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Agrioccasions, les occasions agricoles
Perspectives 2030

La Saône-et-Loire face à son avenir

L'économie de la Saône-et-Loire, de plus en plus tournée vers les
services, porte l’empreinte des profondes mutations des dernières
décennies. Son industrie est encore prégnante bien qu’en déclin.
Particulièrement exposée à la concurrence internationale, elle présente
un réel potentiel et a mieux résisté à la crise récente que les autres
départements bourguignons. Le département gagne désormais des habitants,
les arrivées de population étant plus nombreuses que les départs. Si
ces tendances se poursuivent, il pourrait compter plus de 568.000
habitants en 2030 avec moins de jeunes, d’actifs et plus de personnes
âgées. Le tissu urbain se compose de villes moyennes qui concentrent la
population et surtout l’emploi. Cette situation génère de nombreux
déplacements domicile-travail qui s’intensifient au cours du temps. Retour sur les principaux enseignements économique de l'étude de l'Insee Bourgogne.
Par Publié par Cédric Michelin
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Le département le plus peuplé de Bourgogne



Avec 554.000 habitants en 2008, la Saône-et-Loire est le département le plus peuplé de Bourgogne. Elle se classe ainsi au 47e rang des 96 départements français. Le département est également au carrefour d'importants axes de communication.

Des spécialisations industrielles fortes




Avec 215.000 emplois fin 2008, la Saône-et-Loire concentre près du tiers de l’emploi régional. Le profil économique du département porte toujours les empreintes de sa longue tradition industrielle : l’industrie regroupe encore 20 % des emplois, une proportion plus élevée qu’en Bourgogne (17 %) ou en


métropole (14 %). De grands secteurs industriels sont sur-représentés, en premier lieu la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, notamment de pneumatiques, qui compte 6.800 postes en 2007. La métallurgie, qui emploie 9.500 personnes, pèse également nettement plus lourd en Saône-et-Loire. La fabrication de machines et équipements (3.700 postes) et celle de produits alimentaires (6.000 postes) sont aussi mieux implantées que dans les autres départements métropolitains.


[WEB]Les entreprises fleurons de ces différents secteurs figurent en bonne place parmi les principaux employeurs du département : le manufacturier Michelin à Blanzy, Areva à Chalon-sur-Saône et Mâcon, Arcelor-Mittal à Gueugnon, Industeel et Thermodyn au Creusot, LDC Bourgogne à Branges ainsi que quelques autres comme FPT Powertrain à Bourbon Lancy (fabrication de moteurs pour automobile).[/WEB]

Une industrie touchée par des restructurations importantes



Le tissu économique de la Saône-et-Loire, tel qu’il se présente aujourd’hui, est le fruit des profondes mutations qu’a connues le département durant les trente dernières années. La majorité des emplois (68 %) relève à présent du secteur tertiaire, notamment marchand. Il pèse cependant nettement moins qu’en métropole (77 %) ou même dans la région (71 %). Ainsi, la plupart des activités tertiaires apparaissent sous-représentées en Saône-et-Loire. C’est notamment le cas des activités financières et d’assurances mais aussi juridiques, comptables, de gestion et d’architecture.


Les emplois agricoles représentent, comme dans la région, cinq emplois sur cent contre trois sur cent au plan national. Nulle différence en revanche pour le secteur de la construction dont le poids (7 %) est le même.


La baisse de l’emploi a été particulièrement marquée durant la période 1982-1990, en raison des transformations intervenues dans l’agriculture mais surtout de la crise industrielle qui frappa particulièrement les bassins de Montceau-les-Mines et du Creusot, et des reconversions qui s’ensuivirent.


Depuis la fin des années 80, l’emploi industriel a diminué de 25 %. Si l’on s’en tient à l’emploi salarié, l’industrie de Saône-et-Loire a perdu 14.200 postes entre 1989 et 2007, dont 12.500 dans le secteur de la fabrication de produits industriels. Il s’agit là des conséquences des suppressions d’emploi dans le textile (Dim), de la fermeture des activités industrielles de Kodak à Chalon-sur-Saône, des difficultés rencontrées dans la métallurgie (Arcelor), les pneumatiques (Michelin) et les mines.


Par ailleurs, les entreprises font face à la concurrence internationale en recherchant plus de compétitivité et se recentrent sur leur coeur de métier en sous-traitant de plus en plus de tâches, comme la paye, la gestion des commandes, la facturation.

Hausse très modérée de l'emploi de 1990 à 2008



De 1990 à 2008, le secteur tertiaire n’a cessé de se développer. Il a gagné 31.300 emplois (+ 25 %), dont près de 19.000 dans le secteur marchand. Les plus fortes hausses d'emploi se sont produites dans les services aux entreprises (services administratifs et de soutien dont l’intérim), les services aux ménages (ménages employeurs), dans le commerce et la réparation automobile ainsi que dans le secteur non marchand, le secteur social et médico-social, et l’administration publique.


Au total, depuis le début des années 90, le nombre d’emplois a augmenté de 4 % en Saône-et-Loire. Au niveau national, la croissance des effectifs a été nettement supérieure (+ 14 %), en raison d’un développement plus important du tertiaire marchand (+ 34 %contre + 25 %) et d’un recul moins marqué de l’emploi industriel (− 21 % contre − 25 %).


Du fait de ces importantes transformations, l’économie du département s'appuie de plus en plus sur des activités «présentielles», c’est-à-dire destinées à satisfaire les besoins des populations présentes (habitants et touristes) et donc orientées vers les marchés locaux.

Une économie sensible à la concurrence internationale



Compte tenu de ses spécificités, la Saône-et-Loire apparaît relativement dépendante d’intérêts extérieurs à son territoire. Du fait de l’implantation d’établissements appartenant à des groupes nationaux ou internationaux, la moitié des emplois salariés du secteur marchand (hors agriculture et intérim) sont contrôlés par des centres de décision situés hors du département. Le niveau élevé de ce «taux de dépendance» place la Saône-et-Loire au 29e rang des 96 départements métropolitains en 2007. La zone d’emploi du Creusot, où sont installés plusieurs grands établissements industriels appartenant à
d’importantes filiales, est la plus dépendante de tout le département : avec 63 % d’emplois sous contrôle externe, elle se situe au 14e rang des 348 zones d’emploi françaises.


Cette forte emprise sur l’activité et l’emploi du secteur concurrentiel peut être considérée comme un atout : les secteurs d’activité, notamment industriels, nécessitent des investissements importants et l’appartenance à une structure plus large représente à cet égard une opportunité, de même qu’elle facilite la création d’emplois et l’accès à des marchés internationaux. Par ailleurs, les établissements contrôlés par des groupes extérieurs présentent des performances économiques plus élevées : une productivité du travail supérieure à celle des établissements indépendants, de meilleures rémunérations.

Concentration de l'emploi dans quelques établissements



La concentration des emplois dans les principaux établissements est aussi un facteur de fragilité en cas de délocalisations, de restructurations ou de fermetures. Ainsi, plus les emplois sont concentrés, plus la situation de la zone est liée aux décisions de ces établissements. De ce point de vue, l’importance des grands établissements employeurs est particulièrement forte dans les bassins industriels de l’ouest du département.


Dans les zones d’emploi de Montceau-les-Mines et du Creusot, les quatre employeurs principaux concentrent plus de 21 % de l’emploi salarié du


secteur marchand (hors agriculture et intérim). Elles occupent ainsi les 2e et 4e places parmi les 18 zones d’emploi de Bourgogne. Dans celles de Chalon-sur-Saône et Mâcon, la concentration apparaît faible : la part des quatre plus gros employeurs atteint environ 6,5 % (14e et 15e places).

Une résistance à la crise de 2008-2009



Pour autant, parmi les quatre départements bourguignons, la Saône-et-Loire est celui qui a le mieux résisté à la crise récente. Entre le second trimestre 2008 et le quatrième trimestre 2009, c’est là que l’emploi, notamment industriel, a le moins baissé. Durant cette période, l’emploi salarié du secteur privé a reculé de 4,3 % (− 5.700 postes) dans le département contre 5,3 % en Bourgogne. Du fait de l’orientation de son activité vers des secteurs moins touchés par la crise : la chaudronnerie nucléaire et l’agroalimentaire, l’industrie a moins souffert en Saône-et-Loire que dans le reste de la région. Les


effectifs y diminuent de 5,5 % (− 2.300 emplois), alors que le repli atteint presque 8 % en Bourgogne. De récents évènements pourraient cependant, à terme, assombrir l’avenir de la filière nucléaire comme l’accident de la centrale de Fukushima au Japon. Le secteur de la construction a recommencé à recruter courant 2009 ; dans le commerce, les pertes d’emploi ont été limitées grâce à une reprise dès la fin de l’année.

Hausse de l'emploi en 2010



En 2010, le contexte économique demeure plus favorable en Saône-et-Loire qu’en Bourgogne. Avec 1.200 postes supplémentaires, c’est là que l’emploi salarié augmente le plus, soit + 0,9 %, et que l’intérim réalise sa meilleure progression (+ 23 %). La Saône-et-Loire est aussi le seul département bourguignon où la demande d’emploi de catégorie A diminue très légèrement, en raison d’un recul du chômage masculin plus net qu’ailleurs. Globalement, après avoir atteint 9,1 % de la population active début 2010, le chômage régresse plus rapidement qu’en métropole et s’établit, au début 2011, à 8,6 % contre 9,2 % au plan national. Par ailleurs, les disparités territoriales de taux de chômage tendent à se restreindre : il varie de 7,2 à 10,6 % selon la zone d’emploi contre 6 à 12,5 % en 1999.

Meilleure longévité des entreprises



La longévité des entreprises créées depuis au moins cinq ans s’avère meilleure en Saône-et-Loire qu’en Bourgogne et en métropole : 61,5 % étaient toujours en activité au 1er janvier 2009, contre respectivement 60,7 % et 57,5 %. Toutefois, le taux de création d’entreprises (11,5 %) est inférieur à la moyenne régionale (12,1 %) et, plus encore, à la moyenne nationale (13,6 %).
Par ailleurs, la Saône-et-Loire est le seul département bourguignon où l’auto-entreprise a poursuivi un léger essor en 2010.

Les femmes de plus en plus présentes sur le marché du travail



Les actifs de Saône-et-Loire sont moins qualifiés qu’en Bourgogne ou métropole : 40 % ont au moins le baccalauréat contre respectivement 42 et 49 %.


Le développement du secteur tertiaire et en particulier des services, activités très féminisées, s’est accompagné d’une forte augmentation du taux d’activité féminin. Il est passé de 57 % en 1990 à 67 % en 2007, une hausse plus rapide qu’en Bourgogne et en métropole. Il rejoint ainsi le niveau des taux bourguignon et métropolitain.


Cette évolution du taux d’activité féminin explique, pour l’essentiel, l’accroissement de la population active observée en Saône-et-Loire ces dernières années. En 2007, elle s’élève à 246 700 personnes dont 115.300 femmes, en augmentation de 4,4 % depuis 1999.


Par le passé, la baisse importante de la population active était due, presque exclusivement, aux effets des migrations démographiques défavorables.

L’emploi se concentre dans les grandes villes



Le tissu urbain de la Saône-et-Loire se compose d’un maillage de villes de taille moyenne. Les quatre principales agglomérations (Chalon-sur-Saône, Mâcon, Le Creusot-Montceau et Autun) ne rassemblent au total que la moitié de la population résidente, ce qui en fait, avec l’Yonne, le département bourguignon où la population est la plus répartie sur le territoire. En comparaison, le Grand Dijon regroupe à lui seul 47 % des habitants de la Côte-d’Or ; dans la Nièvre, l’agglomération de Nevers abrite 30 % de la population du département. Les emplois apparaissent davantage concentrés : l’agglomération de Chalon-sur-Saône, par exemple, rassemble un dixième des habitants de Saône-et-Loire mais un cinquième des emplois. Cette concentration des emplois sur quelques pôles contraint la population active à de nombreux déplacements domicile-travail.

Ces déplacements domicile-travail s’intensifient au fil du temps. En 1999, en Saône-et-Loire, 55 % des actifs en emploi travaillaient ailleurs que dans leur commune de résidence. Ils sont 62 % dans ce cas en 2007. Plusieurs raisons expliquent cette augmentation. Tandis que l’activité économique se concentre dans les principales agglomérations, l’habitat s’étale dans des couronnes de plus en plus éloignées des centres. Par ailleurs, les activités confondant domicile et siège de l’entreprise (agriculture, petit commerce rural…) se sont raréfiées. Le développement de l’activité des femmes, l’amélioration des réseaux de transport et de l’équipement automobile des ménages contribuent également à l’accroissement des déplacements domicile-travail. Plus récemment, les conséquences de la crise, chômage et flexibilité de l’emploi, ont aussi pu inciter les habitants à accepter des emplois plus


éloignés de chez eux. Le renchérissement probable du pétrole dans les années à venir pourrait inciter à une inversion de cette tendance.

Un département en déficit de professionnels de santé de premier recours



La disponibilité des équipements s’apprécie à la fois par leur fréquence sur le territoire (densité) et leur accessibilité (temps moyen d’accès).


La densité en professionnels de santé de premier recours (médecins omnipraticiens, chirurgiens dentistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes exerçant en libéral) est faible en Saône-et-Loire : en 2008, le département dispose de 28 professionnels pour 10.000 habitants contre 29,3 en Bourgogne et 35,4 en France métropolitaine. Leur répartition est inégale dans le département : le territoire du Mâconnais est le mieux doté (33,5) et la Bresse


Bourguignonne enregistre la densité la plus faible (21,9) alors même qu’elle connaît depuis 1999 la croissance démographique la plus forte.


À l’inverse, la Saône-et-Loire dispose de nombreux commerces alimentaires de proximité (supérettes, épiceries, boulangeries, boucheries charcuteries) relativement bien répartis sur le territoire. Elle en compte 17,4 pour 10.000 habitants contre 16,0 en Bourgogne et 15,6 au plan national.


L’accessibilité de la population aux équipements cités est souvent rapide : elle excède rarement le quart d’heure (aller). Toutefois, des zones apparaissent plus isolées. Dans quelques communes de l’Autunois Morvan, du Charolais Brionnais et de la Bresse Bourguignonne, l’accès à un dentiste et à un masseur-kinésithérapeute dépasse le 1/4 heure. Quelques communes rurales à l’ouest du département sont également plus distantes des commerces alimentaires de proximité, l’est disposant d’un accès plus uniforme.

Un grand département agricole



En 2009, la Surface Agricole Utile (SAU) de Saône-et-Loire s’étend sur 553.990 ha ce qui la place au second rang des départements français, derrière la Marne. Ce vaste potentiel agricole est utilisé en majeure partie de façon peu intensive. La prairie naturelle, en effet, valorisée par l’élevage allaitant charolais, occupe les deux tiers de la SAU. Les céréales dominent sur les 159.800 ha de terres arables, suivis par les cultures fourragères et les oléagineux. Enfin, la viticulture occupe une faible étendue avec 13.210 ha.

L’élevage allaitant représente le tiers de la valeur des livraisons agricoles du département. Berceau de la race charolaise mondialement connue, la Saône et Loire détient le plus important cheptel français : 223.600 vaches nourrices, 120.500 bovins maigres pour l’engraissement et une production de viande finie de 101.200 têtes. La viticulture vient en seconde position (un quart des livraisons en valeur). La production de vins AOC oscille entre 750.000 et 850.000 hectolitres suivant les récoltes. Le département de Saône-et-Loire possède également un troupeau laitier ayant permis la livraison de 126 millions de litres de lait en 2009.

Ces principales productions ne doivent pas faire oublier d’autres secteurs dynamiques de l’agriculture départementale : les légumes, fleurs et fruits (des salades et des chrysanthèmes essentiellement, ainsi que des pommes de terre) ; les produits, avec notamment l’appellation d’origine contrôlée phare : Volailles de Bresse, ainsi queles ovins, caprins, équins et les porcins. Sources : DRAAF-SRISE et Chambre d’Agriculture.

Un retournement démographique



En effet, les profondes mutations économiques se sont répercutées sur la démographie de la Saône-et-Loire. Dans les années 80, de nombreux habitants, jeunes pour l’essentiel, ont quitté le département en raison de la crise industrielle. La population baissait alors de 0,27 % par an soit 1.600 habitants de moins chaque année. Au cours des années 90, la baisse démographique s’est poursuivie. Conséquence des départs de jeunes adultes, le solde naturel est devenu nul et le déficit migratoire est resté prononcé.

Entre 1999 et 2007, la Saône-et-Loire est redevenue attractive et le nombre d’habitants est reparti à la hausse, avec un gain de 900 habitants chaque année.

Échanges de population avec les départements limitrophes



La progression de la population de Saône-et-Loire repose uniquement sur des arrivées (42.600 entre 2002 et 2007) plus nombreuses que les départs
(41.500), naissances et décès s’équilibrant. Il part plus de jeunes qu’il n’en arrive alors qu’au contraire les migrations sont excédentaires pour les adultes d’âge actif et, dans une moindre mesure, les retraités. En cinq ans, le département a ainsi perdu 7.100 jeunes de 15 à 24 ans mais gagné 3.600 adultes de 25 à 54 ans et 2.700 de 55 ans ou plus. Ces adultes sont souvent accompagnés d’enfants puisque le solde migratoire des moins de 15 ans est lui aussi positif (+ 1.650).

Environ 6.000 jeunes hommes et autant de jeunes femmes, entre 18 et 30 ans, s’installent en Saône-et-Loire. En revanche, pour les partants, le déséquilibre est prononcé : 10.000 jeunes femmes quittent le département contre 8.900 jeunes hommes.

Ces jeunes qui sont partis sont plus souvent diplômés du supérieur que les habitants de Saône-et-Loire du même âge : 45 % contre 27 %.

Les migrants sont majoritairement des actifs. La moitié d’entre eux, aussi bien arrivants que sortants, disposent d’un emploi. Le bilan des migrations se solde par un gain de cadres, et le départ d’employé(e)s, jeunes le plus souvent.

Les échanges de population se font avec de nombreux départements, mais principalement avec les limitrophes. Les arrivants les plus nombreux proviennent dans les mêmes proportions (environ 15 %) du Rhône, 6.300 personnes, et de la Côte-d’Or (6.200), puis de l’Ain (3.600, soit 9 %)
et du Jura (1.900, soit 5 %). Les habitants qui quittent la Saône-et-Loire s’installent en premier lieu en Côte-d’Or (7.500 personnes, soit 18 % des partants), puis dans le Rhône (13 %), l’Ain (10 %), la Loire (4 %) et le Jura (3 %).

C’est avec la région Rhône-Alpes que les échanges migratoires sont les plus nombreux et les plus équilibrés : 14.000 arrivées et autant de départs. Mais l’équilibre s’arrête au nombre car la Saône-et-Loire « échange » des actifs et des jeunes étudiants contre des retraités rhône-alpins. Viennent ensuite les flux avec le reste de la Bourgogne, qui lui font perdre 900 habitants, les étudiants et scolaires partant tandis qu’arrivent des actifs. Les mouvements migratoires avec l’Île-de-France « rapportent » 1.600 habitants, essentiellement des retraités. Avec la Franche-Comté et le Nord-Pas de Calais, ils sont
également excédentaires, respectivement de 600 et 500 personnes, des actifs pour la plupart. Avec les régions du sud de la France, qui exercent une forte attractivité sur les étudiants et les actifs, le déficit est de 1.500 habitants.

À l’horizon 2030, le défi du vieillissement



En 2007, la Saône-et-Loire se situe dans le quart des départements les plus âgés, occupant le 23e rang pour le poids des 60 ans ou plus, et le 73e pour celui des moins de 30 ans. Les 149.000 habitants de 60 ans ou plus représentent 27 % de la population du département, contre 25 % en Bourgogne et 22 % en métropole. Ce vieillissement va encore s’accentuer, avec l’arrivée aux âges élevés des générations nombreuses du baby-boom combinée à l’amélioration de l’espérance de vie. En 2030, la Saône-et-Loire pourrait ainsi compter 56.200 habitants de 80 ans ou plus, soit une augmentation de 57 % par rapport à 2007. Sur ce laps de temps, le poids de ces personnes âgées passerait de 6,5 % à près de 10 % et resterait nettement supérieur à la moyenne nationale (7,5 %).

Les besoins en services spécifiques augmenteraient : portage de repas, aides ménagère, logements adaptés pour le maintien à domicile, prise en
charge sanitaire et médico-sociale… À l’inverse, les moins de 20 ans seraient moins nombreux (21 % de la population contre 23 % en 2007), de
même que la population active (39 contre 45 %).

Au total, d'ici 2030, la population de la Saône-et-Loire continuerait d’augmenter pour atteindre 568.200 habitants. Le rythme de progression (+ 0,13 % par an) serait moindre qu’en Côte-d’Or et Yonne (+ 0,25 %) et qu'en métropole (+ 0,45 %). Pour autant, la Saône-et-Loire demeurerait le département bourguignon le plus peuplé. Du fait du vieillissement de ses habitants, le déficit naturel devrait se creuser mais serait compensé par un excédent migratoire. Les mouvements de jeunes vers la Côte-d’Or et le Rhône ralentiraient. À l’inverse, les arrivées d’actifs et de retraités du Rhône s’accentueraient, de même que celles de jeunes, actifs et retraités de l’Ain.

Attractivité résidentielle à l’est



Ce renouveau démographique ne se répartit pas de façon homogène dans le département. Seule la moitié est de la Saône-et-Loire a gagné des habitants entre 1999 et 2008. Ainsi, parmi les quinze cantons les plus dynamiques du département, neuf se situent en Bresse. S’y installent des familles qui ont des besoins en matière de commerces et services de proximité, gardes d’enfants, écoles, équipements et activités de loisirs, transport.

À l’ouest, au contraire, la population diminue ou, dans le meilleur des cas, peine à se maintenir. Les cantons les plus affectés dessinent un arc qui va d’Autun à Bourbon-Lancy, en passant par Le Creusot et Montceau-les-Mines.

La construction neuve plus dynamique à l’est du département



De 1999 à 2009, le rythme de construction de logements neufs a été plus favorable qu’en moyenne nationale avec un pic en 2006 et 2007 suivi d’un
net ralentissement en 2008. Près de 32.600 logements ont été construits en onze ans, les trois quarts relevant de l’habitat individuel. Un tiers des logements neufs se situent dans les grandes agglomérations (les pôles urbains), il s’agit pour plus de la moitié de logements collectifs. Un autre tiers s’est bâti dans les couronnes périurbaines (les aires d’influence des pôles urbains) et le dernier tiers dans le reste du département (l’espace à dominante rurale), la construction de logements individuels étant nettement prédominante sur ces derniers types de territoires.

La partie est du département jouit d’une forte dynamique de la construction neuve liée à sa démographie, à l’exception notable des grandes agglomérations de Chalon-sur-Saône et Mâcon où l’espace disponible est plus limité. Ainsi, en Bresse Bourguignonne, les logements neufs représentent annuellement 2,4 % du parc de logement sur la période 2007-2009 contre 0,5 à 0,7 % dans l’Autunois Morvan et dans la zone de Creusot et Montceau-les-Mines.

La Saône-et-Loire dispose d’un parc de 290.800 logements en 2007, soit 6 % de plus qu’en 1999. Les résidences principales sont plus souvent des
maisons individuelles qu’au niveau national (67 contre 56 %), plus fréquemment occupées par leur propriétaire (à 62 contre 57 %) et assez anciennes (41 % ont été achevées avant 1949 contre 31 %). Elles sont de plus en plus spacieuses, 4,2 pièces en moyenne contre 4,0 en 1999 et le nombre moyen d’occupants baisse depuis plus de 30 ans, il est passé de 3,0 en 1968 à 2,2 en 2007.

Les trajets domicile-travail s’intensifient



Plus de 198.000 actifs, soit neuf sur dix, résident et travaillent en Saône-et-Loire, 38 % occupent un emploi dans la commune où ils habitent (contre 35 % en moyenne métropolitaine). Les autres parcourent en moyenne 16 kilomètres pour aller travailler. La plupart restent dans les limites du département. Environ 23.000 le quittent quotidiennement pour aller travailler. Ils se rendent principalement en Rhône-Alpes (44 %), puis dans un autre département bourguignon (29 %) notamment à Dijon, en Franche-Comté (12 %), en Île-de-France (5 %). La Saône-et-Loire accueille, par ailleurs, 21.000 actifs non résidants. Ils viennent, à 58 %, de la région Rhône-Alpes, 20 % habitent ailleurs en Bourgogne, 7 % en Franche-Comté et 1 % en Île-de-France. La part des actifs « migrants » est particulièrement forte dans les zones limitrophes. Ainsi, 7.300 actifs rhône-alpins se rendent quotidiennement dans les cantons de Mâcon, occupant 21 % des emplois. La plupart d’entre eux viennent du département de l’Ain tout proche, sur l’autre rive de la Saône. Dans
l’autre sens, 44 % des actifs résidant dans le canton de Beaurepaire-en-Bresse travaillent en dehors de la Saône-et-Loire, et notamment dans le Jura voisin.

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