Culture du soja
Les perspectives pour 2011
Cette semaine, le Cétiom revient sur les enseignements à tirer de la dernière campagne 2010 en matière de culture du soja. Et, à l'heure des derniers calages en vue des assolements 2011, il revient sur les perspectives pour 2011.
Le soja –légumineuse– présente de nombreux atouts agronomiques : effet structurant du sol, effet légumineuse, interruption des cycles maladies céréales et chrysomèle du maïs. Cette culture est de plus bien adaptée à l’agriculture biologique. Le soja est relativement facile à réussir, avec peu d'interventions et sans besoin de matériel spécifique. On peut espérer que ses atouts agronomiques et un certain équilibre de prix lui permettent enfin de retrouver une place significative dans les assolements régionaux, alors que les débouchés d'une production domestique montrent tout leur intérêt.
Des rendements satisfaisants en 2010
Alors que le rendement national soja se situe en 2010 à 27,9 q/ha, celui du Centre-Est, de la Bourgogne à Rhône-Alpes, en passant par la Franche-Comté, affiche 29,7 q/ha en moyenne pour des sojas principalement conduits en "sec". Une région comme la Bourgogne a vu très peu de parcelles à moins de 30 q/ha tandis que dans les conditions irriguées de Rhône-Alpes ont pouvait atteindre 40 q/ha. Ce niveau de rendement satisfaisant est d'autant plus remarquable qu'il a été obtenu dans un contexte d’évolution des surfaces (+25 %/2009).
Une pression sanitaire faible
L’année 2010 a été marquée par une faible activité des bio agresseurs.
En ravageur, la vanesse –qui avait été présente en 2009– a été très discrète lors de cette dernière campagne et nous sommes le plus souvent à l'abri des ravageurs plus fréquents dans le Sud tels les acariens et autres punaises. La pression maladie a également été très faible. Le sclerotinia a été peu ou pas signalé. Seules des petites taches de rhizoctone dans quelques parcelles ont pu être observées (Haute-Saône, Jura).
Le désherbage de post-levée largement utilisé
Les conditions d’humidité du sol relativement faibles au moment du semis du soja ont eu pour conséquence une efficacité très moyenne des herbicides de prélevée, notamment sur la partie nord de la région. De plus les conditions climatiques fraîches de mai n’ont pas permis de favoriser le développement du soja et très vite les parcelles se sont salies.
Le désherbage de post-levée à base d’imazamox (Pulsar 40), toute nouvelle solution, a connu un fort démarrage (30 à 40 % de la sole soja du Centre-Est). Le spectre de ce produit est bien adapté à la flore habituellement rencontrée sur soja dans nos régions : renouées, amaranthe, ambroisie, chanvre d’eau, chénopode, morelle. Les conditions d’humidité lors de ces applications ont permis une très bonne efficacité. L’autorisation récente de pouvoir fractionner ce produit devrait permettre de gagner en efficacité sur des levées échelonnées de mauvaises herbes problématiques.
Il convient toutefois de rappeler que quelques situations ont montré des symptômes de phytotoxicité (croissance ralentie, décalage de stade, gaufrage des feuilles et extrémités des plantes atrophiées). Le manque de sélectivité du produit vis-à-vis du soja ne parait pas à mettre en cause d'emblée quand ces phytotoxicités sont les plus sérieuses. Des phénomènes de décapage de cuves contenant des résidus de désherbant maïs non sélectifs du soja paraissent à mettre en cause. On retrouve là un problème malheureusement déjà identifié dans d'autres situations, de mauvais rinçage de cuve. Le pulsar 40 est un produit contenant des solvants qui peuvent être à l’origine de ces décapages.
L'inoculation mérite toutes les attentions
Le soja –produit pour ses protéines– a d’importants besoins en azote. Pour les satisfaire et obtenir des rendements non limitants, il utilise deux voies complémentaires : d'abord en tant que légumineuse, en fixant l’azote de l’air grâce à la mise en place d’une symbiose abritée dans les nodosités sur les racines, mais aussi en prélevant plus classiquement l’azote du sol, en relais au début et à la fin de son cycle.
Or, les bactéries nécessaires à la fixation symbiotique de l’air ne sont pas "naturellement" présentes dans les sols français. Il est donc indispensable de les apporter au semis grâce à l’inoculation. L’inoculum est un produit vivant sensible à la lumière, à la sècheresse et à la chaleur. Il est donc impératif de préparer l’inoculum avec soin, puis de semer dans les plus brefs délais. En 2010, quelques cas de mauvaises inoculations ont été observés en Côte-d’Or. Des apports d’engrais minéraux ont été appliqués en végétation (150 à 170 kg d’azote à l’hectare) pour pallier ce manque d’azote qui aurait du être fourni grâce aux nodosités. Attention : cette pratique de rattrapage illustrant ici tout l'intérêt de soigner la mise en terre est interdite en zone vulnérable et de toute manière fait perdre un des atouts importants de la culture du soja.
Un large panel de variétés
L'offre variétale soja est scindée en groupes de précocité et l'expérience montre que le choix du bon groupe contribue à la réussite de la culture.
Si le groupe 00 parait le mieux adapté sur une grande partie de la sole Centre-Est, de la Bourgogne au vallées alpines de Rhône-Alpes, il faut y regarder d'un peu plus près dans le Sud, le groupe 0 étant bien à sa place en plaine de Lyon tandis que le sud du 45e Parallèle est le domaine des groupes plus tardifs I et II.
Les caractéristiques des variétés testées dans le réseau Cétiom de post-inscription mis en place avec la collaboration des organismes de terrain sont résumées dans le tableau joint.
On peut remarquer que, sauf pour une partie des variétés très précoces qui montrent une productivité moindre, de très bons niveaux de rendement sont atteints par les autres groupes pour peu qu'ils soient placés dans les milieux qui leur conviennent. C'est aussi l'occasion de souligner l'importance d'une date de semis optimale, sachant attendre un réchauffement suffisant, mais sans dérive qui risque de se retrouver dans des conditions de récolte plus difficiles. Des semis durant la période de fin avril à mi mai paraissent les plus opportuns sur toute la région, les conditions climatiques locales permettant de sommer les degrés jours supplémentaires nécessaires aux variétés tardives du Sud, pour obtenir en toute région des récoltes sur fin septembre, avec des cycles semis - maturité de l'ordre de 130 à 135 jours.
Des rendements satisfaisants en 2010
Alors que le rendement national soja se situe en 2010 à 27,9 q/ha, celui du Centre-Est, de la Bourgogne à Rhône-Alpes, en passant par la Franche-Comté, affiche 29,7 q/ha en moyenne pour des sojas principalement conduits en "sec". Une région comme la Bourgogne a vu très peu de parcelles à moins de 30 q/ha tandis que dans les conditions irriguées de Rhône-Alpes ont pouvait atteindre 40 q/ha. Ce niveau de rendement satisfaisant est d'autant plus remarquable qu'il a été obtenu dans un contexte d’évolution des surfaces (+25 %/2009).
Une pression sanitaire faible
L’année 2010 a été marquée par une faible activité des bio agresseurs.
En ravageur, la vanesse –qui avait été présente en 2009– a été très discrète lors de cette dernière campagne et nous sommes le plus souvent à l'abri des ravageurs plus fréquents dans le Sud tels les acariens et autres punaises. La pression maladie a également été très faible. Le sclerotinia a été peu ou pas signalé. Seules des petites taches de rhizoctone dans quelques parcelles ont pu être observées (Haute-Saône, Jura).
Le désherbage de post-levée largement utilisé
Les conditions d’humidité du sol relativement faibles au moment du semis du soja ont eu pour conséquence une efficacité très moyenne des herbicides de prélevée, notamment sur la partie nord de la région. De plus les conditions climatiques fraîches de mai n’ont pas permis de favoriser le développement du soja et très vite les parcelles se sont salies.
Le désherbage de post-levée à base d’imazamox (Pulsar 40), toute nouvelle solution, a connu un fort démarrage (30 à 40 % de la sole soja du Centre-Est). Le spectre de ce produit est bien adapté à la flore habituellement rencontrée sur soja dans nos régions : renouées, amaranthe, ambroisie, chanvre d’eau, chénopode, morelle. Les conditions d’humidité lors de ces applications ont permis une très bonne efficacité. L’autorisation récente de pouvoir fractionner ce produit devrait permettre de gagner en efficacité sur des levées échelonnées de mauvaises herbes problématiques.
Il convient toutefois de rappeler que quelques situations ont montré des symptômes de phytotoxicité (croissance ralentie, décalage de stade, gaufrage des feuilles et extrémités des plantes atrophiées). Le manque de sélectivité du produit vis-à-vis du soja ne parait pas à mettre en cause d'emblée quand ces phytotoxicités sont les plus sérieuses. Des phénomènes de décapage de cuves contenant des résidus de désherbant maïs non sélectifs du soja paraissent à mettre en cause. On retrouve là un problème malheureusement déjà identifié dans d'autres situations, de mauvais rinçage de cuve. Le pulsar 40 est un produit contenant des solvants qui peuvent être à l’origine de ces décapages.
L'inoculation mérite toutes les attentions
Le soja –produit pour ses protéines– a d’importants besoins en azote. Pour les satisfaire et obtenir des rendements non limitants, il utilise deux voies complémentaires : d'abord en tant que légumineuse, en fixant l’azote de l’air grâce à la mise en place d’une symbiose abritée dans les nodosités sur les racines, mais aussi en prélevant plus classiquement l’azote du sol, en relais au début et à la fin de son cycle.
Or, les bactéries nécessaires à la fixation symbiotique de l’air ne sont pas "naturellement" présentes dans les sols français. Il est donc indispensable de les apporter au semis grâce à l’inoculation. L’inoculum est un produit vivant sensible à la lumière, à la sècheresse et à la chaleur. Il est donc impératif de préparer l’inoculum avec soin, puis de semer dans les plus brefs délais. En 2010, quelques cas de mauvaises inoculations ont été observés en Côte-d’Or. Des apports d’engrais minéraux ont été appliqués en végétation (150 à 170 kg d’azote à l’hectare) pour pallier ce manque d’azote qui aurait du être fourni grâce aux nodosités. Attention : cette pratique de rattrapage illustrant ici tout l'intérêt de soigner la mise en terre est interdite en zone vulnérable et de toute manière fait perdre un des atouts importants de la culture du soja.
Un large panel de variétés
L'offre variétale soja est scindée en groupes de précocité et l'expérience montre que le choix du bon groupe contribue à la réussite de la culture.
Si le groupe 00 parait le mieux adapté sur une grande partie de la sole Centre-Est, de la Bourgogne au vallées alpines de Rhône-Alpes, il faut y regarder d'un peu plus près dans le Sud, le groupe 0 étant bien à sa place en plaine de Lyon tandis que le sud du 45e Parallèle est le domaine des groupes plus tardifs I et II.
Les caractéristiques des variétés testées dans le réseau Cétiom de post-inscription mis en place avec la collaboration des organismes de terrain sont résumées dans le tableau joint.
On peut remarquer que, sauf pour une partie des variétés très précoces qui montrent une productivité moindre, de très bons niveaux de rendement sont atteints par les autres groupes pour peu qu'ils soient placés dans les milieux qui leur conviennent. C'est aussi l'occasion de souligner l'importance d'une date de semis optimale, sachant attendre un réchauffement suffisant, mais sans dérive qui risque de se retrouver dans des conditions de récolte plus difficiles. Des semis durant la période de fin avril à mi mai paraissent les plus opportuns sur toute la région, les conditions climatiques locales permettant de sommer les degrés jours supplémentaires nécessaires aux variétés tardives du Sud, pour obtenir en toute région des récoltes sur fin septembre, avec des cycles semis - maturité de l'ordre de 130 à 135 jours.