montbéliarde est très bien implantée en Auvergne (Haute-Loire en tête). On la retrouve aussi en nombre dans l’est du pays sans oublier ses incursions dans le grand ouest laitier. Deuxième race laitière française, la montbéliarde part à l’assaut du monde.

Besoin de femelles pour l’export


Pas moins de trente délégations étrangères étaient présentes cette année à l’Expo Umotest, un record dont les responsables de l’entreprise de sélection se montraient très fiers. La montbéliarde est présente jusqu’au Chili, ce qui traduit en elle un sacré potentiel commercial. En 2012, plus de 4.000 génisses devraient être exportées par Coopex, la structure export de la race. D’ailleurs, les responsables d’Umotest annonçaient « être à la recherche d’animaux pour l’exportation de printemps (des femelles inséminées jusqu’en décembre 2011) ». Un "contrat génisses" est ainsi proposé par Coopex aux éleveurs. En Saône-et-Loire, c’est le groupement Global qui assure la collecte de ces animaux.

Conquête commerciale


Comme de coutume, les responsables d'Umotest ont offert un "show" de haute tenue avec des séries de femelles rouges et blanches impeccables ; des présentateurs chemisés de rose sur pantalon noir ; une sono d’ambiance et des "lights" du plus bel effet et surtout des commentaires techniques époustouflants de densité ! Si le ton de ce show était assurément commercial, c’est que la visée d’un tel rassemblement demeure la conquête de nouveaux éleveurs hors berceau et notamment à l’étranger. L’ensemble donnait en tout cas l’image d’une génétique raciale en très bonne santé, à l’assaut de tous les continents.

Passage en mode génomique


Il faut dire qu’en plus des qualités propres à la montbéliarde, les nouvelles technologies liées à la génomique ouvrent des horizons prometteurs. Comme le résumaient les responsables d’Umotest, « cette édition confirme le passage en mode génomique ». Si plusieurs lots de descendances de taureaux confirmés rappelaient la fiabilité dans la durée (Rai, Robin, Saturne, Sir, Tipoli), on dévoilait aussi en avant-première de jeunes taureaux "génomiques" qui seront indexés officiellement en juin (Arobase, Branly, Benetton, Boege, Canavero…). Et bien sûr, les taureaux génomiques "dernier cri" de la gamme "Génumo Profil" étaient à l’honneur, illustrés par leurs mères ou leurs sœurs.
Grâce au génotypage ADN sur prise de sang, « un taureau peut être diffusé dès 15 ou 16 mois d’âge », confiait Pascal Quignard de Coop’Évolia. La cadence du progrès génétique devrait s’en trouver doublée ; « de +4 points d’ISU par an en moyenne, on devrait grimper à +8 ou +9 points par an », expliquait le technicien. À cela, il convient d’ajouter le nouveau service de génotypage des femelles qui est proposé par les coopératives de mise en place. Un service qui « se combine idéalement avec la semence sexée, dont la demande augmente fortement », indiquent les responsables d’Umotest.

Génétique "Made in Saône-et-Loire"


Les éleveurs saône-et-loiriens et leur coopérative d’insémination ont été parties prenantes de ce rendez-vous d’envergure nationale. Cinq vaches du département étaient présentes à Besançon, issues des élevages : Gaec de la Verne à Baudrières, ferme du lycée de Fontaines, Gaec Moindrot à Bragny-sur-Saône, Gaec de la Clairière à Saint-Vincent-en-Bresse et Gaec de la Forge à Saint-Loup-de-la-Salle. Un sixième animal saône-et-loirien était engagé à une vente aux enchères de douze génisses d’élites génotypées. Il s’agissait de Fougère, qualifiée par les organisateurs de « meilleure représentante de la lignée Mangue (Upas, Coconuts, Vavangue) ». Adjugée 4.700 €, cette génisse native de Boyer a même décroché le record de prix de la vente. Une satisfaction pour son éleveur Gilbert Bontemps dont le Gaec s’apprête à cesser son activité laitière. Tandis que l’annonce d’une vente publique du troupeau (le 4 avril prochain) était diffusée à Besançon, l’éleveur, dont on connait la passion et le savoir-faire en matière de génétique montbéliarde, était très sollicité dans les allées. Nul doute que ce cheptel de valeur trouvera des acquéreurs. Bien que l’on assiste là à la perte d’un élevage laitier dans une Saône-et-Loire qui a tendance à s’uniformiser vers la viande et les cultures, on peut y voir aussi la persistance d’un prestige. Celui d’un département dont les laitiers n’ont pas à rougir vis-à-vis de leurs voisins franc-comtois ou rhône-alpins.

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