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Les bienfaits des parcours aménagés

EXPÉRIMENTATION / Pour limiter le stress thermique des volailles, il est intéressant de projeter les effets des espaces arborés à moyen terme, en plantant des haies et des bosquets. En effet, on prévoit des risques sévères de canicules dans la région et notamment en basse vallée du Rhône les prochaines décennies. Exemple du projet régional Syvofa, destiné à améliorer les parcours inscrits à la charte label rouge.

Par LG
Les bienfaits des parcours aménagés
©LG
Patricia Nifle, directrice du syndicat de défense de la marque Volailles fermières d’Auvergne.

Alice Marchandeau, chargée de mission parcours, biodiversité à l’Itavi, a rappelé les multiples intérêts des arbres et couverts forestiers. Par exemple, on observe une réduction de 60 % de la vitesse du vent sur une distance de 12 à 15 fois la hauteur des arbres. Au milieu d’arbres en journée, la température diminue en moyenne de 4 °C et la température au sol de 0,6 à 3,3 °C. De plus, tandis qu’un arbre évapore chaque jour de 50 à 200 litres d’eau, l’humidité relative à sa proximité augmente de 10 à 20 %. Au-delà de ces données générales, qu’en est-il sur les parcours de volailles ? Trois exploitations ont été suivies les étés 2022 et 2023. Quatre niveaux de risques théoriques (THI) ont été définis, tenant compte de la température de l’air et de son degré d’humidité relative en %, de l’absence de stress thermique à un risque très sévère. Sur des parcours diversifiés, il a été observé qu’aux heures les plus chaudes de la journée, sous les aménagements, la température était de 3 °C de moins en moyenne. De même, on y relève 3 à 5 heures de moins en stress thermique sévère. Sous un couvert arboré, aux heures les plus chaudes, la température s’établit à 4,5 degrés de moins en moyenne, et le stress thermique sévère ou très sévère diminue de 2 à 3 heures sous les arbres. Les résultats sont moins intéressants dans un parcours en verger, la température ne baisse que de 2 °C aux heures les plus chaudes sous le rang et la durée de stress thermique sévère ne diminue que de 1 à 2 heures. Il est noté que les inter-rangs de vergers peuvent présenter des niveaux de stress thermiques importants faute de ventilation suffisante au niveau du sol. Ces observations conduisent Alice Marchandeau à conclure que les arbres permettent de réduire la température de 4 à 5 °C de moyenne aux heures les plus chaudes et la durée d’exposition à un risque sévère de stress thermique de 4 à 8 heures pour les animaux. Toutefois, l’implantation des arbres et arbustes à proximité des bâtiments et leurs effets sur l’ensemble de l’année doivent être pris en compte.

Programme régional

Pour illustrer ces données générales, Patricia Nifle a présenté le programme aménagement de parcours du Syfova, le syndicat de défense de la marque Volailles fermières d’Auvergne. Engagé voilà dix ans, il visait à améliorer l’aménagement des parcours afin de répondre aux exigences des cahiers des charges label rouge, le bien-être des volailles et l’installation des abeilles. Chaque début d’été, l’étape la moins aisée a été de recruter des éleveurs et de les convaincre de participer au projet. Ensuite, des sessions techniques avec la Mission haies Aura ont permis à chaque éleveur de travailler sur son projet de plantation et de repartir avec un plan précis, une liste des essences et un bon de commande. En octobre, les plans personnalisés étaient validés, puis les commandes groupées de plants et de matériel de protection lancées. En janvier, les remises groupées de matériel étaient assorties de démonstrations techniques de plantation. Toutes les plantations de parcours volailles ont été contrôlées un an plus tard afin de vérifier le respect des bonnes pratiques et la réussite du projet. Dans l’ensemble, les parcours comportaient des arbustes buissonnants, des arbres moyens et des arbres de haut-jet. En moyenne, le coût des plantations et protections s’est élevé à 500 € par parcours. Le Syfova a obtenu une aide forfaitaire pour l’animation et les plantations et des organismes de production ont versé une indemnité aux éleveurs. Il faut attendre au moins 5 ans après les plantations pour que les bienfaits des parcours, haies-peignes, haies brise-vent, bosquets, arbres isolés… commencent à se faire sentir. Il reste encore nombre d’éleveurs à convaincre de l’intérêt des arbres pour le bien-être de leurs volailles, qui vont se déployer sur l’ensemble d’un parcours lorsqu’il est arboré.

LG

Depuis 2016, 15 000 mètres de linéaires de haies ont été plantés, soit plus de 5 200 arbres. Ce programme a concerné 221 éleveurs qui ont réalisé 441 parcours différents. Les techniciens en agroforesterie ont, selon les cas, conseillé des essences aux branches flexibles peu hospitalières pour le nichage des oiseaux prédateurs. Dans chaque cas, pour les implantations, ils tiennent compte avec les éleveurs des trajectoires des prédateurs et des lignes d’envol. Ce travail technique et d’animation a été réalisé en coopération avec la Mission haies Aura.

Bilan du projet Syvofa