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Agrioccasions, les occasions agricoles
Semaine du développement durable

Le préfet met l’accent sur l’agriculture

Du 1er au 7 avril à l’occasion de la Semaine du développement, le préfet de Saône-et-Loire avait choisi de mette l’accent sur l’agriculture, avec deux visites agriviticoles. L’occasion d’un premier contact avec l’agriculture…
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La Semaine du Développement durable… Que dire à ce sujet si ce n’est qu’une opération de communication de plus pour, certes, véhiculer quelques idées et rétablir quelques vérités, mais aussi pour occuper le paysage médiatique… Les pouvoirs publics et les collectivités territoriales y participent allégrement, à coup de budget communication et même de publicités. Quant aux communiqués de presse, ils pleuvent comme par enchantement jusqu’à lasser le plus partisan du développement durable, notion complexe s’il en est…

Un bon connaisseur



François Philizot, le nouveau préfet de Saône-et-Loire jusqu’alors tenu au devoir de réserve du fait des élections cantonales, en a profité pour réaliser une de ses toutes premières sorties, qui plus est en agriculture. De quoi s’y arrêter !
A cette occasion, force est de constater que François Philizot a prouvé son intérêt pour les questions agricoles, mais aussi et surtout sa très bonne connaissance des différents sujets abordés par ses interlocuteurs. En la matière, il n’est pas dilettante mais plutôt bon connaisseur, et cela a été remarqué et apprécié des participants à son déplacement sur l’exploitation de Didier Vermeil à Saint-Martin-Belle-Roche, puis sur celle du lycée agricole et viticole de Mâcon-Davayé.
A cette occasion, Christian Decerle, président de la chambre d’agriculture, a rappelé le souci historique de la chambre de Saône-et-Loire de conserver un service en agronomie, mais aussi des réseaux pour diffuser les expériences, citant en exemple les liens avec le Gabsel, représenté par Marie-Paule Huyghe, sa présidente.
Les deux visites ont illustré, si besoin en était, les nombreux efforts déployés par la profession en matière de protection de l’environnement. Des efforts bien réels, des efforts trop méconnus ou ignorés, des efforts enfin mis sous les projecteurs.



Didier Vermeil à Saint-Martin-Belle-Roche



Une certaine idée de l’agriculture


Sensibilisé depuis toujours aux questions environnementales, mais aussi à l’image de sa profession, Didier Vermeil cultive une certaine idée de l’agriculture. Avec succès.
Didier Vermeil exploite 15 hectares de vignes en AOC mâcon village, dont les raisins sont livrés à la cave coopérative de Viré, 125 hectares de céréales (65 ha de maïs, 40 ha de blé et 15 ha de colza) et élève des vaches allaitantes de race limousine.
« Ma passion, c’est l’élevage. Quand j’ai choisi de m’installer, il y a vingt ans, c’était en élevage laitier avec mes parents : j’avais orienté mes études en ce sens, au lycée agricole de Bourg-en-Bresse, puis au centre de Poisy », note d’emblée celui qui a choisi d’abandonner la production laitière il y a trois ans, à l’occasion du départ à la retraite de sa mère et de son « besoin d’avoir du temps libre », mais aussi du fait aussi d’une mise aux normes peu aisée compte tenu de la situation même de l’exploitation. De fait, le siège de celle-ci - une des trois dernières exploitations de la commune - est située au cœur du centre du bourg. Ce qui amène nombre de contraintes, mais aussi permet de faire attention aux bonnes relations de voisinage. Et manifestement, celles-ci sont bonnes, pour ne pas dire excellentes. Il faut dire que les Vermeil font depuis toujours attention à l’image de leur travail, de leur métier.

Sensibilisé, attentif, confiant


« Je suis sensible à tout ce qui se dit sur notre métier, à tout ce qui s’écrit dans la presse », rapporte Didier citant les mots de "pollueur" et de "subventions de l’Europe". « Cela me touche beaucoup et c’est naturellement que je porte une attention particulière à mes pratiques agricoles, tant en grandes cultures qu’en viticulture ». De fait, il a fait le choix de raisonner ses intrants et toutes ses interventions, et ce en lien étroit avec les techniciens de la chambre d’agriculture, mais aussi de la coopérative, en l’occurrence Bourgogne du Sud. L’exploitation a ainsi intégré la démarche régionale "Plus d’agronomie, moins d’intrants" et les douze exploitations bourguignonnes qui sont ainsi suivies.
Les chiffres sont là : Didier a réduit le nombre de passages, en viticulture pour laquelle il pratique la viticulture raisonnée, comme en grandes cultures. « Je n’interviens que quand cela est nécessaire. Bien souvent, je réduis même les doses indiquées, notamment en matière d’insecticide ». Il cite en exemple : « en colza, je fais un traitement tout au plus deux au lieu de quatre. En blé, je ne désherbe plus à l’automne et fais essentiellement de manière localisée au printemps ». Didier a également supprimé les raccourcisseurs sur blé, réduit les fongicides, supprimé le traitement contre la pyrale en maïs…
« Je ne suis pas anti OGM, je fais confiance à la recherche à l’Inra », note-t-il. « J’ai envie que mes enfants reprennent la suite et puissent, comme moi, participer à mieux nourrir la planète ».




Au lycée de Davayé


Une sensibilisation intégrée à l’enseignement


La seconde visite se déroulait au lycée viticole et agronomique de Mâcon-Davayé qui exploite un domaine viticole, mais aussi un élevage caprin avec transformation fromagère, le tout actuellement en cours de conversion à l’agriculture biologique. Le préfet y était accueilli par Robert Martin, président de l’établissement, Gilles Denis, proviseur, Bernard Crétin, proviseur adjoint, et guidé par Florent Rouve, responsable de l’exploitation. Celle-ci est en effet un outil pédagogique pour la formation annuelle de 200 à 250 élèves à l'agriculture durable.
Cette conversion est justifiée par des modes de production respectueux de l'environnement, avec une chèvrerie située en zone Natura 2000, mais aussi dans un grand site auquel le troupeau participe au maintien de l'ouverture du milieu et ainsi à la diversité floristique des habitats. Vitrine également de l'écologie, le domaine viticole se convertit à l'agriculture biologique.




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