Le GIE Export devient un organe de prospection
octobre à Saint-Rémy à l'UCA Global, un accord a été passé entre Interbev, la FNB, les pouvoirs
publics et Coop de France. Le GIE Export devient le GEF (Groupement
Export France), un organe de prospection sur les marchés extérieurs pour
la filière des bovins vifs, de la viande et de la génétique bovine,
plutôt qu’un opérateur commercial.
Bétail, viande et génétique bovine
Selon le ministère de l’Agriculture, l’union des partenaires de la filière bovine française permet d’avoir une vision commune sur la stratégie mondiale à adopter. Le premier objectif du GEF est la mutualisation des moyens d’exploration des marchés. « A l’export, chasser en meute est une stratégie », explique Philippe Mangin. Le deuxième objectif est la veille économique générale sur la filière bovine pour avoir une vision commune sur le marché extérieur. « L’ensemble des acteurs souhaite en finir avec l’éclatement des stratégies à l’export », dit-on au ministère de l’Agriculture. Le troisième objectif vise à utiliser l’appui des pouvoirs publics sur les contraintes techniques et sanitaires. Enfin, les productions incluses dans les activités du GEF restent le bétail, la viande et la génétique bovine.
Prochaine échéance : établir un plan d’action
Bruno Le Maire souhaite réunir de nouveau les partenaires de la filière courant novembre pour signer un accord. Cet accord devra établir les modalités de gouvernance entre les membres du groupement, fixer un cadre juridique stable et proposer un plan d’action. Le ministère de l’Agriculture précise que le GEF est avant tout porté par l’interprofession, mais que les pouvoirs publics soutiendront et participeront à la rationalisation du groupement en mobilisant des structures comme le réseau UbiFrance et FranceAgriMer.
Le Sniv-SNCP n’adhère toujours pas
Depuis que Coop de France adhère au GEF, il ne reste plus qu’un représentant de la filière à ne pas adhérer. « Tous les partenaires de la filière sont derrière la structure, sauf le Sniv-SNCP », explique Pierre Chevalier, le président de la FNB. Et de souligner, pourtant, l’intérêt d’être tous présents sur le GEF. Par ailleurs, les pouvoirs publics affirment que le GEF est toujours ouvert et que les discussions avec le Sniv-SNCP se poursuivent.
En "off"
Derrière la communication volontairement maîtrisée du ministère, les acteurs locaux s'exprimaient. Premier à le faire, Yves Largy, le président de l'Union Global, qui accueillait ce lancement du GEF. Il a donné au ministre des exemples concrets de marchés difficiles à conquérir sans appuis politiques. Prenant la Turquie pour exemple, deux camions avec 30 têtes étaient prêts à partir, via l'Allemagne et la Hongrie, où il y a un arrêt obligatoire pour abreuver les 30 bêtes par camion. « Pour ces 19 tonnes exportées, il faut compter 9.000 € et quatre jours. Nous ne pouvons passer par des ports maritimes comme celui de Sète car il faut faire des gros volumes et cela prend et coûte six jours pour tuer les animaux. La Turquie limite les importations aux animaux de moins de 300 kg. Cela pénalise les charolais. Notre race est faite pour des carcasses plus lourdes. Résultat, le vif part à 270 kg, ce qui est une hérésie économique pour les éleveurs. On serait plus à l'aise avec une ouverture du marché turc pour des bêtes de moins d'un an, compris entre 400 et 450 kg ». Message enregistré par Bruno Le Maire, qui affirmait « avoir ouvert les marchés russe et turc » ce qui a permis, selon lui, « de voir les prix augmenter ». Surtout, il insistait sur la nécessité de la part de tous les acteurs de constituer une « force de frappe » et « d'arrêter les querelles inutiles ». Le ministre précisait immédiatement la nécessité de « diversifier les marchés pour ne pas être dépendant », à l'image des broutards italiens. Il listait les pays à prospecter où il y a des « perspectives » : Afrique du Nord, Tunisie, Maroc, Liban... « où on est en train d'ouvrir ces marchés », sans oublier « l'intéressante » Asie. Le président de la chambre d'agriculture de Saône-et-Loire, Christian Decerle, demandait pour sa part au ministre, de " développer l'autonomie alimentaire des exploitations allaitantes ", d'encourager la diversification chez les éleveurs (volailles, porcs...) et d'organiser la filière, prenant l'exemple de la filière viticole bourguignonne.