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Randonnée, marche au crépuscule 18 juillet 2026
Wine Paris 2026

Le Champagne veut sortir de la crise par le haut

L’interprofession veut se projeter vers l’avenir en lançant une réflexion stratégique « Champagne 2040 ». La filière entend miser sur l’innovation et la décarbonation pour garantir sa pérennité.

Le Champagne veut sortir de la crise par le haut

Le bilan, encore provisoire, des ventes de Champagne en 2025 atteste d’un léger recul des ventes (d’environ 2 %), tant en nombre de bouteilles (266 millions) que de chiffre d’affaires (5,7 Mds€), ont annoncé les dirigeants du Comité Champagne le 11 février à Wine Paris. Un reflux qui a affecté particulièrement le marché domestique (114 millions de bouteilles) mais aussi, dans une moindre mesure, l’export (152 millions) « Après deux années de baisse, on constate néanmoins une stabilisation », ont commenté Maxime Toubart et David Chatillon, les coprésidents de l’interprofession.

Les difficultés commerciales récentes ont conforté la volonté des dirigeants de se projeter dès à présent vers l’avenir, « pour que le champagne reste disponible, désirable et exemplaire », a insisté le négociant David Chatillon. Conscient que le Champagne ne peut ignorer la baisse de la déconsommation de vin, les changements de comportement ou la concurrence croissante des autres catégories d’effervescents (dont le Crémant de Bourgogne, NDLR), le Comité a annoncé le lancement d’une étude stratégique « Champagne 2040 » auquel seront associés tous les membres du conseil interprofessionnel (CIVC). En attendant les premiers résultats, qui seront connus d’ici la fin de l’année, les deux coprésidents ont d’ores et déjà annoncé l’organisation d’un événement festif de grande ampleur associant « maisons » et vignerons le 5 juin 2027, notamment destiné à ancrer un peu plus l’attractivité oenotouristique de la région.

Serre bioclimatique et cépages résistants 

En matière de production, la filière compte bien continuer à s’appuyer sur l’innovation pour sécuriser son matériel végétal. Maxime Toubart s’est félicité du rôle de « bouclier sanitaire » assuré par la serre bioclimatique Qanopée, une unité de production végétale inaugurée en 2025 et associant les interprofessions du Beaujolais, de la Bourgogne et de la Champagne. Les Champenois misent également sur les cépages résistants. Un premier, Voltis, résistant au mildiou et à l'oïdium, a été vendangé pour la première fois l’année dernière et deux nouvelles variétés vont être expérimentées. « Ce sont des réponses de long terme », se félicite Maxime Toubart. Le Comité devrait également se saisir dans les prochains mois de la question de la révision de l’aire d’appellation « de manière à sécuriser l’étanchéité et le contour de l’appellation ».

Enfin la filière Champagne compte bien conserver son avance en matière de décarbonation de ses activités, un domaine dans lequel elle fut pionnière. « Notre cinquième bilan carbone, en 2025, a montré que nous avions atteint notre objectif d’une baisse de nos émissions de 25 % par rapport à 2003 », s’est réjoui David Chatillon, se félicitant notamment que la Champagne détienne le premier parc robotique du vignoble français et utilise massivement du verre recyclé. L’interprofession maintient son objectif d’une appellation « zéro net carbone » d’ici 2050 (2035 pour le Comité des vins de Bourgogne, NDLR). « Cette vision de long terme renforce la confiance de nos clients et de notre environnement dans nos vins », assure Maxime Toubart.