Les dernières tendances…
Transformer une aire paillée en aire raclée
Avec la hausse du prix de la paille, les aires paillées intégrales ont un peu perdu de leur intérêt économique. Un fait aggravé lorsque les vêlages se sont, entre temps, avancés en automne, ce qui double la consommation de paille et génère davantage de problèmes sanitaires, fait remarquer Philippe Comte. Ce sont ces évolutions qui ont conduit la chambre d’agriculture à chiffrer le coût de transformation d’une aire paillée intégrale en aire raclée.
« La plupart des stabulations existantes peuvent se transformer sans trop de difficulté », indique Nicolas Dupont. Pour peu que des portes existent à chaque extrémité du bâtiment, il suffit de bétonner une bande de 3,50 m de large derrière la stalle d’alimentation. Avec une bonne dose d’auto-construction, cette transformation peut revenir à environ 7.500 € pour une stabulation d’une soixantaine de vaches. C’est la création de l’ouvrage de stockage des effluents issus du raclage qui revient le plus cher. Il faut compter 19.000 € pour une fumière plus une citerne souple, indiquent les techniciens. Au final, la transformation de l’aire paillée en aire raclée pourrait revenir à environ 25.000 €, avec raclage au tracteur. En tablant sur une économie de paille de 40 % et un prix atteignant au moins 80 € la tonne, les conseillers bâtiments estiment que l’investissement peut être aisément rentabilisé sur la durée. La profession ne désespère pas que des aides pour ce type de projet soient obtenues. Affaire à suivre.
La simplicité du libre-service
Trois des ouvrages visités étaient dotés d’affouragement en libre-service (Gaec de La Rivolière, Gaec du Breuil et Pierre Daubard). Dans le cas d’une alimentation à base de foin, cette formule s’avère la plus économique et la plus simple à mettre en œuvre : pas besoin de dérouleuse, ni mélangeuse, ni tracteur, font remarquer les éleveurs. L’approvisionnement peut être espacé à plusieurs jours d’intervalle, ce qui gagne du temps de travail. Le libre-service engendre une surconsommation de fourrage de l’ordre de +20 %. Mais les systèmes à "festons", observés au cours de ce rallye, permettent de limiter les gaspillages. Au Gaec du Breuil à La Guiche, la famille Decerle a opté pour ce système en cherchant à conserver les avantages du plein-air pratiqué auparavant sur l’exploitation. Désormais, les bêtes vêlent et passent la majeure partie de l’hiver à l’abri, mais elles conservent la possibilité de sortir en journée dès que la météo le permet. Cette gestion en semi-plein air génère par ailleurs des économies de paille substantielles.
Ménager ses conditions de travail
Fonctionnalité et conditions de travail auront été au cœur de ce rallye. Désormais, un local technique muni d’eau chaude et d’un chauffage, assorti d’une batterie de boxes d’isolement et d’une "cage" à césarienne n’est pas rare. Tel est le cas au Gaec du Breuil qui, dans son système semi-plein air, a conçu un bâtiment bien équipé pour les soins aux animaux (local technique au milieu de la stabulation, très nombreux boxes d’isolement, cage à césarienne à l’intérieur du local…). Au Gaec Sarrazin à Chiddes, les associés ont placé la simplification du travail et la fonctionnalité au cœur de leurs préoccupations. Local sanitaire chauffé abritant un petit boxe pour les petits veaux ; barrière à césarienne et pour la tétée ; surveillance caméra ; nombreux couloirs et passages pour une circulation des animaux et des interventions optimales ; stockage des fourrages et de l’aliment sous le même toit…
S’il faut faire attention à la dépense, le bâtiment demeure un outil de travail crucial pour une exploitation allaitante et les éleveurs sont de plus en plus inventifs pour améliorer leurs conditions de travail et l’efficacité de leur bâtiment. La chasse aux bonnes idées est ouverte !
Aides PMBE disponibles
Se faire connaître de toute urgence !
Les conseillers bâtiments de la chambre d’agriculture invitent les éventuels candidats à la construction (de stabulations) à se faire connaître au plus vite car les délais d’instruction des dossiers PMBE sont relativement longs. Les trois prochaines échéances pour déposer un dossier complet de subventions seront le 15 février, mai-juin et fin septembre. Les budgets qui ne seront pas utilisés en 2012 seront perdus. De nouveaux crédits sont prévus en 2013, mais rien n’est connu pour 2014. Autrement dit, ceux qui envisagent un projet ont intérêt à hâter le pas, s’ils veulent pouvoir bénéficier d’un coup de pouce financier.
Photovoltaïque
Prudence pour le moment
Ce rallye a aussi été l’occasion de faire le point sur le photovoltaïque. Lionel Bourge, responsable du centre de gestion AS 71 pour Charolles et Bourbon-Lancy, a rappelé les changements intervenus ces derniers temps, à commencer par la division par trois du tarif de rachat de l’électricité produite, assortie de la disparition des subventions. Parallèlement, le prix d’achat du matériel photovoltaïque a été divisé par 4 en cinq ans de temps. Il faut désormais compter 2.000 € le kilowatt crête installé, sachant qu’une exploitation agricole ne peut pas dépasser 100 KW de capacité de production. « Aujourd’hui, pour mener à bout un tel projet, il faut avoir 20 % de la somme à mettre sur la table. Car les banquiers ne financent pas à 100 % ce genre d’installation », confiait Lionel Bourge. Or, en prenant en compte le fait que ces 20 % auraient pu être placés plutôt qu’investis, le spécialiste d’AS 71 estime que le porteur de projet perdrait de l’argent au bout de vingt ans. Bref, à l’heure actuelle, l’investissement dans le photovoltaïque n’est pas vraiment rentable. Ceci dit, pour ceux qui ont pu réaliser l’investissement au moment où ça valait encore la peine, les choses ont l’air de bien se passer. Au Gaec du Breuil à La Guiche dont la stabulation a été pourvue de panneaux photovoltaïques, la productivité est supérieure aux prévisions (170.000 KW produits la première année).