Le temps des multinationales
L’émergence des Etats-Unis et du Brésil va de pair avec la volonté exportatrice croissante de ces deux pays. Cette ambition s’est traduite par une hausse fulgurante des volumes exportés, à partir de 1990 pour le premier et de 2000 pour le second. Les nombreuses avancées en matière de libéralisation du commerce, qu’ont permises les accords du Gatt, puis de l’OMC au cours de cette période, ne sont pas étrangères à ces performances.
Les global players cherchent en permanence à accroître leurs parts de marché dans les différentes régions du monde pour accroître et sécuriser leurs sources de revenus. Le temps des fusions-acquisitions est donc loin d’être révolu ! D’autant plus que, depuis quelques années en Chine, de nouveaux global players sont en train d’émerger dans le secteur du porc…
FranceAgriMer divise ces grands groupes en deux catégories : « ceux qui se sont constitués autour d'une production animale prédominante » et « ceux qui traitent plusieurs viandes, parfois produisent des produits élaborés frais ou transformés cuits ». Actuellement, les dix plus importants groupes des filières viandes assurent la commercialisation d'environ 15 % de la production mondiale de viande.
« Il est urgent de faire face aux gros acteurs mondiaux »
Jean-Paul Bigard, président du syndicat Sniv-SNCP (syndicat des industriels de la viande et syndicat national du commerce du porc), partage l'ambition des producteurs : à savoir que la France redevienne un grand acteur du commerce international des viandes. « Il est urgent de faire face aux gros acteurs mondiaux », souligne-t-il. Pour autant, il diverge sur les moyens et se montre critique sur la contractualisation : « c'est en réalité favoriser l'import qui ne sera pas soumis à cette contractualisation et le système se retournera donc contre les éleveurs français eux-mêmes. Cette obligation de contractualisation est l'exemple même de la fausse bonne idée », met-il en garde. De son côté, la FNB est très favorable à l'exportation vers les pays tiers. Et, « c'est aussi dans ce cadre qu'on envisage la contractualisation. Imaginons que dans une telle stratégie on puisse contractualiser 30 % de la production de jeunes bovins. On aura contribué à tirer tout le marché vers le haut », plaide son président Pierre Chevalier. Quant à Jean-Paul Bigard, il insiste sur le fait que la hausse des cours actuelle comporte des risques pour l'industrie. Il n'empêche : « il est plus que temps de s'unir », dit-il aux éleveurs à quelques jours de l'assemblée générale du Sniv, le 27 septembre.