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Agrioccasions, les occasions agricoles
Opération Paille

La solidarité prend tout son sens

L’arrivée du 500e camion de paille dans le département a été l’occasion
de jeter un coup de projecteur sur l’Opération Paille, telle qu’engagée -
dès le mois de mai - par les organisations professionnelles de
Saône-et-Loire. Retour.
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Voilà des semaines que l’Opération Paille est engagée et, chaque jour, près d’une trentaine de camions arrivent en Saône-et-Loire pour livrer de la paille, soit directement au travers de SolidAgri, soit au travers des autres actions de mise en relation mises en place sous couvert de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire par les USC ou les CCJA. Et ça tourne : au total, plus de 60.000 tonnes de paille seront ainsi rapatriées en Saône-et-Loire.
La livraison du 500e camion, au Gaec Ledey à Toulon-sur-Arroux vendredi dernier a été l’occasion de jeter un coup de projecteur sur une opération de grande ampleur, qui n’en est - il faut bien le reconnaître - qu’à ses débuts. Cela a été rappelé, d’autant que dans les campagnes, l’impatience monte ici ou là, accentuée par l’arrêt des chantiers de pressage du fait de la pluie. Fort heureusement, ils ont depuis repris. Et des camions, il en faudra encore beaucoup, puisqu’au total l’Opération Paille devrait en mobiliser près de 4.000 !

Du professionnalisme


Yves Bonnot et Bernard Lacour, respectivement président et secrétaire général de la FDSEA, l’ont rappelé à cette occasion : la priorité a été donnée à trouver les volumes, à s’en assurer la disponibilité. Tout un travail de sensibilisation et de moralisation du marché, alors prêt à s’enflammer. Il a fallu ensuite organiser les chantiers, tant de pressage que de transport. Et dans ces domaines, les négociations sont des plus serrées, notamment avec les transporteurs, les discussions portant sur des centimes d’€ de la tonne transportée depuis l’Yonne, la Seine-et-Marne, l’Oise ou encore l’Aisne. La Cellule Paille mise en place par la FDSEA et la chambre d’Agriculture fait preuve en la matière d’un grand professionnalisme pour, comme le rappelait Philippe Vuillot, un de ses responsables avec Franck Richard, « ramener la tonne de paille rendue cours de ferme au prix le plus bas ».

Des témoignages concrets


Tour à tour, plusieurs responsables de chantiers Paille ont illustré de leurs propos cette solidarité en marche. Au travers de leur témoignage, chacun mesurait l’ampleur de la tâche, celle des chantiers, mais aussi prenait conscience du travail en amont entrepris au local comme au national pour sensibiliser les producteurs de céréales à ne pas broyer leur paille. Ainsi, Lionel Borey, président de la section céréalière, s’est-il à juste titre félicité que les producteurs de céréales aient joué à fond le jeu de la solidarité envers le monde de l’élevage.
David Bichet, président des JA, et Bernard Lacour mettaient en exergue « la formidable capacité des hommes à relever collectivement des défis, pourtant individuellement insurmontables ». « Sans un réseau, sans une organisation telle que la profession en bénéficie dans chaque commune et chaque canton, ce défi n’aurait sans doute pas pu être relevé », observait Yves Bonnot.

Soutiens de poids


« Je salue cette solidarité et le travail réalisé », notait d’emblée Christian Gillot, vice-président du conseil général en charge de l’Agriculture, précisant que les 650.000 € votés à l’unanimité des conseillers généraux pour venir en aide à l’Agriculture départementale seraient affectés pour moitié aux jeunes agriculteurs et aux agriculteurs les plus en difficulté, et qui ne seront pas en mesure de passer le cap de l’affouragement de leur cheptel cet hiver.
Quant à François Philizot, préfet, il saluait « ce formidable élan de solidarité », rendu possible grâce aux valeurs communes à tous les gens de la terre, mais invitant chacun à faire en sorte qu’il ne retombe pas une fois l’épisode Sécheresse terminé. Il se félicitait de l’impact de l’organisation sur la maîtrise des prix, tout comme de la mobilisation qui a permis la reconnaissance de la sécheresse printanière en Saône-et-Loire en calamité. Surtout, sans exclure la possibilité d’une mesure de report de certaines annuités, le préfet invitait chacun à penser long terme, en rouvrant la question de la nécessaire meilleure autonomie alimentaire des élevages allaitants. Message reçu.



Et demain ?


Bernard Lacour, David Bichet ou encore Christian Bajard. Ils seront plusieurs à rappeler l’intensité de la crise que ne doit pas masquer l’arrivée de la paille. « Cette sécheresse occasionne des surcoûts de charge énormes, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers d’euros pour l’achat de paille et d’aliments que nous ne parviendrons pas à surmonter en l’état actuel de nos exploitations et des marchés de nos produits », dénonçaient-ils. Et tous d’en appeler au nécessaire report en fin de tableau des annuités 2011 des prêts, bref de demander sans délai la mise en place de la fameuse "année blanche", dont certains, semble-t-il, ne voudraient pas entendre parler…




Ils ont dit...


« Nous avons choisi de donner sa chance à un jeune entrepreneur de 27 ans de notre arrondissement et qui nous aide dans ce vaste chantier », soulignait Luc Jeannin. Rappelant avoir fait le choix de la mutualisation du transport, il soulignait la qualité des rapports d’homme à homme qui sont à l’origine de cette solidarité. Un avis partagé par Michel Joly, lequel se félicitait que « la bataille des volumes ait été remportée ».
« Dès le mois de mai, nous avons commencé à établir les premiers contacts dans l’Yonne. Cette opération a solidifié et renforcé les liens au sein de notre USC de Bourbon-Lancy », soulignait Jean-Paul Gauthier.
« Pour les jeunes de 18-19 ans, c’est une formidable expérience ; c’est à eux qui reviendra demain de reprendre les rênes d’une telle opération. Tout repose sur l’organisation des bénévoles à qui j’adresse un grand coup de chapeau », insistait Pierre Dufour.
« Nous avons trouvé la paille par connaissance. La confiance est venue, elle a permis de gagner des hectares supplémentaires. Le ciment de l’opération, c’est la solidarité et la confiance », soulignait Christophe Loreau.
« Jean-François Lacroix de Neuvy et son équipe mènent le chantier de front avec nous. Au total, nous avons un chantier de 5 à 6.000 hectares de paille à presser dans la région de Senlis dans l’Oise », exposait Joël Maltaverne. Alors que les chantiers demandent rigueur et professionnalisme, qu’ils étaient interrompus par la pluie, « l’expérience est dure, mais elle est enrichissante ».
« La paille, on l’a trouvée. Nous sommes dans l’Aisne avec un chantier de près de 3.500 hectares. Il faut maintenant la rapatrier et on est impatient », note Christian Bajard.
« Nous avons un super accueil sur place. L’ambiance est bonne et c’est important pour relever ce défi, avec le travail que cela nous impose », se félicitait Eric Joannon.





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