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Agrioccasions, les occasions agricoles
Schéma régional Climat Air Energie

Les réserves de l'agriculture

Consultée sur le projet de schéma régional Climat Air Energie - le SRCAE
Bourgogne en jargon administratif -, la FRSEA de Bourgogne a émis
quelques réserves de taille. Analyse.
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Le schéma régional Climat Air Energie est l'un des grands schémas régionaux créés par les lois Grenelle I et Grenelle II (Article 681) dans le cadre des suites du Grenelle Environnement de 2007. Il décline par ailleurs aux échelles régionales une partie du contenu de la législation européenne sur le climat et l'énergie. Ce schéma doit ainsi intégrer, dans un seul et même cadre, divers documents de planification ayant un lien fort avec l'énergie et le climat, qu'étaient notamment :
- les schémas éoliens ;
- les schémas de services collectifs de l'énergie.
Ce SRCAE est copiloté par le préfet de région et le président du conseil régional, en concertation avec les acteurs concernés - dont l’agriculture -pour définir des objectifs quantitatifs et qualitatifs à l'échelle de chaque région. A la FRSEA de Bourgogne, le dossier est suivi par Lionel Borey, par ailleurs président de la section céréalière de la FDSEA de Saône-et-Loire. Alors que les pouvoirs publics ont rendu en novembre leur projet, la profession a immédiatement réagi.

Un secteur à vocation économique


Si la FRSEA prend acte des propositions d’orientation sur le moyen et long terme contenues dans le projet de SRCAE, force est de constater que celles-ci ne rejoignent que partiellement les préoccupations du monde agricole.
Pour la profession, « le projet doit prendre en compte les changements du contexte et de l’environnement économique récent et à venir. Ainsi l’agriculture de Bourgogne doit pouvoir répondre au défit de la production alimentaire ; en 2050, la population mondiale comptera en effet près de 9 milliards d’habitants. Les objectifs en terme de réduction de gaz à effet de serre (GES) fixés à l'agriculture doivent être raisonnés au regard de sa fonction de production de biens et denrées alimentaires », rappelle l’avis remis aux pouvoirs publics. A ce titre, « les scénarios envisagés ne mettent pas en avant l'enjeu majeur qu’est la préservation des terres arables, voire leur développement, plutôt que celui du pâturage extensif ou du boisement particulièrement en Bourgogne ».
Et la FRSEA de rappeler dans son avis que « l’agriculture est une activité économique » et qu’« il y a donc nécessité pour elle de rester compétitive ».

Des oublis…


« Les agriculteurs s’investissent autant que possible dans le développement durable, mais le contexte dans lequel ils exercent ne leur permet pas d’agir sur tous les leviers », note la FRSEA qui, pour ces raisons, en appelle à une approche globale, multicritères et d’études d’impact :
- les décisions mondiales, européennes, nationales, régionales ;
- les zones de productions variées (climat, géologie, organisation économique…) ;
- la réponse aux différents enjeux (eau, air, biodiversité…) ;
- la pérennité des structures compétitives.
Or, déplore la FRSEA, « cette approche globale, multicritères et d’études d’impact n’apparaît pas dans le projet actuel », ce qu’elle déplore ouvertement.
Par ailleurs, la partie agriculture reflète « un bilan à charge et minimise les actes conduits par les agriculteurs en faveur d’un mieux environnemental, qu'il s'agisse de l'approche en termes de bilans (puits de carbone) ou des contributions liées au progrès technologique (amélioration des efficiences d'une manière générale, captations augmentées et rejets en réduction ».
La FRSEA demande que des évolutions importantes puissent être apportées avant de donner un avis favorable au projet de SRCAE. « En l’état actuel, nous ne partageons pas la vision prospective de l'agriculture bourguignonne telle qu'elle ressort dans ce projet ».




D’autres lacunes…


Le rôle économique majeur par l’agriculture sur les territoires, les enjeux actuels sur la compétitivité de l’agriculture française et le défi alimentaire présent et à venir auraient mérité d’imprégner davantage les réflexions, commentent Lionel Borey et Francis Letellier, président de la FRSEA. Par ailleurs, ces derniers d’interroger : « quels moyens seront donnés pour permettre d’atteindre les objectifs proposés ? » Enfin, les représentants syndicaux déplorent qu’il ne soit nulle part fait mention de la vivabilité de l’exploitant - de lui, mais aussi celle de sa famille - dans le cadre des orientations préconisées.



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