Écornage des veaux
Le plus tôt est préférable
En attendant les bovins sans cornes, l'écornage est une technique requise et nécessaire dans un grand nombre d'élevages étant donné les systèmes de stabulation pour la majorité des cheptels. En effet, il est reconnu que la distance de respect entre animal augmente quand les animaux sont cornus, l’écornage évite donc les coups graves entre vaches dominantes et dominées.
Pour l'écornage des veaux, être bien équipé et agir vite
L'écornage des bovins est souvent ressenti comme une corvée. De ce fait, l'éleveur est tenté de repousser l'opération. Plus les cornes poussent et plus le veau devient difficile à contenir, cette corvée devient donc plus difficile à effectuer.
L'écornage thermique du veau consiste, en fait, à couper l'alimentation des veines périphériques et non pas à calciner le cornillon ou à l’amputer : il faut absolument le bannir car c’est inutile et très douloureux. En conséquence, plus l'animal est jeune, plus ses veines sont superficielles et donc, plus l'écornage sera rapide (cinq secondes par cornillon) avec un taux de réussite élevé. Cela implique qu'il peut se réaliser idéalement avant que le cornillon ne soit sorti, c'est-à-dire avant six semaines ou même quatre semaines pour des raisons réglementaires (lire encadré ci-contre). à cet âge là, le stress est minime (inférieur à un écornage chimique).
Que ce soit avec la chaleur ou un produit chimique, privé d'irrigation, ce dernier ne poussera plus. Les repousses partielles de cornes sont souvent la conséquence d'un travail imparfait, soit parce que réalisé trop tard (le diamètre de l'embout du cautérisateur étant insuffisant il ne détruit pas tous les tissus périphériques), soit parce que l'éleveur s'acharne trop sur la pointe du cornillon oubliant de traiter la base du cornillon.
Intervenir alors que les veaux sont encore jeunes facilite grandement la contention. Cela permet aussi de ne pas mutiler la table osseuse profonde qui provoque, lors de la croissance du bovin, des têtes en forme de “girafe”. En respectant ces précautions élémentaires, le traumatisme peut être limité. Et en tout cas, la cautérisation précoce est certainement moins douloureuse que la perte d'une corne dans une “bagarre” entre bovins adultes ou qu'une blessure profonde dans une autre partie du corps.
Les bonnes pratiques
1- Contenir l'animal
Le but est d'immobiliser parfaitement la tête de l'animal. Le cornadis n'est pas forcément la meilleure solution car le veau peut toujours reculer rendant le cornillon inaccessible ou/et formant un bourrelet de peau à la base du cornillon qui provoque une cautérisation incomplète. De plus, l'éleveur n'est pas dans une situation très confortable pour effectuer le geste avec précision. Sans compter que le souvenir du traumatisme peut rendre le veau réticent à retourner au cornadis.
Les cages “maison” ou fabriquées par des entreprises spécialisées dans la contention bovine sont parfaitement adaptées. Tête de contention autobloquante, barre anti-recul etc., permettent à une personne seule de manipuler rapidement le veau.
2- Tondre
Une tonte préalable (avec petite tondeuse) permet de dégager la zone pour localiser précisément l'emplacement des bourgeons et permet d’optimiser les conditions d’hygiène.
3- Anesthésie
Bien que l'anesthésie soit normalement obligatoire au-dessus de quatre semaines d'âge, très peu d'éleveurs la pratiquent. L'anesthésie générale règle à la fois le problème de la contention et de la douleur.
Mais l'anesthésie locale suffit en général. Le lieu d'injection (10 à 20 ml de lidocaïne par exemple) se situe dans la fosse temporale (à égale distance de l’angle externe de l'œil et de la base de la corne, à 1 cm au-dessous du bord arrondi du frontal et à 6-10 mm de profondeur : le mieux est de voir faire avant de faire soi-même !).
4- Désinfecter
Pulvériser un spray désinfectant (voire refroidissant) évite les suintements et infections.
L'injection d'un anti-inflammatoire peut aussi être conseillé, mais le coût du traitement peut être un frein.
Quelle technique utiliser ?
Le fer électrique classique
Il a deux gros défauts : il nécessite un raccordement électrique au secteur avec la rallonge ; il est long à chauffer (surtout quand il fait froid), long à refroidir, avec tous les risques d'incendie dans la paille que cela entraîne. Le temps d'attente, pour revenir à une température de 650 °C entre deux écornages, peut être long dans certaines circonstances d'utilisation. Attention donc à la puissance de l'appareil.
Le fer à gaz
Les fers fonctionnant avec cartouche de gaz offrent l'avantage du portable. Reste que ces brûle-cornes sont lents à refroidir après usage (risque d'incendie).
Le fer à tête de céramique
Connu sous le nom de Horn up ou Buddex, une solution venue d'Australie, ce fer électrique, sur batterie rechargeable, est équipé d'une tête céramique capable d'atteindre les 700 °C en trois secondes. Au bout de 6-7 secondes, une alarme sonore avertit que l'écornage est terminé. On tourne alors d'un quart de tour pour terminer la cautérisation et c'est fini. Il suffit de s'assurer qu'un cercle blanc est visible autour du cornillon et le tour est joué.
Le crayon caustique
Le crayon à base de soude s'applique en couches circulaires sur une surface d'environ 3 cm autour de l'emplacement des cornes. Il se forme une pellicule très adhérente qui sèche et tombe en 15-20 jours.
Technique sans bruit et sans odeurs, confortable pour l'éleveur, l'écornage chimique n'en est pas moins douloureux pour l'animal. Une administration d'anti-inflammatoires non stéroïdiens est conseillée.
Cette technique peut être dangereuse pour l'éleveur et de nombreux cas de brûlures de mamelle ont été constatés en élevage allaitant (l'isolement du veau pendant quelques heures est nécessaire).
Isabelle Fénéon,
GDS 71 Sanhy Services