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Agrioccasions, les occasions agricoles
Cuma Aster

Le drainage a toujours le vent en poupe !

Pour la Cuma Aster, les déboires vécus au milieu des années 1990 sont désormais loin. Sans être parvenue à combler toutes les pertes de l’époque, la coopérative a tout de même retrouvé une certaine sérénité grâce à une gestion très saine. Dans un département aux terrains très hétérogènes, l’activité drainage ne désemplit pas et la Cuma Aster demeure leader en son domaine.
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Le 15 décembre dernier avait lieu l’assemblée générale de la Cuma Aster à Saint-Laurent-d’Andenay. Fondée en 1976, la Cuma a connu de sérieux déboires au milieu des années 1990. Alors qu’elle avait connu une période faste, ayant employé jusqu’à dix-sept personnes, la coopérative est entrée dans une véritable faillite. À l’origine de cela, il y avait les effets de la réforme de la Pac, mais surtout des mauvais choix de gestion par les responsables de l’époque. Comme le remémorait Daniel Berthenet, ce sont les OPA départementales qui se sont unies pour sauver la structure. En tête, il y avait la chambre d’agriculture, le CER, la FDCuma, mais aussi le Crédit agricole et d’autres encore. Une nouvelle équipe s’est alors constituée et la Cuma Aster a pu être sauvée.

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Ce sauvetage ne s’est pas fait sans de douloureux efforts. Aujourd’hui encore, les membres du conseil d’administration –président inclus– ne reçoivent aucune indemnité pour leur investissement. Malgré un véritable plan d’austérité et un volume d’activité conséquent, les bénéfices n’ont pour l'heure jamais été suffisants pour combler les pertes antérieures. La coopérative continue encore de reconstituer ses provisions perdues. Un handicap qui explique qu’il lui est encore impossible de restituer les parts sociales à ses anciens adhérents. De l’aveu même du commissaire aux comptes présent à l’assemblée, cette restitution est de toute façon compromise, car les bénéfices que génère une Cuma de ce genre ne pourront jamais combler de telles pertes. Et, comme le faisait remarquer Daniel Berthenet, « les jeunes adhérents d’aujourd’hui n’ont pas à payer la mauvaise gestion des adhérents de l’époque ! ».

391 ha drainés en 2010/2011


Près de quinze années sont passées depuis ces évènements. La Cuma Aster est aujourd’hui redevenue saine et elle poursuit son activité avec application. Employant aujourd’hui une dizaine de personnes, la structure a réalisé un chiffre d’affaires de 1.250.000 € en 2010/2011 soit une hausse de +43.600 € par rapport à l’exercice précédent. Sans surprise, c’est l’activité drainage qui représente le gros morceau avec 391 hectares (ha) réalisés en une année, ce qui correspond à 55 chantiers. Représentant un chiffre d’affaires de 750.000 €, ce poste baisse toutefois de 24 ha par rapport à l’exercice précédent et il est inférieur d’environ 85 ha par rapport à l’exercice 2008/2009. Si des travaux de drainage ont été réalisés tous les mois de l’année, le volume d’activité s’est avéré très irrégulier ; de 8 à 52 ha selon les mois. Les mois d’été ont été particulièrement creux, indiquait Jean-François Chapuis, le directeur. Comme de coutume, c’est dans la Bresse et le Chalonnais que la majorité des hectares ont été réalisés (respectivement 160 et 170 ha). Seulement 30 ha ont été drainés dans l’Autunois et même zéro hectare dans le Charollais ou le Mâconnais, trois secteurs qui sont en nette baisse.

Beaucoup de petits chantiers…


Autre gros secteur d’activité : la Cuma Aster a réalisé pour 390.000 € de chiffre d’affaires de travaux divers (terrassement, captage de mouillères, mises aux normes de bâtiments…). La réalisation de fosses à lisier géomembranes chute depuis la fin des mises aux normes. Seulement deux ouvrages ont été effectués en 2010/2011. 71.000 € de chiffre d’affaires ont été réalisés par la vente de drains et accessoires et 15.000 € par la location de matériel et la mise à disposition de personnel.
Pour le président Georges Bernard, « la Cuma a tout de même accompli beaucoup de travail, mais elle a du mal à dégager des bénéfices ». Il faut dire qu’avec une majorité de petits chantiers –la plupart inférieurs à 10 ha–, la part des frais de déplacement est très importante. Un phénomène aggravé par la hausse du prix du carburant qui n’a pas été encore répercutée sur les factures.

Une année de travail d’avance !


Pour 2011/2012, les perspectives en termes de volume d’activité s’annoncent d’ores et déjà prometteuses. Malgré une perte de temps liée à des pannes, 212 ha de drainage ont déjà été réalisés en 2011. 190 ha sont programmés pour cet été et 450 ha sont d’ores et déjà en prévision, ce qui équivaut à une année d’avance en travail ! La Cuma vient également de réaliser une bonne saison de terrassement et elle enregistre une hausse de la demande en fosses géomembranes.
Pour les responsables de la Cuma Aster, il existerait encore dans le département un potentiel de 35.000 ha à drainer. Un réservoir qui pourrait laisser espérer un bel avenir pour la Cuma s’il n’y avait pas tous les problèmes réglementaires et environnementaux.

Charte "Zones humides"


Sur ce dernier point, le président se félicitait qu’une charte "Zones humides" ait pu être signée l’été dernier à Fontaines, sous l'égide de la profession, des collectivités, de l'administration et des pouvoirs publics. Il faut dire que c’est un incident survenu sur un chantier de la Cuma Aster –relatif à un simple curage de fossé– qui avait provoqué la colère de la profession, FDSEA en tête, courant 2010.... S’en est suivi deux ans de négociations avec les services de la Police de l’eau (Onema, ministère de l’Environnement) pour déboucher sur un assouplissement des procédures. « Nous avons tout de même réussi à nous entendre avec l’Onema en obtenant qu’ils soient moins rigides », se satisfaisait Georges Bernard. « Le climat a été apaisé. Il s’est mis en place une procédure d’alerte. Dès que nous rencontrons un fossé à risque, nous interpelons la Police de l’eau qui enclenche une procédure allégée », détaille Jean-François Chapuis. Malgré cette avancée, le président d’Aster maintient la vigilance. « N’oublions pas que cet été, il risque d’y avoir un resserrage de boulons avec les zones Natura 2000 », concluait Georges Bernard. 

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