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Agrioccasions, les occasions agricoles
Opération paille

Le dossier de l’été…

Chaque jour, plus d’une soixantaine de camions de paille livrent les exploitants de Saône-et-Loire, témoin de la montée en puissance de l’opération mise en place dès fin mai par les organisations agricoles départementales.
Par Publié par Cédric Michelin
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Certes, la pluie est revenue et chacun assiste, heureux, au reverdissement des prairies où l’on assiste à une véritable "pousse de printemps", en somme celle que l’on n’a malheureusement pas eu au printemps dernier pour cause de sécheresse. Bien entendu, le mal est fait : les stocks sont absents, mais cette herbe arrive à point nommé alors que nombre d’animaux commençaient à sérieusement souffrir d’un manque de fourrage. Et pour les trésoreries très affectées des éleveurs, on évite le pire. On l’évite, mais la situation n’en est pas pour autant confortable : il faudra bien, quoi qu’il arrive, constituer les stocks hivernaux et ceux-ci demeurent à ce stade quasiment nuls.
Mais si cette pluie est la bienvenue chez nous - en dehors des quelques parcelles de céréales toujours non battues -, elle l’est beaucoup moins plus au nord où les chantiers de pressage sont sans cesse interrompus. « La pression est vive », reconnaît Philippe Vuillot, la cheville ouvrière de la cellule paille dont le téléphone, à Mâcon, ne cesse de sonner, parfois même tard le soir et bien sûr samedis et dimanches compris. Il faut dire que l’organisation des chantiers, qu’ils soient de pressage de la paille ou de son transport, requiert une logistique sans faille. Et puis des machines qui cassent, des personnes attendues qui ne viennent pas au rendez-vous, des producteurs de céréales qui s’exaspèrent de la supposée lenteur des chantiers, un camion qui brûle… Tous ces soucis, les petits comme les plus importants, « il faut bien les gérer », souligne Philippe avec pragmatisme. Et il les gère à merveille, avec la fermeté et la rigueur qui sont les siennes, mais aussi avec son sens réel de l’humain et son efficacité certaine. D’ailleurs, en dépit de ces "incidents", il faut bien reconnaître que les choses se passent bien : la semaine dernière, ce sont au total pas moins d’une soixantaine de camions de paille qui ont été livrés à leurs destinataires.

Une solidarité concrète



Pour l’heure, la seule urgence est de mener à bien, tant du côté administratif que du côté des professionnels, les chantiers de pressage. Après, il sera enfin possible de souffler un peu et de ne se consacrer qu’au seul rapatriement des montagnes de paille !
Il y a huit jours de cela, Yves Bonnot, président de la FDSEA, s’est rendu dans l’Yonne, en Seine-et-Marne, dans l’Oise puis dans l’Aisne à la rencontre des équipes saône-et-loiriennes qui ne comptent ni leur temps, ni leur travail pour faire en sorte que cette opération permette le rapatriement d’un maximum de volumes de paille pour couvrir les besoins d’ores et déjà déclarés certes, mais aussi ceux bien réels qui ne manqueront pas de se faire sentir dans les mois à l’avenir… Ces équipes de l’ombre soulignent toutes la qualité de l’accueil qui leur est réservée par leurs collègues céréaliers, elles qui œuvrent pour concrétiser et rendre bien réelle cette solidarité destinée à permettre aux éleveurs de notre département à passer le cap de cet hiver. Et comme le rappelle Yves Bonnot, « on ne pourra considérer la sécheresse de ce printemps terminée qu’en avril prochain… ».

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