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Agrioccasions, les occasions agricoles
Reconquête ovine

La Saône-et-Loire, bonne élève 

En 2009, suite à la revalorisation de l’aide ovine, la FNO lançait le programme "Reconquête ovine" destiné à revaloriser l’image de l’élevage du mouton et sa technicité. Au bout de deux ans d’existence, la "reconquête" commence à porter ses fruits. Les jeunes redécouvrent la production ovine et, dans certaines régions, le nombre de brebis évolue favorablement comme cela est le cas en Bourgogne.
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Le 11 octobre dernier, c’est au Pôle régional ovin de Charolles que la fédération nationale ovine (FNO) et ses partenaires de l’action nationale "Reconquête ovine" s’étaient donnés rendez-vous. Au programme, le bilan des actions réalisées depuis 2009, année du lancement de cet ambitieux projet piloté par la FNO. A l’époque, le syndicalisme venait d’obtenir un rééquilibrage des aides en faveur du mouton. Un salvateur bol d’oxygène qui intervenait après une vingtaine d’années d’asphyxie économique. Une véritable traversée du désert qui s’est traduite par un net recul de la production française et un désinvestissement de la part des éleveurs. Une fois l’indispensable rééquilibrage des aides obtenu, la FNO a immédiatement voulu doter la filière d’un projet de développement économique avec comme principaux objectifs : la technique et l’installation des jeunes. Après des années de renoncement pour cause de non rentabilité, les professionnels ont ainsi voulu se donner les moyens de rattraper le retard. C’est ainsi qu’est né le programme "Reconquête ovine". Financée par la Direction générale de l’Enseignement et de la Recherche (ministère de l’Agriculture) et le Casdar, le fonds dédié au développement agricole (chambres d’agriculture et actions nationales), l’action fédère autour de la FNO tous les partenaires de la filière (chambres d’agriculture, Coop de France, centres de gestion, Interbev, Institut de l’Élevage…).

Redorer l’image du mouton


De 2009 à aujourd’hui, la "Reconquête ovine" s’est déclinée en six domaines d’actions avec comme axes majeurs la communication, l’enseignement agricole, la formation, l’appui technique, la sensibilisation des décideurs et la recherche de références. Derrière tous ces objectifs, il y a l’idée de redorer l’image de la production ovine et aussi de lui redonner un élan de technicité. Un gros travail a été accompli avec les établissements d’enseignement agricole, lieu privilégié pour faire naître les vocations. Parmi les actions phares en direction des jeunes, les "Ovinpiades des jeunes bergers" ont drainé plus de 500 participants ces deux dernières années, en provenance de 80 établissements scolaires. Un succès qui a valu de grosses retombées médiatiques avec des finales nationale et même européenne. Le dernier champion de France en date est d’ailleurs Bourguignon. Il s’agit de Guillaume Cousin, lequel est en train de s’installer auprès de ses parents et de son frère aîné dans la Nièvre. Il s’occupera des 350 brebis de l’exploitation. La "Reconquête ovine" a aussi permis de mettre sur pied une licence professionnelle destinée aux futurs techniciens conseils en ovin.

Prise en compte des coûts de production


Autre gros sujet de cette action : l’appui technique. Dès 2009, un audit du conseil terrain a été effectué. Chez les éleveurs, les besoins sont réels avec des élevages qui, selon l’étude, « ne maîtrisent pas les fondamentaux », d’autres qui ont une marge de progrès et une troisième catégorie qui sont demandeurs d’une approche plus économique. Des financements ont permis de re-déployer un appui technique à la fois individuel et collectif. En Saône-et-Loire, une approche basée sur les coûts de production a été testée auprès d’un groupe d’éleveurs avec la coopérative Terre-d’Ovins, la Chambre d’agriculture et le CER France 71. Cette méthode de diagnostic technico-économique, un peu nouvelle en élevage allaitant, a pour but d’alerter sur des éventuelles dérives en la matière (coûts de production trop élevés) et de mettre en évidence les marges de progrès. Appelée à se généraliser dans tout le département, cette approche "coûts de production" s’inscrit dans une tendance générale motivée par la hausse des matières premières.
Un des enjeux majeurs de la Reconquête ovine est aussi la sensibilisation des décideurs, notamment les banquiers et les conseillers de gestion, « ambassadeurs incontournables » de la production ovine auprès des éventuels investisseurs. A cette fin, le Trophée Reconquête est une action phare destinée à mettre à l’honneur des élevages ovins performants « qui gagnent bien leur vie ».

Premiers effets concrets


En deux ans de temps, grâce à une habile synergie entre le syndicalisme ovin, les organisations professionnelles et les organismes techniques, beaucoup de choses ont été faites pour relancer le mouton. Que ce soit dans les lycées, sur les salons, à travers le conseil technique ou chez les décideurs, la filière ovine a retrouvé du crédit et ses nombreux atouts environnementaux (pâturage des zones herbagères) en font une production pleine d’avenir. Rééquilibrage des aides et "Reconquête ovine" ont déjà produit leurs effets. Cette saison, la demande en agnelles se fait sentir. Même constat dans les ventes de béliers dans les foires et au salon Tech'Ovin. Autre indicateur : les éleveurs ovins ressentent une augmentation sensible des demandes de stages.
En Bourgogne, après plusieurs années de diminution du nombre de brebis, la tendance s’est inversée. Treize installations ont été recensées en 2010. En Saône-et-Loire, on enregistre une augmentation de + 4.000 primes ovines en deux ans, ce qui ramène au chiffre d’avant FCO, se réjouissait Michelle Michel, responsable Ovin à la chambre d’agriculture. Le département compte plusieurs installations chaque année et, en 2011, vingt élevages ont franchi le cap des cinquante brebis. Une évolution qui s’accompagne d’une hausse du nombre de dossiers Bâtiments.
« Maintenant, l’opération doit s’inscrire dans le temps : du travail a été fait, il faut le continuer », confiait le président de la FNO Serge Préveraud. Le fait est qu’à ce stade, les responsables de la FNO et leurs partenaires appellent de leurs vœux la reconduction de "Reconquête ovine 2". Les résultats de ces deux premières années d’existence ont de quoi convaincre les financeurs. Des choses restent à faire. Comme l’indiquait Maurice Huet, administrateur saône-et-loirien de la FNO, « plus de 50 % des brebis sont actuellement détenues par des éleveurs de 55 ans et plus ». Un constat qui a amené la FNO à travailler avec les JA à la mise en place d’un numéro vert (lire nos précédentes éditions).


Pôle régional ovin de Charolles




Précurseur en la matière


Ce n’est pas un hasard si la FNO a choisi le Pôle régional ovin et le lycée de Charolles pour sa réunion nationale "Reconquête ovine". Tous deux ont été des partenaires actifs du programme national et le projet de Pôle régional ovin bourguignon ainsi que l’histoire qui le précède « avaient marqué les esprits au niveau national », confiait le président de la FNO Serge Préveraud. Dès 2001 en effet, une action de relance ovine avait été imaginée en Bourgogne. Une réflexion qui a débouché sur le projet de Pôle ovin pour palier le déficit de formation, d’image, de communication et de références technico-économiques. Inauguré en 2006, le pôle régional ovin abrite aujourd’hui un troupeau de 600 brebis (romanes, grivettes, charollaises), le tout conduits dans des installations modernes, bien conçues et exemplaires. Ces deux dernières années, le pôle bourguignon a joué un rôle de choix dans la déclinaison du programme national de "Reconquête ovine". Une déclinaison qui doit beaucoup aux quatre responsables départementaux que sont Michelle Michel pour la chambre d’agriculture, Maurice Huet, administrateur FNO, Frédéric Renaud, président de la section ovine de la FDSEA  de Saône-et-Loire, et André Lambert pour Terre-d’Ovins.






Bourgogne




De -20 à +120 €/brebis !


La Bourgogne compte 1.183 éleveurs demandeurs d’aide ovine (éleveurs de plus de 50 brebis). Cela représente 158.500 brebis et une moyenne de 134 brebis par élevage. En Saône-et-Loire, les élevages de plus de 50 brebis sont au nombre de 383 et totalisent 43.800 brebis soit 114 brebis par élevage.




Pour Thierry Besançon, président du Corel (commission régionale d’élevage ovin, chambre régionale d’agriculture) et responsable du Pôle régional ovin de Charolles, la région bénéficie « d’une dynamique ovine vraiment unie : syndicalisme, chambres, groupements, FranceAgrimer, Interbev, lycée… cette synergie permet d’obtenir des crédits. L’objectif, c’est d’atteindre des résultats concrets en termes de revenu par éleveur. En Bourgogne, ce dernier va de -20 à +120 €/brebis ! », indique Thierry Besançon. « Notre objectif, c’est que tout le monde soit au-dessus de 75 €/brebis ».



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