Filière Viande bovine
Le schéma n’est plus tenable !
Lundi prochain à Jalogny, les Jeunes agriculteurs ont
invité les représentants de la filière bovine départementale à
réfléchir sur son organisation. Une réunion qui fait suite au débat
engagé par les JA au printemps dernier à l’occasion de leur assemblée
générale. Alors que les éleveurs vivent de plus en plus mal de leur
métier, les jeunes osent pointer du doigt le manque d’organisation amont de la filière. Responsable avec Olivier Nidiau du groupe Viande aux JA de Saône-et-Loire, Fabrice Voillot explique pourquoi.
invité les représentants de la filière bovine départementale à
réfléchir sur son organisation. Une réunion qui fait suite au débat
engagé par les JA au printemps dernier à l’occasion de leur assemblée
générale. Alors que les éleveurs vivent de plus en plus mal de leur
métier, les jeunes osent pointer du doigt le manque d’organisation amont de la filière. Responsable avec Olivier Nidiau du groupe Viande aux JA de Saône-et-Loire, Fabrice Voillot explique pourquoi.
« Les éleveurs allaitants sont vraiment dans une situation d’urgence. On ne peut pas continuer à vivre avec des prêts de trésorerie qui se succèdent. Nous aimons passionnément ce que nous faisons, mais à un moment donné, la foi ne suffit plus ! 26 % des exploitants ont cessé leur activité en dix ans, ce qui représente environ 800.000 emplois en France ! L’élevage va finir par connaître le même sort que les mines du Nord ou la sidérurgie ! Bientôt des chefs d’exploitation vont être obligés de trouver du travail à l’extérieur pour compenser les pertes de leur élevage ! Ca ne peut plus durer ! », s’alarme Fabrice Voillot. Dans un contexte où la consommation mondiale de viande bovine augmente, les jeunes acceptent d’autant plus mal d’être contraints de « brader leurs animaux », alors même que les charges explosent. « Il est légitime que nous défendions notre gagne-pain et cela passe par une juste rémunération de notre travail », estime le jeune éleveur.
« Cessez la stratégie du moins disant ! »
Pour rétablir cette juste rémunération, les JA se tournent vers la filière. Et ils osent dire que la grande distribution et les abatteurs ne sont peut-être pas les seuls responsables de ce jeu de "moins-disant". « En ferme, l’interlocuteur des éleveurs, ce ne sont pas les GMS ! », souligne Fabrice Voillot. Un constat qui renvoie dos à dos tous les opérateurs économiques, coopératifs comme privés, auxquels les éleveurs livrent leurs animaux. Pour les JA, c’est à eux de défendre la viande des éleveurs et de faire en sorte qu’elle rémunère leur travail. « En faisant le contraire, les organisations de producteurs font la part belle à la grande distribution ! », dénonce Fabrice Voillot. Dans le maigre, les 130.000 broutards produits en Saône-et-Loire représentent une offre massive : « on ne peut pas croire qu’avec un tel volume, nos opérateurs ne puissent pas faire pression sur les acheteurs », poursuit le jeune éleveur. Autre motif d’indignation : « on nous dit que la charolaise est la meilleure race au monde, qu’il faut la défendre avec ses labels, son AOC… Comment peut-on défendre une race si on n’en vit pas ! », interroge le jeune responsable.
Examen de conscience
Bref, les Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire exhortent leurs organisations économiques à faire un examen de conscience. Le schéma existant n’est plus tenable : « les éleveurs crèvent, les organisations de producteurs doivent les sauver », estime Fabrice Voillot. Lundi soir, les jeunes proposeront un certain nombre d’idées pour améliorer l’organisation de la filière. « L’objectif, c’est de se donner des perspectives qui aillent au-delà de six mois », confie le responsable JA. L’une des idées centrales prônées par JA 71, c’est de réintégrer les coûts de production dans la définition du prix des animaux. « Comment peut-on laisser partir des animaux sans en connaître le prix ? Aujourd’hui, le prix payé à l’éleveur, c’est ce qu’il reste lorsque tous les maillons de la filière ont prélevé leur marge ! C’est ce mécanisme de fabrication du prix que nous voulons remettre à l’endroit », plaide Fabrice Voillot. « Un prix Départ ferme, intégrant les coûts de production » qui coupe court à tout "maquignonnage". Partant de là, « sur cette base solide et équitable pour l’éleveur, c’est aux organisations de producteurs de s’entendre pour défendre le produit face à la grande distribution », estime Fabrice Voillot. Une proposition audacieuse « qui n’a rien d’une utopie », se défend le représentant des Jeunes. Le fait est qu’en osant s’attaquer à un tabou, les jeunes ne manqueront pas d’essuyer des commentaires mettant en doute le bienfondé de leur analyse. Pourtant, sur le terrain, nombre de leurs aînés partagent leur agacement... et leur analyse !
« Cessez la stratégie du moins disant ! »
Pour rétablir cette juste rémunération, les JA se tournent vers la filière. Et ils osent dire que la grande distribution et les abatteurs ne sont peut-être pas les seuls responsables de ce jeu de "moins-disant". « En ferme, l’interlocuteur des éleveurs, ce ne sont pas les GMS ! », souligne Fabrice Voillot. Un constat qui renvoie dos à dos tous les opérateurs économiques, coopératifs comme privés, auxquels les éleveurs livrent leurs animaux. Pour les JA, c’est à eux de défendre la viande des éleveurs et de faire en sorte qu’elle rémunère leur travail. « En faisant le contraire, les organisations de producteurs font la part belle à la grande distribution ! », dénonce Fabrice Voillot. Dans le maigre, les 130.000 broutards produits en Saône-et-Loire représentent une offre massive : « on ne peut pas croire qu’avec un tel volume, nos opérateurs ne puissent pas faire pression sur les acheteurs », poursuit le jeune éleveur. Autre motif d’indignation : « on nous dit que la charolaise est la meilleure race au monde, qu’il faut la défendre avec ses labels, son AOC… Comment peut-on défendre une race si on n’en vit pas ! », interroge le jeune responsable.
Examen de conscience
Bref, les Jeunes agriculteurs de Saône-et-Loire exhortent leurs organisations économiques à faire un examen de conscience. Le schéma existant n’est plus tenable : « les éleveurs crèvent, les organisations de producteurs doivent les sauver », estime Fabrice Voillot. Lundi soir, les jeunes proposeront un certain nombre d’idées pour améliorer l’organisation de la filière. « L’objectif, c’est de se donner des perspectives qui aillent au-delà de six mois », confie le responsable JA. L’une des idées centrales prônées par JA 71, c’est de réintégrer les coûts de production dans la définition du prix des animaux. « Comment peut-on laisser partir des animaux sans en connaître le prix ? Aujourd’hui, le prix payé à l’éleveur, c’est ce qu’il reste lorsque tous les maillons de la filière ont prélevé leur marge ! C’est ce mécanisme de fabrication du prix que nous voulons remettre à l’endroit », plaide Fabrice Voillot. « Un prix Départ ferme, intégrant les coûts de production » qui coupe court à tout "maquignonnage". Partant de là, « sur cette base solide et équitable pour l’éleveur, c’est aux organisations de producteurs de s’entendre pour défendre le produit face à la grande distribution », estime Fabrice Voillot. Une proposition audacieuse « qui n’a rien d’une utopie », se défend le représentant des Jeunes. Le fait est qu’en osant s’attaquer à un tabou, les jeunes ne manqueront pas d’essuyer des commentaires mettant en doute le bienfondé de leur analyse. Pourtant, sur le terrain, nombre de leurs aînés partagent leur agacement... et leur analyse !