La volaille de Bresse chevillée au corps
La volaille de Bresse comme credo
Suite au départ de Michel à la retraite, Valérie et Marc recherchent dès 2007 un nouvel équilibre au sein de l’exploitation. A Valérie la responsabilité de la volaille de Bresse, de la mise en place à la vente directe ; à Marc la charge des pintades et des céréales. Aujourd’hui, l’EARL La Paulée met en valeur une SAU de 140 hectares, à savoir 130 hectares de céréales (maïs, blé, orge, colza), 6 hectares pour les volailles de Bresse ainsi que 4 hectares de jachères et autres. Côté volailles de Bresse, ce sont 9.000 à 10.000 animaux par an qui passent sur l’exploitation, avec également un peu de poulardes en fin d’année pour la seule vente directe. « Ce qui me plait, c’est le produit fini, noble, souligne Valérie Fernoux. Avec cette production, nous respectons une tradition. Nous prenons notre temps pour élever ces animaux. C’est un produit haut de gamme qui a une histoire. Le poulet de Bresse se suffit à lui-même lorsque l’on décide de le cuisiner. Il n’y a rien besoin d’ajouter. Lorsque quelqu’un le cuisine pour la première fois, je lui conseille de le manger rôti. On ne triche par avec une volaille de Bresse ». Une production qui n’est pas sans rencontrer un certain nombre de problèmes. A commencer par celui, prégnant, des prédateurs. Et plus particulièrement des buses. « Nous sommes victimes des buses qui, en une année, peuvent nous entraîner une perte de quelque 400 animaux. Pour ce qui est des renards, nous avons installé des fils électriques ».
Investie au sein du CIVB
Secrétaire au sein du bureau du CIVB, l'interprofession de la volaille de Bresse, Valérie y est également responsable du groupe Installation Formation. « Nous essayons de trouver des solutions au niveau des installations qui sont, pour l’instant, freinées. Ce n’est pas forcément un problème de candidats, mais cela se situe notamment au niveau des banques qui n’affichent pas vraiment de soutien. En outre, aujourd’hui, ce n’est pas forcément facile de trouver une fermette à reprendre ». L’une des solutions pour développer la production de volailles de Bresse pourrait passer non pas seulement par des installations mais aussi par une diversification au sein d’exploitations déjà existantes. « Les personnes qui ont déjà un atelier de production autre, allaitant par exemple, pourraient facilement mettre en place une diversification en volaille de Bresse. Par ailleurs, nous proposons des formations pour les éleveurs déjà installés. Notamment sur l’entretien des parcours herbeux, l’alimentation, la vermifugation… » Egalement membre du groupe Promotion, Valérie Fernoux n’hésite pas à donner de sa personne puisqu’elle participe à des animations au sein de grandes surfaces. « Cela permet d’avoir des contacts avec la grande distribution, de voir comment est perçue notre volaille par les consommateurs et les responsables de rayons. »
Un futur qui pose questions
Lorsque l’on évoque avec Valérie Fernoux le futur, plusieurs craintes se manifestent. « Nous nous demandons ce que la Pac va nous pondre et quelles en seront ses conséquences. Nous avons envie que la volaille de Bresse se fasse une place à part entière dans la Pac. En outre, il faut avoir à l’esprit que la volaille a besoin de la Bresse et que la Bresse a besoin de la volaille. Nous avons aussi un rôle à jouer au niveau environnemental. Car nous entretenons le territoire. Enfin, il ne faut pas non plus oublier que nous créons des emplois ». Quant à l’aspect financier de cette production, « la volaille de Bresse n’est pas assez rémunératrice par rapport à la charge de travail. Mais le fait d’avoir plusieurs productions nous permet de moins tendre notre trésorerie ».
Deux débouchés pour la volaille de Bresse
Alors que les deux tiers de la production sont destinés à un volailler - en l’occurrence Mairet -, le tiers restant est commercialisé via la vente directe. « Au départ, nous avons participé à un certain nombre de foires pour nous faire connaître. Aujourd’hui, je me rends sur différents marchés. A savoir Saint-Marcel, Saint-Martin-en-Bresse et Saint-Gengoux-le-National. Je vends du poulet de Bresse prêt à cuire. Il n’y a pas vraiment de profil type du consommateur. J’ai aussi bien des mères de familles que des personnes plus âgées qui souhaitent, par exemple, faire plaisir lors d’un repas de famille. Et même des jeunes d’une vingtaine d’années. Souvent, nous entendons la remarque suivante : "c’est cher". Mais il faut savoir qu’il y a une qualité en face. Et, quand les gens reviennent me voir, ils me disent : "Vos volailles sont tellement bonnes !" ». Des volailles que ses clients peuvent également venir acheter sur l’exploitation mais uniquement sur rendez-vous.