Elections présidentielles
Les candidats rencontrent le monde agricole
Sarkozy, Hollande, Bayrou … Pour la première fois, ils étaient sept
candidats à la présidentielle à se dévoiler devant les représentants du
monde agricole le 29 mars. Pac, compétitivé, gestion de l’eau… Aucun
sujet de préoccupation n’a été oublié.
candidats à la présidentielle à se dévoiler devant les représentants du
monde agricole le 29 mars. Pac, compétitivé, gestion de l’eau… Aucun
sujet de préoccupation n’a été oublié.
Important dispositif de sécurité au Corum de Montpellier. Près de 210 journalistes ont afflué ainsi que 1.500 personnes des sphères agricoles et politiques. Il faut dire que sept candidats ont défilé à la tribune du Corum à Montpellier le 29 mars. Tous sont présents sauf Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou. Les candidats à la présidentielle ont été interpellés sur cinq thématiques par vingt deux organisations agricoles (Groupama, Jeunes agriculteurs, Coop de France, MSA … ) : le défi alimentaire, le développement durable, l’économie et territoires, l’innovation et la recherche ainsi que l’emploi et la formation. Un grand oral faisant suite au Congrès de la FNSEA qui s’est déroulé les deux jours précédents. Pas de débat ou d’interpellations, les règles du jeu ont été fixés à l’avance : chaque présidentiable dispose de quinze minutes pour faire son discours puis de cinq minutes pour répondre aux représentants de la ruralité. Ordre alphabétique oblige, François Bayrou fut le premier à s’exprimer. Commençant par un moment d’intimité, il a évoqué la mort de son père agriculteur, victime d’un « accident du travail » et sa succession au métier d’agriculteur… Puis, il a abordé les sujets d’actualité. La Pac pour commencer. « Je ne céderais pas sur l’affaire du budget de la Pac », lance le candidat du Modem. Idem pour François Hollande qui veut que « la part de l’agriculture dans le budget européen soit maintenue ». Il faut dire que l’enjeu est de taille : le budget de la Pac 2014-2020 est en cours de négociation et en France, on craint qu’il soit revu à la baisse. En effet, l’hexagone fait partie des premiers contributeurs au budget européen mais en est aussi le premier bénéficiaire. Pour Jacques Cheminade (solidarité et progrès) la politique européenne doit avoir un « juste prix ». Dans la foulée, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) veut « que la France renégocie avec fermeté (le budget de la Pac, NDLR) » car « nous versons 7 milliards d’euros de plus que ce que l’on reçoit ». A contrario Marine Le Pen, fidèle aux idées de son parti a réaffirmé vouloir sortir de la Pac et a demandé la « renationalisation » des aides agricoles : « je ne vois comme solution qu’une politique nationale de protectionnisme pour protéger producteur et consommateur ».
Compétitivité
Concernant l’harmonisation européenne des normes sur les produits importés, les candidats semblaient là aussi à peu près sur la même longueur d’onde. Nicolas Sarkozy veut mettre en place une « règle de réciprocité » pour que les produits importés soient soumis aux mêmes contraintes que les produits français. Habitué des formules chocs, le candidat-président a intitulé cette nouvelle réforme le « buy act » : « Je veux la concurrence mais à égalité de contraintes », a-t-il expliqué. Pas égalité de chance puisque Nicolas Sarkozy a défendu son projet de TVA sociale et assuré de l’étendre aux exploitants agricoles « si l’Europe le permet ». Selon lui, « 97 % des salariés de l’agriculture sont concernés par une baisse de 5, 4 % des charges patronales ».
Autre formule exploitée par Nicolas Sarkozy : « le small business act ». L’idée serait de réserver une part des marchés publics aux PME. « Je donne un an à l’Europe. Soit l’Europe adopte le Small business act, comme les Américains, qui permet de réserver un pourcentage des marchés publics aux PME, soit nous nous doterons de façon unilatérale d’une règle, qui permettra de réserver, pour tous les acteurs publics, 20 % des marchés publics au PME ».
Toujours en matière de compétitivité. Thématique chère au premier syndicat agricole français qui reproche à la France de ne pas être assez compétitive notamment en raison du coût salarial. Même si aujourd’hui, la France est au 3 ° rang européen pour les échanges de produit agricole. François Hollande reconnaît ne pas avoir soutenu la TVA sociale (portée par la FNSEA). Il propose également une « banque d’investissement » pour « accompagner le développement des PME en lien avec l’industrie agroalimentaire ». « Nous avons d’une logique de filière, contractuelle et solidaire », a-t-il ajouté.
Retenues d’eau et déboires
S’il y a bien un sujet qui préoccupe les agriculteurs en ce moment, c’est la sécheresse, surtout à Montpellier où il n’a pas plu depuis le mois de novembre. « Il faut faire des investissements en matière de réserve d’eau », envoie François Hollande. Et Sarkozy d’annoncer un décret qui sortira prochainement sur des réserves collinaires de 350.000 m3. En d’autres termes : les agriculteurs pourront bientôt construire des retenues d’eau pour récupérer les eaux de pluie.
En matière d’environnement, tous se sont accordés sur le trop grand nombre de règles superposées. Pour en parler qui mieux que la candidate écologiste, Eva Joly ? A la surprise générale, celle-ci fut plus applaudie. « Je suis contre l’écologie punitive et les tracasseries administratives, a-t-elle lancé reprenant un terme de Xavier Beulin, c’est le pouvoir actuel qui les a mis en place. » Se prononçant en faveur des circuits courts et de l’agriculture biologique, Eva Joly a rendu hommage à José Bové qui a lutté contre l’accord Union Européenne-Maroc, mettant en péril la production de tomates française. De son côté, Marine Le Pen a fait une sortie fracassante en interpellant Xavier Beulin, le président de la FNSEA, le traitant de « mauvais lobbyiste » et se positionnant clairement contre les OGM. Sifflement de la salle. Ce à quoi le président de la FNSEA a rétorqué : « je n’ai aucune leçon à recevoir de Marine Le Pen ».
Compétitivité
Concernant l’harmonisation européenne des normes sur les produits importés, les candidats semblaient là aussi à peu près sur la même longueur d’onde. Nicolas Sarkozy veut mettre en place une « règle de réciprocité » pour que les produits importés soient soumis aux mêmes contraintes que les produits français. Habitué des formules chocs, le candidat-président a intitulé cette nouvelle réforme le « buy act » : « Je veux la concurrence mais à égalité de contraintes », a-t-il expliqué. Pas égalité de chance puisque Nicolas Sarkozy a défendu son projet de TVA sociale et assuré de l’étendre aux exploitants agricoles « si l’Europe le permet ». Selon lui, « 97 % des salariés de l’agriculture sont concernés par une baisse de 5, 4 % des charges patronales ».
Autre formule exploitée par Nicolas Sarkozy : « le small business act ». L’idée serait de réserver une part des marchés publics aux PME. « Je donne un an à l’Europe. Soit l’Europe adopte le Small business act, comme les Américains, qui permet de réserver un pourcentage des marchés publics aux PME, soit nous nous doterons de façon unilatérale d’une règle, qui permettra de réserver, pour tous les acteurs publics, 20 % des marchés publics au PME ».
Toujours en matière de compétitivité. Thématique chère au premier syndicat agricole français qui reproche à la France de ne pas être assez compétitive notamment en raison du coût salarial. Même si aujourd’hui, la France est au 3 ° rang européen pour les échanges de produit agricole. François Hollande reconnaît ne pas avoir soutenu la TVA sociale (portée par la FNSEA). Il propose également une « banque d’investissement » pour « accompagner le développement des PME en lien avec l’industrie agroalimentaire ». « Nous avons d’une logique de filière, contractuelle et solidaire », a-t-il ajouté.
Retenues d’eau et déboires
S’il y a bien un sujet qui préoccupe les agriculteurs en ce moment, c’est la sécheresse, surtout à Montpellier où il n’a pas plu depuis le mois de novembre. « Il faut faire des investissements en matière de réserve d’eau », envoie François Hollande. Et Sarkozy d’annoncer un décret qui sortira prochainement sur des réserves collinaires de 350.000 m3. En d’autres termes : les agriculteurs pourront bientôt construire des retenues d’eau pour récupérer les eaux de pluie.
En matière d’environnement, tous se sont accordés sur le trop grand nombre de règles superposées. Pour en parler qui mieux que la candidate écologiste, Eva Joly ? A la surprise générale, celle-ci fut plus applaudie. « Je suis contre l’écologie punitive et les tracasseries administratives, a-t-elle lancé reprenant un terme de Xavier Beulin, c’est le pouvoir actuel qui les a mis en place. » Se prononçant en faveur des circuits courts et de l’agriculture biologique, Eva Joly a rendu hommage à José Bové qui a lutté contre l’accord Union Européenne-Maroc, mettant en péril la production de tomates française. De son côté, Marine Le Pen a fait une sortie fracassante en interpellant Xavier Beulin, le président de la FNSEA, le traitant de « mauvais lobbyiste » et se positionnant clairement contre les OGM. Sifflement de la salle. Ce à quoi le président de la FNSEA a rétorqué : « je n’ai aucune leçon à recevoir de Marine Le Pen ».