Les négociants veulent faciliter les transits
TRANSPORTS / La FFCB (négociants en bestiaux) a demandé au ministère plus de pragmatisme dans l’application des règles de biosécurité contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), notamment en matière de transit et d’allotement d’animaux.
La Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB) a demandé au ministère de l’Agriculture plus de « pragmatisme » dans l’application de la réglementation européenne sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en matière de transit d’animaux. Selon son directeur Romain Ferrier, les centres de rassemblement situés en zone vaccinale (Savoie par exemple) ne peuvent pas alloter ensemble des animaux issus de la zone vaccinale et d’autres issus de zones indemnes. Ces commerçants « doivent préparer des camions séparés et des départs différenciés », et certains « ont dû délocaliser leurs centres de rassemblement ». « Les bovins issus de zones indemnes entrant en zone vaccinale doivent être vaccinés, même s’ils ne sont pas voués à y rester », ajoute-t-il. La FFCB demande donc la possibilité de ne pas vacciner les animaux en transit et d’alloter des bovins issus de zones de statuts sanitaires différents.
« La vaccination devrait être une plus-value »
Toutefois, pour ces bovins vaccinés à titre préventif, « il n’y a pas de débouché à l’export », prévient Romain Ferrier, de la FFCB. Baptisée ZV 1, cette zone vaccinale élargie comprend les départements indemnes visés par la campagne de vaccination préventive lancée le 15 décembre (Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gers, Tarn, Aude, Hérault), à l’exclusion de ceux comptant un foyer (Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées). Pour l’heure, la sortie des animaux de la zone est interdite, mais la question de l’exportation se posera à la levée de la zone. La zone ZV 1 n’est pas incluse dans les accords bilatéraux par lesquels l’Italie et la Suisse ont accepté de recevoir des bovins vaccinés. Ces accords ne concernent que la zone vaccinale ZV 2, constituée des anciennes zones réglementées des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté. Comme les éleveurs, la FFCB estime que ces accords sont « très contraignants ». « La vaccination devrait être une plus-value en matière de valorisation des animaux, estime Romain Ferrier. Malheureusement, ce n’est pas le cas aujourd’hui. » Le 9 janvier, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé qu’elle se rendrait en Italie afin de « négocier des laissez-passer » pour les exportations de bovins vivants. Des discussions qui n’ont pas encore abouti à l’heure où ces lignes sont écrites.
Passer en catégorie B
Plus largement, la FFCB rappelle son attachement à des « règles sanitaires strictes, mais plus opérationnelles afin de garantir le cours des animaux ». Lors d’un rendez-vous avec la ministre le 7 janvier, le syndicat a proposé d’engager une réflexion à long terme sur une meilleure gestion au niveau européen de certaines maladies animales, dont la DNC. Une demande justifiée par la multiplication des épizooties due au réchauffement climatique. Alors que la DNC est classée en catégorie A (à éradication obligatoire et immédiate), le syndicat propose de la passer en catégorie B (à éradication obligatoire). « Cela pourrait être une solution pour dépassionner le débat, car, ce qui tend tout le monde, c’est l’abattage total des lots infectés », explique le directeur de la FFCB. Plus largement, « depuis le début de la crise, nous avons toujours soutenu la stratégie de lutte », rappelle le directeur de la FFCB. « Mais il faut que l’administration ramène du pragmatisme dans l’application sur le terrain. »
Y. G.