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Agrioccasions, les occasions agricoles
Valérie Fernoux à Saint-Didier-en-Bresse

La volaille de Bresse chevillée au corps

Issue du milieu agricole, Valérie Fernoux a souhaité prendre quelques chemins de traverse pour découvrir d’autres domaines. Le temps de se convaincre que son épanouissement personnel et professionnel passait par la volaille de Bresse. Avec un beau succès à la clé.
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C’est en 1967 qu’est né, à Saint-Didier-en-Bresse, le Gaec de La Paulée suite au regroupement de trois exploitations, dont celle de Michel Fernoux. Il faudra attendre 1991 pour voir Marc, le fils, rejoindre son père Michel au sein du Gaec. L’année 1999 marque un nouveau tournant puisque le Gaec ne compte alors plus que deux associés : Marc et Michel Fernoux. En 2003, une étape cruciale est franchie : à cette date, Valérie, épouse de Marc, fait le choix de quitter son emploi de vendeuse en grande surface pour passer un BPREA et, le 1er janvier 2005, elle intègre officiellement le Gaec familial de La Paulée. Une suite logique pour celle qui avoue volontiers « être tombée dedans quand j’étais petite. » Fille d’agriculteurs qui produisaient du lait et de la volaille de Bresse, elle a dans un premier temps « souhaité aller voir ailleurs ce qui se passait. Mais je suis finalement revenue à mon point de départ : l’agriculture »

La volaille de Bresse comme credo


Suite au départ de Michel à la retraite, Valérie et Marc recherchent dès 2007 un nouvel équilibre au sein de l’exploitation. A Valérie la responsabilité de la volaille de Bresse, de la mise en place à la vente directe ; à Marc la charge des pintades et des céréales. Aujourd’hui, l’EARL La Paulée met en valeur une SAU de 140 hectares, à savoir 130 hectares de céréales (maïs, blé, orge, colza), 6 hectares pour les volailles de Bresse ainsi que 4 hectares de jachères et autres. Côté volailles de Bresse, ce sont 9.000 à 10.000 animaux par an qui passent sur l’exploitation, avec également un peu de poulardes en fin d’année pour la seule vente directe. « Ce qui me plait, c’est le produit fini, noble, souligne Valérie Fernoux. Avec cette production, nous respectons une tradition. Nous prenons notre temps pour élever ces animaux. C’est un produit haut de gamme qui a une histoire. Le poulet de Bresse se suffit à lui-même lorsque l’on décide de le cuisiner. Il n’y a rien besoin d’ajouter. Lorsque quelqu’un le cuisine pour la première fois, je lui conseille de le manger rôti. On ne triche par avec une volaille de Bresse ». Une production qui n’est pas sans rencontrer un certain nombre de problèmes. A commencer par celui, prégnant, des prédateurs. Et plus particulièrement des buses. « Nous sommes victimes des buses qui, en une année, peuvent nous entraîner une perte de quelque 400 animaux. Pour ce qui est des renards, nous avons installé des fils électriques ».

Investie au sein du CIVB


Secrétaire au sein du bureau du CIVB, l'interprofession de la volaille de Bresse, Valérie y est également responsable du groupe Installation Formation. « Nous essayons de trouver des solutions au niveau des installations qui sont, pour l’instant, freinées. Ce n’est pas forcément un problème de candidats, mais cela se situe notamment au niveau des banques qui n’affichent pas vraiment de soutien. En outre, aujourd’hui, ce n’est pas forcément facile de trouver une fermette à reprendre ». L’une des solutions pour développer la production de volailles de Bresse pourrait passer non pas seulement par des installations mais aussi par une diversification au sein d’exploitations déjà existantes. « Les personnes qui ont déjà un atelier de production autre, allaitant par exemple, pourraient facilement mettre en place une diversification en volaille de Bresse. Par ailleurs, nous proposons des formations pour les éleveurs déjà installés. Notamment sur l’entretien des parcours herbeux, l’alimentation, la vermifugation… » Egalement membre du groupe Promotion, Valérie Fernoux n’hésite pas à donner de sa personne puisqu’elle participe à des animations au sein de grandes surfaces. « Cela permet d’avoir des contacts avec la grande distribution, de voir comment est perçue notre volaille par les consommateurs et les responsables de rayons. »

Un futur qui pose questions


Lorsque l’on évoque avec Valérie Fernoux le futur, plusieurs craintes se manifestent. « Nous nous demandons ce que la Pac va nous pondre et quelles en seront ses conséquences. Nous avons envie que la volaille de Bresse se fasse une place à part entière dans la Pac. En outre, il faut avoir à l’esprit que la volaille a besoin de la Bresse et que la Bresse a besoin de la volaille. Nous avons aussi un rôle à jouer au niveau environnemental. Car nous entretenons le territoire. Enfin, il ne faut pas non plus oublier que nous créons des emplois ». Quant à l’aspect financier de cette production, « la volaille de Bresse n’est pas assez rémunératrice par rapport à la charge de travail. Mais le fait d’avoir plusieurs productions nous permet de moins tendre notre trésorerie ».

Deux débouchés pour la volaille de Bresse


Alors que les deux tiers de la production sont destinés à un volailler - en l’occurrence Mairet -, le tiers restant est commercialisé via la vente directe. « Au départ, nous avons participé à un certain nombre de foires pour nous faire connaître. Aujourd’hui, je me rends sur différents marchés. A savoir Saint-Marcel, Saint-Martin-en-Bresse et Saint-Gengoux-le-National. Je vends du poulet de Bresse prêt à cuire. Il n’y a pas vraiment de profil type du consommateur. J’ai aussi bien des mères de familles que des personnes plus âgées qui souhaitent, par exemple, faire plaisir lors d’un repas de famille. Et même des jeunes d’une vingtaine d’années. Souvent, nous entendons la remarque suivante : "c’est cher". Mais il faut savoir qu’il y a une qualité en face. Et, quand les gens reviennent me voir, ils me disent : "Vos volailles sont tellement bonnes !" ». Des volailles que ses clients peuvent également venir acheter sur l’exploitation mais uniquement sur rendez-vous.


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