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Agrioccasions, les occasions agricoles
Chine

Le savoir-faire agricole français très courtisé

Le Forum agricole et agroalimentaire franco-chinois des 29 et 30
novembre prochains, à Pékin, est une opportunité pour les entreprises
françaises agricoles et agroalimentaires souhaitant investir en Chine.
Plusieurs provinces du pays sont résolues à acheter les savoir-faire
français.
Par Publié par Cédric Michelin
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Le savoir-faire agricole français a décidé de s'exporter vers la Chine et ce sont les Chinois qui viennent à la rencontre des professionnels du monde agricole et agroalimentaire français. Un Forum agricole et agroalimentaire franco-chinois se tiendra les 29 et 30 novembre prochains, à Pékin, un rendez-vous d’affaires organisé par les associations Europe-China Commercial Union (ECCU) et China Agricultural Association For International Exchange (CAAIE). L’urbanisation et le développement économique de la Chine modifient fortement la nature de la demande agricole et alimentaire du peuple chinois. A tel point que la modernisation des secteurs agricole et alimentaire est la première priorité du 12e Plan quinquennal 2011-2015 arrêté par le gouvernement central chinois. Les organisateurs du Forum, en partenariat avec les organisations professionnelles agricoles et agroalimentaires françaises et chinoises, sous le patronage des ministères français et chinois de l’Agriculture, ont dévoilé à la presse française, le 19 septembre, ce qu’attend la Chine.

La Chine a besoin des savoir-faire français pour accroître sa productivité agricole, la qualité et la sécurité sanitaire de ses produits alimentaires, mais aussi . Elle veut aussi diversifier son offre d’aliments face à des consommateurs plus exigeants. 300 entreprises chinoises seront présentes lors du Forum de Pékin pour combler « notre retard dans ces domaines », explique Yu-e Tong, Secrétaire Générale Adjointe de l’association CAAIE.

Les entreprises françaises ont de leur côté l’opportunité de pénétrer davantage le marché chinois – la France est déjà le premier fournisseur agroalimentaire européen de la Chine, en particulier de vins et spiritueux – en élargissant leur offre de produits, de technologies, de matériels et d’équipements, de systèmes d’organisation et de gestion. « 1.500 entreprises françaises sont potentiellement en mesure de répondre à la demande chinoise dans les secteurs agricole et agroalimentaire », estime Michelle Grosset, Secrétaire Générale de l’ADEPTA (Association pour le développement des échanges internationaux de produits et techniques agricoles et agroalimentaires).

Distorsions de concurrence



En Chine, la France est aujourd’hui confrontée à une concurrence accrue de la part de l’Australie (vins), des Etats-Unis (plats préparés, snacks), de l’Italie (restauration, vins, fromages, charcuterie) ou de l’Espagne (vins, fromages, charcuterie). « C’est l’image de marque du savoir-faire français que nous vendons. Mais cela est nécessaire aussi pour garder de la compétitivité sur nos territoires, car il faut exporter et être donc meilleurs que les autres pays déjà installés en Chine », explique le Directeur de l'IFIP (Institut français du porc), Philippe Lecouvey.

La France a en outre un objectif stratégique de long terme : « aller vers un plus grand équilibre » entre les coûts de revient français et européens d’un côté, et ceux chinois de l’autre. Ces transferts de savoir-faire devraient permettre aux « performances chinoises de se confondre, après plusieurs années, avec celles de la France et de l’Union Européenne, faisant remonter le prix de revient chinois », attend le Directeur de l’IFIP. Répondre aux besoins de développement chinois à court et moyen terme, afin de favoriser une concurrence internationale plus équitable à long terme en ayant réduit les distorsions de concurrence, est-il un pari risqué ? Car, pour le moment, la force de frappe économique chinoise semble irrésistible.

Projets de filière



Porc, viticulture, betterave sucrière, alimentation animale, génétique d’élevage, plateformes de commercialisation, chaîne du froid, logistique, etc. Une douzaine de provinces chinoises ont déjà transmis pour ce Forum une cinquantaine de projets dont la moitié concerne des filières d’élevage. Ces provinces sollicitent des projets clés en main, qui portent très souvent sur le développement complet d’une filière de production, en particulier dans les secteurs de l’élevage et de l’alimentation animale, incluant la formation des techniciens et des personnels.

Un projet pilote de production porcine dans la province du Hebei, à Handan, aujourd’hui concrétisé, a déjà été porté par l'IFIP et a mobilisé 13 entreprises partenaires françaises. Cette province a en fait racheté l’ensemble du savoir-faire français en matière de production porcine. « Ce projet a généré, pour 4,5 millions d’euros, la vente de toutes les technologies nécessaires à une filière de production porcine », précise le Directeur de l’IFIP.

Ces provinces chinoises sont des régions en développement économique, à l'écart du dynamisme des provinces développées des littoraux urbanisés du sud et de l'est du pays. Dans la Région autonome du Ningxia (sud-ouest de la Chine, région reculée proche de la Mongolie intérieure), on attend le savoir-faire d'investisseurs français pour cultiver la vigne sur 47.000 ha d’ici à 2015, au pied de la montagne Helanshangdon. Et on espère la création de 100.000 emplois. Le Gouvernement Populaire de la ville de Jiamusi, dans l’ancienne Mandchourie (extrême nord-est de la Chine), veut, lui, développer une filière betteravière pour la production de sucre, visant une production annuelle de 1,2 million de tonnes (Mt) de betteraves.

Pour s’inscrire en ligne au Forum de Pékin et s’informer sur le détail des différents projets, un site web – www.foralim-france-chine.com – sera ouvert à partir du 26 septembre.