Traçabilité des viandes
Les bouchers s’engagent
Pour mettre un terme à la polémique sur l’abattage rituel, les bouchers ont choisi de prendre les devants. Les bouchers d’Île-de-France ont ainsi annoncé leur intention de demander à leurs fournisseurs une attestation selon laquelle les animaux sont abattus selon les normes en vigueur, c’est-à-dire préalablement étourdis à la saignée. Les bouchers ont pris cette initiative pour répondre aux interrogations d’une partie de leur clientèle sur la façon dont sont abattus les animaux. « Les clients nous posent des questions sur la façon dont les animaux sont abattus », observe le président de la boucherie parisienne, Bernard Merhet. En France, l’abattage rituel porte sur 14 à 15 % des tonnages et non 30 à 32 %, précise Dominique Langlois, président d’Interbev. « Les 30 à 32 % renvoient aux têtes d’animaux qui comprennent les ovins. Et si on tient compte du fait qu’une partie des animaux abattus sont exportés sur le pourtour méditerranéen, la consommation de viande en France abattue selon les règles rituelles correspond à 7 à 8 % des abattages. Ce qui correspond à la population de religion musulmane », explique-t-il. Par ailleurs, Interbev a décidé d’accélérer la mise en œuvre des textes sur l’abattage rituel dont l’application était initialement prévue au 1er juillet prochain. Il prévoit notamment que l’abattage rituel doit correspondre aux commandes commerciales. La filière entend ainsi relativiser l’importance de l’abattage rituel. « La filière n’a pas à être l’otage du débat politique », a conclu Dominique Langlois.