Les challenges de l’agriculture de France
rang dans le domaine agricole et agroalimentaire, sinon ses filières
seront laminées, met en garde Philippe Mangin, le président de Coop de France.
Bovins : « l’avenir ne passe pas par le tout export »
Accusé par le syndicalisme et le ministre de l’agriculture de refuser d’intégrer le GIE export créé à l’initiative de la Fédération nationale bovine, Philippe Mangin rétorque que « l’avenir ne passe pas par le tout export » et qu’il « n’est pas enthousiaste » pour le rejoindre. D’abord parce qu’il s’agit d’un débouché « aléatoire et cyclique » et qu’il faut veiller « à ne pas assécher les outils industriels français ». Ce qui serait le cas actuellement avec des disponibilités en baisse à cause de la sécheresse qui a provoqué des abattages anticipés au printemps et la rétention par les éleveurs de leur vaches de réforme laitières, le prix du lait étant plutôt attractif actuellement. Attention, à vouloir privilégier l’export, de faire le lit de la viande allemande dans la distribution, insiste-t-il. Coop de France préférerait s’engager dans une démarche de promotion de la viande bovine et de veille, à l’image de ce qu’a réalisé la filière céréalière avec France Export Céréales. « C’est ce modèle que nous recommandons », plaide Philippe Mangin.
« Réforme de la Pac : plutôt une bonne base »
« Ce n’est pas une copie que l’on a envie de jeter à la poubelle » indique Philippe Mangin, évoquant l’avant projet de Dacian Ciolos sur la réforme de la Pac qu’il juge plutôt comme « une bonne base » de travail avec l’ouverture d’un fonds de mutualisation et du stockage privé à toutes les filières. La seule chose qui l’inquiète est la non prise en considération des élargissements futurs dans le budget de la Pac, et notamment l’arrivée plus ou moins programmée à brève échéance de la Croatie. Quant au verdissement de la Pac, « il ne nous fait pas peur », à condition qu’il s’inscrive dans une démarche de progrès du type « agriculture écologiquement intensive », et non pas « sur des techniques du passé ». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Coop de France s’engage dans la Stratégie nationale pour la biodiversité. D’ailleurs un certain nombre de coopératives n’ont pas attendu la signature nationale pour s’impliquer dans cette démarche. Et Coop de France de citer In Vivo avec la mise en place d’indicateurs de biodiversité, Coop de France Déshydratation avec la luzerne, Terrena, Nouricia, Limagrain…