Réagir et anticiper face à la sécheresse
Les coproduits dans l’alimentation des ruminants
Les coproduits utilisables dans l’alimentation des animaux d’élevage
ont plusieurs origines : les coproduits de l’industrie agro-alimentaire
(pulpes de betteraves, lactosérum, drêches de brasserie, etc.), les
coproduits disponibles directement sur l’exploitation (paille de
céréales, canne de maïs, paille de pois, ...) et les coproduits de
retrait des filières fruits et légumes (pommes, carottes, pommes de
terre, ...). Ils représentent un volume de 8 à 13 millions de tonnes de
matière sèche toutes filières confondues en fonction des années. Une
grande partie de ces volumes est déjà valorisée, notamment par les
fabricants d’aliments du bétail ou par des éleveurs utilisateurs
réguliers et fidélisés. Même si des volumes d’opportunité demeurent
disponibles, la marge de manœuvre est limitée en cette année de
sécheresse car la plupart des disponibilités sont immédiatement
mobilisées.
ont plusieurs origines : les coproduits de l’industrie agro-alimentaire
(pulpes de betteraves, lactosérum, drêches de brasserie, etc.), les
coproduits disponibles directement sur l’exploitation (paille de
céréales, canne de maïs, paille de pois, ...) et les coproduits de
retrait des filières fruits et légumes (pommes, carottes, pommes de
terre, ...). Ils représentent un volume de 8 à 13 millions de tonnes de
matière sèche toutes filières confondues en fonction des années. Une
grande partie de ces volumes est déjà valorisée, notamment par les
fabricants d’aliments du bétail ou par des éleveurs utilisateurs
réguliers et fidélisés. Même si des volumes d’opportunité demeurent
disponibles, la marge de manœuvre est limitée en cette année de
sécheresse car la plupart des disponibilités sont immédiatement
mobilisées.
Il est toujours indispensable que les éleveurs veillent à avoir des garanties solides sur la valeur alimentaire, la qualité sanitaire et le prix des coproduits qu’on leur propose, en demandant le maximum d’informations au vendeur.
Choisir un coproduit parmi la large gamme disponible
Avant d’incorporer un coproduit dans l’alimentation des animaux, l’éleveur doit définir la place qu’il souhaite lui donner dans son plan de rationnement : une solution de dépannage ponctuelle (sécheresse, stocks insuffisants), une réaction face à une très bonne opportunité (prix attractif), ou une utilisation régulière. Dans le cas d’une sécheresse comme cette année, il faut veiller à l’utiliser le mieux possible dans son plan d’alimentation.
Différents types de coproduits existent en France et sont utilisables par les animaux d’élevage. En voici quelques exemples :
- les coproduits ligno-cellulosiques (paille de céréales, canne de maïs) ont des valeurs énergétique et azotée faibles. Ils sont peu digestibles et nécessitent un apport de complément énergétique pour maintenir l’équilibre de la ration. Compte tenu des perspectives de récolte en paille, ils seront moins disponibles et très prisés dans les prochains mois
- les coproduits de l’industrie sucrière (pulpes de betteraves surpressées) ont une bonne valeur énergétique et une valeur moyenne en azote. Ils sont disponibles qu’à la récolte en automne. Ils sont à réserver aux animaux ayant des besoins de production importants. La ration doit être adaptée, notamment par rapport au risque de diarrhées
- les coproduits de l’industrie laitière (lactosérum) sont utilisés pour leurs qualités énergétiques et sont disponibles tout au long de l’année en lien avec la transformation laitière. Ils remplacent aisément un aliment énergétique de la ration mais doivent être rationnés
- les coproduits de la brasserie (drêches), disponibles toute au long de l’année mais surtout dans les zones productrices de bière, sont riches en énergie et en azote. Ils sont à utiliser dans l’alimentation d’animaux ayant de forts besoins, malgré la faible solubilité de l’azote
- les coproduits des fruits et légumes (carotte, pomme, agrume, maïs doux) ont des teneurs très variables en énergie et azote en fonction du coproduit considéré. Attention aux effets laxatifs et acidogènes. Leur disponibilité est très variable en fonction de la récolte concernée et elle est habituellement faible à cette période. Elle l’est encore plus dans les conditions actuelles
- les coproduits de la pomme de terre (pulpe, purée, pelure) présentent une faible teneur en azote mais une richesse en amidon. Un apport de fibres est conseillé en complément. Certains d’entre eux sont disponibles pour la période estivale
- les coproduits du raisin (marc, pulpe) sont pauvres en énergie et en azote et peu disponibles en ce moment. Ils sont à réserver aux animaux ayant de faibles besoins. Un apport d’azote soluble est conseillé en complément de ces coproduits
- les coproduits des agrocarburants (tourteaux, drêches) sont riches en énergie et également en azote. Ce sont des concentrés dont les effets sur les performances des animaux sont maintenant bien documentés et faciles à utiliser en alimentation animale. Il faut néanmoins veiller à ne pas dépasser 5% de matière grasse dans la ration avec les tourteaux gras. Ils sont facilement disponibles tout au long de l’année mais restent principalement utilisés par les fabricants d’aliments du bétail et ne représentent donc pas une solution prioritaire pour faire face à la sécheresse
Vérifier la disponibilité des principaux coproduits
Les volumes disponibles des différents coproduits peuvent varier en fonction de la répartition de la production de la matière première sur l’année. Le tableau 1 présente les volumes et la saisonnalité de la disponibilité de quelques coproduits utiles en alimentation animale (voir tableau).
Malgré des variations saisonnières, certains coproduits sont disponibles tout au long de l’année car la matière première utilisée l’est également (graines de colza pour les tourteaux ou lait pour le lactosérum). Ces coproduits, du fait de leur régularité, ont très souvent un marché bien établi. Les volumes disponibles sont donc limités. Dans les prochaines semaines, il sera donc possible d’utiliser des coproduits de pomme de terre, des drêches de brasserie ou d’éthanol, des mélasses ou encore du lactosérum.
En revanche, d’autres productions sont plus saisonnées comme les pulpes de betteraves fraîches ou surpressées. Là encore, le marché de ces coproduits ne permet pas (ou peu) de dégager des coproduits d’opportunité. Les volumes sont en règle générale utilisés dans les régions productrices de betteraves, sauf pour la pulpe de betteraves déshydratée. Les coproduits de conserverie peuvent être distribués aux animaux dans les semaines à venir. Il en sera de même pour ceux issus de la filière maïs.
D’autres enfin sont plus occasionnels comme les fruits et légumes. Ils sont constitués d’écarts de tri ou de retraits du marché pour cause de surabondance. Ces coproduits peuvent représenter une alternative intéressante mais très ponctuelle en termes de volume et difficile à prévoir sur l’année.
Pomme de retrait et Racine d’endive
Les différents types de coproduits doivent donc permettre de constituer des stocks pour faire face à un déficit marqué en période de sécheresse. Il faudra donc privilégier des coproduits habituellement moins utilisés comme la paille de pois. Ils donnent en effet de la marge en terme de volume, alors que les coproduits plus classiques sont déjà fidélisés auprès d’utilisateurs réguliers (éleveurs et courtiers).
Calculer l’intérêt économique avant utilisation
L’intérêt peut aussi être économique et dans ce cas, le raisonnement minimal consiste à réaliser un calcul du prix de l’unité énergétique (UFL ou UFV) ou du g de PDI par kg de matière sèche du coproduit et de le comparer aux constituants de la ration auxquels on souhaite le substituer. Ainsi, chaque éleveur doit réaliser son propre calcul par rapport au coproduit qu’il souhaite utiliser et à la ration du moment. L’intérêt de cette technique est qu’elle permet de façon simple et rapide de savoir si le coproduit présente ou non un intérêt.
Pour les coproduits dont la teneur en MAT est inférieure à 13% de la MS, l’UFL sera la référence dans le calcul du prix d’équivalence. A l’inverse, si le coproduit présente une teneur en MAT supérieure à 13% de la MS, alors c’est la MAT qui doit servir de référence. Pour réaliser son propre calcul, il est indispensable d’actualiser les prix des différents étalons et coproduits.
Procéder à des analyses chimiques pour bien connaître les caractéristiques du coproduit
Il est également nécessaire de réaliser une (ou plusieurs) analyse(s) du (ou des) coproduit(s) que l’éleveur choisit d’utiliser. De l’information est déjà disponible auprès des industriels et vendeurs. L’Ania met d’ailleurs à disposition des industries agro-alimentaires un outil d’aide à la valorisation des coproduits en alimentation animale (identification du coproduit, du process de fabrication, analyse de risque et conseils de stockage). Cela doit permettre d’améliorer la connaissance du coproduit afin d’optimiser son utilisation dans le rationnement. Les conditions seront ainsi réunies pour une bonne utilisation. Le Comité National des Coproduit a également publié un guide pour la prévision de la valeur nutritive des coproduits pour les ruminants.
Anticiper les besoins en stockage des coproduits
Enfin, les conditions de stockage à la ferme doivent être pensées de façon à bien conserver les coproduits achetés. Si aucun problème n’est répertorié pour les coproduits secs (>85 % MS), il faut en revanche être particulièrement vigilant avec les coproduits humides (<30 % MS). Outre les difficultés de transport, la relative fragilité du coproduit oblige à une distribution très rapide aux animaux (dans les 48 heures en général) ou à un stockage sous forme d’ensilage. Ils sont d’ailleurs très souvent utilisés dans des zones proches des usines de production.
Choisir un coproduit parmi la large gamme disponible
Avant d’incorporer un coproduit dans l’alimentation des animaux, l’éleveur doit définir la place qu’il souhaite lui donner dans son plan de rationnement : une solution de dépannage ponctuelle (sécheresse, stocks insuffisants), une réaction face à une très bonne opportunité (prix attractif), ou une utilisation régulière. Dans le cas d’une sécheresse comme cette année, il faut veiller à l’utiliser le mieux possible dans son plan d’alimentation.
Différents types de coproduits existent en France et sont utilisables par les animaux d’élevage. En voici quelques exemples :
- les coproduits ligno-cellulosiques (paille de céréales, canne de maïs) ont des valeurs énergétique et azotée faibles. Ils sont peu digestibles et nécessitent un apport de complément énergétique pour maintenir l’équilibre de la ration. Compte tenu des perspectives de récolte en paille, ils seront moins disponibles et très prisés dans les prochains mois
- les coproduits de l’industrie sucrière (pulpes de betteraves surpressées) ont une bonne valeur énergétique et une valeur moyenne en azote. Ils sont disponibles qu’à la récolte en automne. Ils sont à réserver aux animaux ayant des besoins de production importants. La ration doit être adaptée, notamment par rapport au risque de diarrhées
- les coproduits de l’industrie laitière (lactosérum) sont utilisés pour leurs qualités énergétiques et sont disponibles tout au long de l’année en lien avec la transformation laitière. Ils remplacent aisément un aliment énergétique de la ration mais doivent être rationnés
- les coproduits de la brasserie (drêches), disponibles toute au long de l’année mais surtout dans les zones productrices de bière, sont riches en énergie et en azote. Ils sont à utiliser dans l’alimentation d’animaux ayant de forts besoins, malgré la faible solubilité de l’azote
- les coproduits des fruits et légumes (carotte, pomme, agrume, maïs doux) ont des teneurs très variables en énergie et azote en fonction du coproduit considéré. Attention aux effets laxatifs et acidogènes. Leur disponibilité est très variable en fonction de la récolte concernée et elle est habituellement faible à cette période. Elle l’est encore plus dans les conditions actuelles
- les coproduits de la pomme de terre (pulpe, purée, pelure) présentent une faible teneur en azote mais une richesse en amidon. Un apport de fibres est conseillé en complément. Certains d’entre eux sont disponibles pour la période estivale
- les coproduits du raisin (marc, pulpe) sont pauvres en énergie et en azote et peu disponibles en ce moment. Ils sont à réserver aux animaux ayant de faibles besoins. Un apport d’azote soluble est conseillé en complément de ces coproduits
- les coproduits des agrocarburants (tourteaux, drêches) sont riches en énergie et également en azote. Ce sont des concentrés dont les effets sur les performances des animaux sont maintenant bien documentés et faciles à utiliser en alimentation animale. Il faut néanmoins veiller à ne pas dépasser 5% de matière grasse dans la ration avec les tourteaux gras. Ils sont facilement disponibles tout au long de l’année mais restent principalement utilisés par les fabricants d’aliments du bétail et ne représentent donc pas une solution prioritaire pour faire face à la sécheresse
Vérifier la disponibilité des principaux coproduits
Les volumes disponibles des différents coproduits peuvent varier en fonction de la répartition de la production de la matière première sur l’année. Le tableau 1 présente les volumes et la saisonnalité de la disponibilité de quelques coproduits utiles en alimentation animale (voir tableau).
Malgré des variations saisonnières, certains coproduits sont disponibles tout au long de l’année car la matière première utilisée l’est également (graines de colza pour les tourteaux ou lait pour le lactosérum). Ces coproduits, du fait de leur régularité, ont très souvent un marché bien établi. Les volumes disponibles sont donc limités. Dans les prochaines semaines, il sera donc possible d’utiliser des coproduits de pomme de terre, des drêches de brasserie ou d’éthanol, des mélasses ou encore du lactosérum.
En revanche, d’autres productions sont plus saisonnées comme les pulpes de betteraves fraîches ou surpressées. Là encore, le marché de ces coproduits ne permet pas (ou peu) de dégager des coproduits d’opportunité. Les volumes sont en règle générale utilisés dans les régions productrices de betteraves, sauf pour la pulpe de betteraves déshydratée. Les coproduits de conserverie peuvent être distribués aux animaux dans les semaines à venir. Il en sera de même pour ceux issus de la filière maïs.
D’autres enfin sont plus occasionnels comme les fruits et légumes. Ils sont constitués d’écarts de tri ou de retraits du marché pour cause de surabondance. Ces coproduits peuvent représenter une alternative intéressante mais très ponctuelle en termes de volume et difficile à prévoir sur l’année.
Pomme de retrait et Racine d’endive
Les différents types de coproduits doivent donc permettre de constituer des stocks pour faire face à un déficit marqué en période de sécheresse. Il faudra donc privilégier des coproduits habituellement moins utilisés comme la paille de pois. Ils donnent en effet de la marge en terme de volume, alors que les coproduits plus classiques sont déjà fidélisés auprès d’utilisateurs réguliers (éleveurs et courtiers).
Calculer l’intérêt économique avant utilisation
L’intérêt peut aussi être économique et dans ce cas, le raisonnement minimal consiste à réaliser un calcul du prix de l’unité énergétique (UFL ou UFV) ou du g de PDI par kg de matière sèche du coproduit et de le comparer aux constituants de la ration auxquels on souhaite le substituer. Ainsi, chaque éleveur doit réaliser son propre calcul par rapport au coproduit qu’il souhaite utiliser et à la ration du moment. L’intérêt de cette technique est qu’elle permet de façon simple et rapide de savoir si le coproduit présente ou non un intérêt.
Pour les coproduits dont la teneur en MAT est inférieure à 13% de la MS, l’UFL sera la référence dans le calcul du prix d’équivalence. A l’inverse, si le coproduit présente une teneur en MAT supérieure à 13% de la MS, alors c’est la MAT qui doit servir de référence. Pour réaliser son propre calcul, il est indispensable d’actualiser les prix des différents étalons et coproduits.
Procéder à des analyses chimiques pour bien connaître les caractéristiques du coproduit
Il est également nécessaire de réaliser une (ou plusieurs) analyse(s) du (ou des) coproduit(s) que l’éleveur choisit d’utiliser. De l’information est déjà disponible auprès des industriels et vendeurs. L’Ania met d’ailleurs à disposition des industries agro-alimentaires un outil d’aide à la valorisation des coproduits en alimentation animale (identification du coproduit, du process de fabrication, analyse de risque et conseils de stockage). Cela doit permettre d’améliorer la connaissance du coproduit afin d’optimiser son utilisation dans le rationnement. Les conditions seront ainsi réunies pour une bonne utilisation. Le Comité National des Coproduit a également publié un guide pour la prévision de la valeur nutritive des coproduits pour les ruminants.
Anticiper les besoins en stockage des coproduits
Enfin, les conditions de stockage à la ferme doivent être pensées de façon à bien conserver les coproduits achetés. Si aucun problème n’est répertorié pour les coproduits secs (>85 % MS), il faut en revanche être particulièrement vigilant avec les coproduits humides (<30 % MS). Outre les difficultés de transport, la relative fragilité du coproduit oblige à une distribution très rapide aux animaux (dans les 48 heures en général) ou à un stockage sous forme d’ensilage. Ils sont d’ailleurs très souvent utilisés dans des zones proches des usines de production.