Recensement général agricole 2010
Le nouveau visage de l’agriculture bourguignonne
Professionnalisation, spécialisation, territorialité, intégration des
technologies de l’information et de la communication… En dix ans, de
2000 à 2010, entre l’ancien et le nouveau recensement, l’agriculture
bourguignonne s’est offerte un lifting. Ce nouveau visage conserve en
grande partie les traits de l’ancien, mais comme rajeuni, raffermi dans
ses connaissances comme dans ses choix.
technologies de l’information et de la communication… En dix ans, de
2000 à 2010, entre l’ancien et le nouveau recensement, l’agriculture
bourguignonne s’est offerte un lifting. Ce nouveau visage conserve en
grande partie les traits de l’ancien, mais comme rajeuni, raffermi dans
ses connaissances comme dans ses choix.
Ce qui ne change pas, c’est le triptyque bovins viande/grandes cultures/viticulture, trois systèmes qui constituent le socle de l’agriculture régionale et fondent son dynamisme. Les évolutions amorcées il y a dix ans s’amplifient avec une tendance à l’agrandissement et à la spécialisation. L’élevage bovins viande reste l’orientation technico-économique dominante, mais les exploitations de grandes cultures résistent bien au mouvement de concentration, puisqu’elles ne diminuent que de 5 %. Signe d’une spécialisation croissante, l’association grandes cultures et bovins recule, elle, de 22 %.
Le nombre d’exploitations agricoles diminue de 23 %, mais ces disparitions concernent principalement les plus petites exploitations (-40 %) à faible potentiel de production. La baisse est moins significative pour les exploitations dont le potentiel de production est supérieur à 25.000 € (-15 %) et la courbe s’inverse pour les grandes exploitations, dont le potentiel de production dépasse 100.000 €. Ces exploitations qui produisent 83 % du potentiel régional sont un peu plus nombreuses (+1 %). En dépit de la baisse du nombre d’exploitations, la SAU reste globalement stable (en légère baisse de -0,7 % en dix ans) ce qui est plutôt mieux qu’au plan national (-3 %). Les exploitations bourguignonnes sont de plus en plus grandes, entre 2000 et 2010, leur surface moyenne a progressé de +29 %, soit un gain de 20 ha. L’exploitation bourguignonne atteint aujourd’hui une moyenne de 87 ha, ce qui est notablement plus important que la moyenne française de 55 ha. La région compte ainsi 4.300 exploitations de plus de 150 ha qui exploitent 57 % de la SAU.
Des actifs toujours nombreux
Côté Actifs, le travail agricole demeure encore essentiellement familial et les exploitants constituent les piliers de la main-d’œuvre agricole puisqu’ils fournissent 58 % du travail. La profession reste majoritairement masculine, en dépit d’une légère augmentation du nombre d’exploitantes (+2 %, soit 21,4 % du total "Exploitants"). Les conjoints sont plus nombreux à accéder au statut d’exploitant (+40 %), mais la participation familiale baisse globalement, une baisse qui explique la progression du salariat agricole (+6 % de salariés hors cadre familial). C’est en viticulture que cette progression est la plus marquée (+15 %).
Avec 43.100 actifs recensés, le nombre des exploitants a plutôt moins baissé dans notre région (-18 %) qu’en France (-21 %) et la productivité a augmenté (2 UTA pour mettre en valeur 100 ha, contre 2,2 en 2000). Les actifs de 2010 sont mieux formés (75 % des moins de 40 ans ont un niveau bac) et de plus en plus "branchés" (54 % des exploitations ont internet, dont 89 % en haut débit). La gestion informatique fait aussi une percée, puisque 21 % des exploitations bourguignonnes utilisent un logiciel de comptabilité et 26 % un logiciel technique (suivi de troupeau, de parcelles, etc.).
La proportion des jeunes augmente avec la dimension économique de l’exploitation, mais en 2010, près de la moitié des exploitants ont 50 ans ou plus. En dix ans les exploitations individuelles ont diminué de plus du tiers, mais elles conservent la première place. En revanche, la forme juridique EARL progresse fortement, 20 % des exploitations sont concernées. Les 1.700 Gaec représentent désormais seulement 8 % des structures.
Jean-Roch Gaillet, directeur de la Draaf Bourgogne –qui présentait avec Dominique Degueurce, responsable du service statistique (SRISE)– ces premiers résultats du recensement Bourgogne a beaucoup insisté sur l’exhaustivité d’une enquête qui a permis de récolter jusqu’à 700 données par exploitation. Ce qui permet de produire « une photographie complète et détaillée de l’agriculture » au moment où cette dernière redevient un enjeu stratégique. « Ces chiffres sont importants », a rappelé le Draaf, car « ils permettent d’évaluer les politiques publiques mises en œuvre ces dix dernières années et ils orienteront les choix à venir ».
Le hit parade des productions
Sept exploitations sur dix ont choisi l’une des trois spécialisations : bovins viande, grandes cultures ou viticulture. Ces spécialisations sont très territorialisées.
L’élevage extensif valorise une forte proportion de prairies naturelles et temporaires qui occupent 46 % de la SAU régionale, sans changement depuis 2000.
Les céréales représentent 1/3 de la SAU. Les oléagineux progressent de 6 %, ils occupent maintenant 12 % du territoire exploité.
Quant à la superficie en vigne, elle a augmenté de 4 % (2 % de la SAU).
Le cheptel bovin bourguignon perd 1,7 % depuis 2000, une diminution due au recul de l’élevage laitier qui a perdu 14 % de vaches laitières, tandis que le cheptel allaitant évolue peu (-1,4 %). Les autres cheptels herbivores (vaches laitières, ovins et caprins) sont en recul : -14 % pour les vaches laitières et -27 % d’exploitations laitières, -26 % pour les brebis et -41 % d’exploitations ovines , -9 % pour les chèvres et -56 % pour les exploitations caprines.
En hors sol, l’élevage porcin recule fortement (-25 %) tandis que l’élevage avicole se développe (+3 % de surface de bâtiments en production). Les élevages de volailles et de porcs sont particulièrement représentés en Saône-et-Loire et dans l’Yonne. Les activités de diversification restent marginales (2.500 exploitations concernées, soit 20 %) sauf en viticulture (51 % des viticulteurs pratiquent la vente directe). La Bourgogne est également la première région de France productrice de sapins de Noël, de moutarde condimentaire, de cassis bourgeon. Elle se situe au deuxième rang pour le cassis fruit.
Le nombre d’exploitations agricoles diminue de 23 %, mais ces disparitions concernent principalement les plus petites exploitations (-40 %) à faible potentiel de production. La baisse est moins significative pour les exploitations dont le potentiel de production est supérieur à 25.000 € (-15 %) et la courbe s’inverse pour les grandes exploitations, dont le potentiel de production dépasse 100.000 €. Ces exploitations qui produisent 83 % du potentiel régional sont un peu plus nombreuses (+1 %). En dépit de la baisse du nombre d’exploitations, la SAU reste globalement stable (en légère baisse de -0,7 % en dix ans) ce qui est plutôt mieux qu’au plan national (-3 %). Les exploitations bourguignonnes sont de plus en plus grandes, entre 2000 et 2010, leur surface moyenne a progressé de +29 %, soit un gain de 20 ha. L’exploitation bourguignonne atteint aujourd’hui une moyenne de 87 ha, ce qui est notablement plus important que la moyenne française de 55 ha. La région compte ainsi 4.300 exploitations de plus de 150 ha qui exploitent 57 % de la SAU.
Des actifs toujours nombreux
Côté Actifs, le travail agricole demeure encore essentiellement familial et les exploitants constituent les piliers de la main-d’œuvre agricole puisqu’ils fournissent 58 % du travail. La profession reste majoritairement masculine, en dépit d’une légère augmentation du nombre d’exploitantes (+2 %, soit 21,4 % du total "Exploitants"). Les conjoints sont plus nombreux à accéder au statut d’exploitant (+40 %), mais la participation familiale baisse globalement, une baisse qui explique la progression du salariat agricole (+6 % de salariés hors cadre familial). C’est en viticulture que cette progression est la plus marquée (+15 %).
Avec 43.100 actifs recensés, le nombre des exploitants a plutôt moins baissé dans notre région (-18 %) qu’en France (-21 %) et la productivité a augmenté (2 UTA pour mettre en valeur 100 ha, contre 2,2 en 2000). Les actifs de 2010 sont mieux formés (75 % des moins de 40 ans ont un niveau bac) et de plus en plus "branchés" (54 % des exploitations ont internet, dont 89 % en haut débit). La gestion informatique fait aussi une percée, puisque 21 % des exploitations bourguignonnes utilisent un logiciel de comptabilité et 26 % un logiciel technique (suivi de troupeau, de parcelles, etc.).
La proportion des jeunes augmente avec la dimension économique de l’exploitation, mais en 2010, près de la moitié des exploitants ont 50 ans ou plus. En dix ans les exploitations individuelles ont diminué de plus du tiers, mais elles conservent la première place. En revanche, la forme juridique EARL progresse fortement, 20 % des exploitations sont concernées. Les 1.700 Gaec représentent désormais seulement 8 % des structures.
Jean-Roch Gaillet, directeur de la Draaf Bourgogne –qui présentait avec Dominique Degueurce, responsable du service statistique (SRISE)– ces premiers résultats du recensement Bourgogne a beaucoup insisté sur l’exhaustivité d’une enquête qui a permis de récolter jusqu’à 700 données par exploitation. Ce qui permet de produire « une photographie complète et détaillée de l’agriculture » au moment où cette dernière redevient un enjeu stratégique. « Ces chiffres sont importants », a rappelé le Draaf, car « ils permettent d’évaluer les politiques publiques mises en œuvre ces dix dernières années et ils orienteront les choix à venir ».
Le hit parade des productions
Sept exploitations sur dix ont choisi l’une des trois spécialisations : bovins viande, grandes cultures ou viticulture. Ces spécialisations sont très territorialisées.
L’élevage extensif valorise une forte proportion de prairies naturelles et temporaires qui occupent 46 % de la SAU régionale, sans changement depuis 2000.
Les céréales représentent 1/3 de la SAU. Les oléagineux progressent de 6 %, ils occupent maintenant 12 % du territoire exploité.
Quant à la superficie en vigne, elle a augmenté de 4 % (2 % de la SAU).
Le cheptel bovin bourguignon perd 1,7 % depuis 2000, une diminution due au recul de l’élevage laitier qui a perdu 14 % de vaches laitières, tandis que le cheptel allaitant évolue peu (-1,4 %). Les autres cheptels herbivores (vaches laitières, ovins et caprins) sont en recul : -14 % pour les vaches laitières et -27 % d’exploitations laitières, -26 % pour les brebis et -41 % d’exploitations ovines , -9 % pour les chèvres et -56 % pour les exploitations caprines.
En hors sol, l’élevage porcin recule fortement (-25 %) tandis que l’élevage avicole se développe (+3 % de surface de bâtiments en production). Les élevages de volailles et de porcs sont particulièrement représentés en Saône-et-Loire et dans l’Yonne. Les activités de diversification restent marginales (2.500 exploitations concernées, soit 20 %) sauf en viticulture (51 % des viticulteurs pratiquent la vente directe). La Bourgogne est également la première région de France productrice de sapins de Noël, de moutarde condimentaire, de cassis bourgeon. Elle se situe au deuxième rang pour le cassis fruit.